CORYZA CHRONIQUE SOIPLE. — TRAITEMENT
le chlorhydrate d'ammoniaque et même le sulftire. Mais dans chaque cas, leur emploi était associé an traitement topique de la muqueuse, qui est d'une importance évidente. Si le degré de Taffection est modéré et l'hypertrophie des
tissus non excessive, on peut obtenir la résolution complète en appliquant des solutions astringentes et résolutives sous forme de spray. Dans la majorité des cas, il faudra probablement procéder à un lavage préliminaire des
Fig. 1696. — Canule de Smitb pour l'application de l'acide nitrique dans les fosses nasales.
fosses nasales ; mais le médecin devra toujours songer que ce peut être une source d'irritation, et s*aasurera par lui-même que le patient ne peut pas faire sortir les sécrétions en se mouchant Le pulvérisateur nasal (fig. 1687) sera ici très utile ; quelquefois on le remplacera par la seringue nasale postérieure quand les sécrétions, surtout celles de la voûte du pharynx, sont épaisses et adhérentes, ou quand l'occlutton des fosses nasales antérieures est telle qu'on ne peut y faire pénétrer la pulvérisation . 11 faudra à ce propos choisir une solution dont le degré et la nature soient bien appropriés à chaque cas, et, dans le cas où les solutions seraient mal tolérées, les remplacer par des poudres.
D'autre part, quand on se trouvera en présence d'un catarrhe avancé, lorsque des tissus néoplasiques solidement organisés se sont déjà formés et envahissent la cavité nasale, en même temps que l'inflammation chronique atteint la plus grande partie de la muqueuse naso-pharyngienne, alors que le traitement précédent ne pourra qu'apporter un léger soulagement; contre les manifestations les plus graves, on devra donc employer les moyens les plus énergiques tels que ceux qui ont pour but de détruire la muqueuse hypertrophiée. On essayera de provoquer la résorption du tissu néoplasique en introduisant des bougies creuses dans les fosses nasales et en les y laissant quelque temps m $itu (Hoppe), ou bien des éponges préparées, des bougies métalliques (Wagner), etc. Guttmann a conseillé l'emploi de bougies gélatineuses d'une forme appropriée aux parties et contenant divers astringents; mais tout cela n'aboutit qu'à un soulagement temporaire, et on est toujours obligé d'arriver à l'emploi des agents destructeurs tels que les pinces, Vadde nitrique, l'acide chromique, l'acide acé-
I tique glacial, le nitrate d'argent, le cautère actuel, le galvano-cautère et l'écraseur.
Pinces. — On s'en servait autrefois, mais aujourd'hui on y a renoncé, car l'arrachement du tissu hypertrophié, situé sur les cornets, est très pénible et cause d'abondantes hémorrhagies.
Acide nitrique, — 11 m'a souvent rendu d'utiles services. C'est un agent destructeur puissant, et en prenant quelques précautions, on peut limiter son action aux parties malades. On pourra se servir pour cela de la canule de Smith qui empêche la diffusion de l'acide. Une petite sonde dont l'extrémité est entourée de coton saturé d'acide est introduite dans la narine le long d'un spéculum nasal convenable, et pressée sur le cornet au niveau de sa plus grande convexité ; on la laisse en contact pendant quelques secondes. La douleur cesse rapidement, et en retirant la sonde, on voit les parties touchées qui sont devenues blanches. 11 s'établit ensuite une réaction inflammatoire modérée ; mais il se forme une eschare dont la profondeur varie, tandis que l'affermissement des tissus sous-muqueux et la rétraction du tissu cicatriciel remplacent les parties détruites et diminuent ainsi l'hypertrophie et l'obstruction nasale. Il arrive souvent qu'une seule application débarrasse les fosses nasales au point de permettre à la respiration de s'effectuer; cependant il faut renouveler les attouchements plusieurs fois. J'ai très souvent recours à cette petite opération, et j'ai grande confiance en elle. On ne se sert pas de cet acide pour réprimer l'hypertrophie adénoïde de la voûte du pharynx parce qu'il est sujet à se diffuser sur les partîaa saines et qu'il est difficile d'en diriger l'applicap tion convenablement dans une région où on » tant de peine à manœuvrer. On devra limiter son emploi aux fosses nasales antérieures.
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Acide ehromique. — Son emploi est moins douloureux que celui de Facide nitrique, mais c'est le seul avantage qu'il ait sur lui. Il est très utile pour détruire les hypertrophies glandulaires de la voûte du pharynx. Ses petits cristaux aciculaires peuvent en effet être facilement placés dans une sonde courbée recouverte de coton et portés derrière le voile du palais sur le. point malade.
Acide acétique glacial. — Il est très recommandé par Bosworth et d'autres auteurs contre l'hypertrophie des tissus nasaux, en raison de son affinité bien connue pour les cellules épithéliales et de son action sur les hypertrophies localisées des couches superficielles du tégument. Il détruit les tissus d'une manière très efficace, et l'on peut l'appliquer très facilement à l'aide d'une sonde. 11 ne détermine pas d'inflammation secondaire ni une destruction trop profonde et ne cause pas une douleur excessive. Je m'en suis servi également dans beaucoup de cas avec une entière satisfaction, et je le considère comme indiqué surtout dans les hypertrophies récentes et dans les cas modérés.
Nitrate d'argent. — Autrefois et même encore aujourd'hui très employé dans cette catégorie de cas comme agent destructeur, il ne mérite pas sa réputation. 11 produit une eschare superficielle et son application doit être répétée fréquemment lorsqu'on veut combattre une hypertrophie d'une certaine étendue. En outre il possède une action stimulante très active qui provoque la prolifération cellulaire et détermine des modiflcations de tissu fâcheuses.
Lorsque Ton a fait usage d'un caustique, dès que l'on a retiré la sonde, il faut laver les parties cautérisées avec une solution alcaline ; le traitement consécutif, jusqu'à la chute de l'eschare et la cicatrisation de l'induration, consistera en irrigations.
Le cautère actuel est rarement employé et ne possède pas de propriétés spéciales qui puissent le faire recommander.
Le galvano-cautére nous offre un moyen plus radical et plus efficace de détruire les obstructions hypertrophiques et vasculaires des deux narines et de la voûte pharyngienne, aussi l'emploie-t-on fréquemment aujourd'hui. Son action est rapide, cependant complète, et son application n'est pas extrêmement douloureuse. Toutefois, à mon avis, on peut arriver aux mêmes résultats dans beaucoup de cas en employant des moyens moins énergiques. Quand l'hypertrophie est très étendue, Seiler fait observer que le couteau doit être rouge ou rouge
cerise quand on fait l'incisioD, il n'y a pas alors d*hémorrhagies et la douleur n'est pas grande. Si l'on chauffe trop le fer, il y aura une hé^lo^ rhagie après qu'on aura fait l'incision ; si on ne le chauffe pas assez, on causera une douleur très rive. Le résultat immédiat de l'incision ou de la cautérisation c'est la formation d'une eschare et le développement d'une inflammation aiguë dans la portion de tissu qui entoure la partie cautérisée ; le résultat définitif, c'est la formation de bandes de tissu cicatriciel qui par leur rétraction enserrent les tissus par leur base et diminuent ainsi la sténose des fosses nasales, ce qui était le but cherché. Quant à la forme du cautère, elle dépend des indications spéciales à chaque cas. Il existe uti grand nombre de variétés d'électrodes et d'appareils- Voltolini se sert d'une électrode munie d'une simple anse métallique, Michel de l'anse âc l'écraseur, Thudichum d'une anse métallique, Browae d'une électrode en forme de boulait Shurley d'une électrode en forme de coutfr0>u mince. Les figures 1697 et 1698 représentent 1^^ formes d'électrodes et de manches que Y4>^ pourra employer le plus souvent ; on peut s'^^ servir pour les fosses nasales et pour le pharyn ^-
Afin de protéger la fosse nasale quand on într^> ' duit une électrode dans la narine antérieure o^ se servira du spéculum de Shurley qui porte uib ^ coulisse en ivoire destinée à protéger lacloisor^ '
Pendant les opérations galvano-cautiques â^ la voûte pharyngienne, il faudra, surtout chez le^ patients à gorge irritable, fixer le voile du palai^ en avant, comme nous l'avons dit plus haut'
11 arrive souvent que, sur le cornet inférieur, l'hypertrophie des tissus n'existe qu'à l'extré^ mité antérieure, et dans ce cas on pourra avoir recours à la méthode de Jarvis pour la faire diS' paraître. En général, les tumeurs sont sessiles, mais on peut néanmoins les saisir avec l'anse de l'écraseur (fig. 1699), quand on a préalablement transfixé leur base avec une aiguille légèrement courbe, jusqu'à ce que la pointe de celle-ci fasse saillie dans la narine; on place alors l'anse de façon à ce qu'elle embrasse l'extrémité de l'aiguille saillante et la pointe de celle-ci, comme l'on ferait pour une suture de bec dé lièvre; ainsi placée l'anse ne peut glisser et le tissu hypertrophique est rapidement enlevé, comme on le ferait pour toute autre tumeur. Cette petite opération se fait très vite, presque sans douleur et sans hémorrhagie, et le soulagement qu'elle procure est très grand .
On ne rencontre pas souvent une hypertrophie très grande de la muqueuse de l'extrémité