‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 292 sur 638 · APPAREILS ET MÉTHODES DE LAVAQE · texte numérisé non relu

APPAREILS ET MÉTHODES DE LAVAQE

L'appareil le plus connu et certainement le plus employé est celui que l'on désigne sous le nom d'appareil à douches nasales de Weber et Thudichum (fig. 1686), soit sous sa forme originale, soit modifié. Je ne veux pas discuter ses avantages et ses inconvénients, ni, me plaçant au point de vue pratique, signaler les dangers auxquels l'oreille moyenne se trouve exposée quand on s'en sert, ainsi que l'ont fait Moos, Roosa, Knapp et d'autres, je veux seulement dire ce que j'en pense, à savoir que c'est un instrument inutile pour le but qu'il doit remplir, car il ne nettoie pas complètement les fosses nasales, même quand on Pemploie avec beaucoup de soins. Cette opinion résulte de l'expérience que j'ai acquise, et j'ajouterai même que cet appareil est dangereux quand on le met entre les mains de gens sans expérience, ainsi que le font souvent les médecins, et que même quand il produit au début de bons effets, le résultat final est toujours un insuccès. De plus l'usage de solutions salines fortes, en grande quantité, injectées dans les narines sous une pression

élevée, sous forme de jet divisé ou interrompu ou de courant, contribue beaucoup à propager, sinon à créer de toutes pièces l'inflammation chronique de la muqueuse si déli-

Fig. 1686. — Douche nasale.

cate des fosses nasales, qui détermine toujours l'infiltration de la muqueuse et des tissus sousmuqueux.

Je crois, avec Robinson, que Ton devrait restreindre l'emploi de ces appareils aux cas exceptionnels d'inflammation catarrhale très grave avec accumulation de sécrétions durcies et retenues dans des cavités ; et cependant, même dans ces cas, la seringue nasale postérieure remplirait un meilleur but. Dans le catarrhe ordinaire, il n'est jamais besoin de douche. Dans ma pratique, j'ai remplacé la

Fig. 1687. — Appareil à spray nasal.

douche nasale par un appareil en caoutchouc durci disposé de façon à projeter un spray puissant et suffisamment volumineux (fig. 1687). D'après mon expérience et celle des autres, cet

appareil est efficace, agréable pour le malade, moins douloureux que la douche et sans le moindre danger. On peut avec lui nettoyer toutes les voies nasales et le pharynx supérieur, des croûtes et des sécrétions qu'ils contiennent à l'aide de 30 grammes au plus de spray médicamenteux. Cet appareil doit être employé d'après les règles suivantes, que l'on doit indiquer au malade :

10 Chauffer le liquide médicamenteux dans une bouteille avant de s*en servir en maintenant pendant quelques instants la bouteille dans Teau chaude ;

20 Tenir le corps droit et pencher légèrement la tête en avant au-dessus de la cuvette ;

3* Introduire le bec conique de l'appareil dans la narine (d'abord dans le côté le plus obstrué), assez loin pour la boucher tout à fait, en tenant en môme temps le tube horizontal de l'appareil éloigné de la Joue; ne pas le tourner de côté et d'autre ni en bas; essayer si le spray fonctionne en comprimant la boule de caoutchouc avec la main afin de voir si l'ouverture du bec n'est pas bouchée par la narine, et alors :

4* Ouvrir la bouche largement et respirer doucement mais vite, comme en ronflant ; éviter avec soin de parler, d'avaler, de tousser; au moment où le liquide venant d*nne narine arrive à la partie supérieure de la gorge, on éprouvera le besoin d*avaler — y résister — et au bout d'une seconde le liquide repassera par la narine opposée ;

50 Tenir la boule en caoutchouc de la main droite

(la gauche tient la bouteille) ei la comprim ment jusqu'à ce que le spray médicamentei l'on sentira pénétrer dans la fosse nasale, l'ait sée et apparaisse à la narine opposée; s'arrèt moment ;

60 Enlever le bec de la narine, laisser s'éch; liquide en excès, et souffler doucement du jamais fort;

7* Répéter la môme opération sur l'autre na

On peut faire usage de diverses so pour opérer le lavage, une des meilleure suivante :

Acide phonique 1*

Borax i ^ .

Bicarbonate de soude V

Eau de roses ) ^ ^^

Glycérine i

Eau 440

ou encore :

Bicarbonate de soude... ) ^ «»«-,«,

i aa 2 grami

Borax )

Listérine 30 —

Eau 60 -

On emploiera forcément beaucoup plu quide quand on se servira de la seringue antérieure ou postérieure (fig. 1688) el chaude additionnée de 50 centigrammes d

Fig. 1688. — Seringue nasale postérieure.

pour 30 grammes d'eau, ou de « Listérine » dans la proportion d'une à deux parties pour dix d'eau chaude. Quelquefois quand il y a une odeur désagréable fortement prononcée, après avoir fait un lavage complet avec une de ces solutions alcalines, je fais une pulvérisation avec parties égales de Listérine et d'eau ; cela détruit très vite la fétidité et y substitue une odeur agréable de thym. Je ferai remarquer que je n'emploie pas de chlorure de sodium dans ces solutions. Pour moi il fait plus de mal que de bien, car je crois que les solutions salines favorisent l'endosmose en passant sur la muqueuse nasale et qu'ainsi elles augmentent plutôt qu'elles ne diminuent la tuméfaction intra-nasale. On peut modifier ces solutions de bien des manièr'es, par exemple :

Glycérine phéniquéc 6*

Borax 4

Eau SCO

Solution de permanganate de potasse. 6

Borax 4

Eau SCO

Acide salicylique 0

Bicarbonate de soude 4

Eau SOO

Toutes les solutions, quelle que soit le ture, doivent être à la température du Dans les affections nasales plus graves, où il se forme des croûtes dures et trèi rentes, comme dans l'ozène simple et tique, le catarrhe fétide et atrophique, spray ne suffit pas, il faut avoir recoun moyens plus énergiques tels que l'enlè'

HtSTADHENTS EMPLOYÉS DANS LE TRAITEMENT DES AFFECTIONS NASALES. 409

Um btcc un inttTumenl. Od se sert pour I dont l'extrémilé est percée de gros trous ou biea

Il MtiDgue oaule postérieure, en caout- i d'une Tente transversale pour donner un jet en

II en métal, on bien d'un tube en caout- éventail, que l'on Bxe à l'appal^il de Davidson

ludmaai d'ane courbure convenable, ' à double boule en caoutchouc (fig. 1689).

Fig. 16IS. — Tube nawil postérlenr «dapié h nne seringue de Davldton,

es fosses nasales antérieures, il sufflt er la seringue en caoutchouc durci des

«EEILS ET HÉTBODIS DE TKAIIEHSNT.

lus l'emploi des caustiques et des prorurgicaui du traitement de l'état ca-

tarrhal des fosses nasales, c'est que celui-ci est basé, au point de vue théorique el pratique, sur l'emploi de différents liquides médicamenteux soos forme de spray & l'aide de divers pulvérisateurs, ou sur celui de poudres médicamenteuses appliquées à t'aide des insufHateurs nasaui antérieurs ou postérieurs. Les deux méthodes ont de chauds partisans et sont toutes

Fig. 1690, — PuWériMtaur k ûr ccmprimé.

i^oyées & peu près autant l'une que re%clusion des anciens procédés dont lé était très problématique. Pour moi e le spray. Je crois qu'avec un tube pulir convenable et une pression d'air té k 10 kiiogr. par centimètre carré, on

rien trouver au-dessus de cela. On liant que possible par les narines posté-

le spraj sortira en avant en traversant ui ; pour opérer convenablement il faut » avant le voile du palais à l'aide d'un Ittna de la main gauche, aGn d'avoir

l'espace nécessaire pour projeter le spray ; ce petit détail est absolument nécessaire pour assurer une appUcation complète du procédé.

La construction ies puliiriiateurs repose sur deux principes bien connus, dont le premier est mis en application dans l'appareil de Rîchardson et le second dans celui de Bergson ; ces deux appareils ont été très modifiés, mais le principe est toujours resté le même.

L'appareil le plus commode est celui représenté (flg. 1690); malheureusement, son prix élevé sera toujours un obstacle à son inlroduc-

tion dans l'arsenal du médecin. 11 est composé d'un récipient à a]r métallique, d'une pompe à air, de tubes pulvérisateurs en Terre munis d'une courbure qui permet de projeter le spray en baat dans les narines postérieures, en bas dans le larjnx et en arrière sur le pharynx et de tubes en caoulcbouc destinés à réunir ces derniers aux appareils précédents. Le cylindre étant rempli d'air à une pression de 10 k 15 kilogrammes par centimètre carré, le tube pulvéri-

satetir, dont une partie plonge dans I médicamenteux contenu dans une é{ est tenu de ta main droite, tandis que main on tourne nn robinet quiperm comprimé de passer sur le tube, le c peut à volonté laisser arrirer la quai qu'il juge convenable en comprimant pouce droit le tube en caoutchouc se en verre. 11 peut donc projeter le spra; forme de courant continu, soit sous

Fig. lesi. ~ Tube pnlTérisiti

petits jets. Le tube en caoutchouc du cylindre est fait de façon k s'adapter sur le pulvérisateur en verre, à l'aide d'une articulation en bajonnetle, mais on peut également employer le mode de disposition figuré (Qg. 1691).

Flg. 1S9!. — IniuHIatear pour les narines intérieures.

Si l'on n'a pas k sa disposition d'appareils spéciaux, on pourra toujours se servir de celui de Hichardson ou de celui de Bergson, dans lesquels la projection du liquide est produite par des boules à air ; celles-ci doivent être doubles, car une boule simple donne un courant de spray intermittent. On remédie à cela en in-

terposant entre le spra; et la boule conde boule plus élastique qui se diste

Fig.l693.~ Inanfflatenr pour les narine* po>

on presse sur la première et ronrnil courant constant. Le tube en caoutc

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