‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 324 sur 638 · POLYPES NASO-PHARYNGIENS, — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

POLYPES NASO-PHARYNGIENS, — DIAGNOSTIC

danger sérieux pour le cerveau par suite de la compression qu'elle détermine ou pouvant faire craindre d'autres complications cérébrales.

On trouve plus souvent cette variété de tumeur prenant naissance sur rapophyse basilaire ou sur la partie voisine du sphénoïde. On lui donne le nom de polype naso-pharyngien pour indiquer son origine ; son développement est rapide et ses conséquences sérieuses.

POLYPES NASO'PHARYNGIENS (1).

Outre le point d'origine que nous venons d'indiquer, ils peuvent encore prendre naissance dans la fosse ptérygo-maxillaire ; à mesure qu'ils augmentent de volume, ils peuvent s'étendre en dehors dans les fosses zygomatique et temporale, en dedans à travers le trou sphénopalatin dans le pharynx. Mais Sands (2) fait remarquer avec justesse que ces derniers forment un groupe spécial que l'on doit distinguer aux points de vue anatomique et clinique de ceux dont nous parlons ci-dessus, c'est-à-dire des fibromes auxquels on a donné le nom de polypes naso-pharyngiens. Ceux-ci, d'après certains auteurs, naissent toujours du point que nous avons désigné 'plus haut; cependant il niste des cas où on les a trouvés insérés sur les parties voisines : le sinus maxillaire, la partie supérieure de la fosse ptérygoïde, l'aile interne de Tapophyse ptérygoïde, la grande aile du sphénoïde, la crête de la portion pétrée du temporal et enfin les bords des narines postérieures ; parfois ils semblent provenir de la partie supérieure de la colonne vertébrale (Michaux, Bobert, etc.). Quel que soit son point d'origine, la tumeur s'étend peu à peu en bas ou en avant jusqu'à ce qu'elle emplisse tout le pharynx supérieur ou moyen et fasse saillir en avant le ▼oûe du palais. Massé rapporte des cas où des polypes naso-pharyngiens ont pénétré dans la tssure ptérygo-maxillaire et traversé l'espace ptérygoïdien entre les muscles, se dirigeant tinsi vers la face. On les trouve quelquerois du c6té des sinus maxillaire, frontal et sphénoïdal et leurs prolongements peuvent traverser la fissure sphéno- maxillaire, atteindre l'orbite et déplacer le globe de l'œil (3). Robert affirme que

(1^ Giraldès, Massé, Des poJypts naso-pharyngiens, ^ris, 1864. — D'Ornellas, Anat. pnth, et traitement ^i polypes fibreux^ etc. Paris, 185t. — Brevet, Des polypes naso-pharyngiens. Paris, 1855. |

iî) Stnds, Archiv. of scientif, and pract. med., n» 6, j m 1873.

(3)Speiice, Edinburgh med. Journal, vol. IX, p. 990.

ces tumeurs ont leur point d'origine au trou borgne.

Les polypes sont habituellement pédicules et contractent de solides attaches avec les difi'érentes parties qu'ils compriment, ce qui rend bien difficile la détermination exacte de leur point d'origine. Leur développement est rapide et leur extirpation peut être suivie de récidive. Il est rare d'observer la guérison spontanée par gangrène de la tumeur (Johnson, Birkeit, Bonnet, Vincent, etc.). On a signalé une tendance marquée à subir la dégénérescence sarcomateuse et à pénétrer dans les cavités orbitaire et crânienne, bien que certains auteurs considèrent ce dernier fait comme très rare. Gross (1) a montré que ces tumeurs sont plus fréquentes chez les jeunes gens de quinze à vingt-cinq ans et que d'après sa propre expérience pas plus que d'après les observations qui ont été publiées, elles n'existent pfas chez la femme. J'opposerai h cette assertion une observation de Marjolin (2) qui a trait à une fille de deux ans qui mourut par suite de l'extension de la tumeur, et d'autres de Lincoln qui mentionne huit cas survenus chez des femmes (3). Je connais le cas d'une femme de cinquantecinq ans; Winter (4) rapporte un cas d'un fœtus de sept mois. Sands fait remarquer que les polypes qu'on observe aux âges extrêmes doivent laisser supposer un caractère de malignité. Les polypes naso-pharyngiens sont beaucoup plus fréquents chez l'homme que chez la femme (sur 58 cas on trouve 48 hommes, 8 femmes et 2 indéterminés) ; on ignore les causes de leur origine.

Diagn^ostic.

Le diagnostic de ces tumeurs a été exposé plus haut dans ses points principaux. Il suffira d'ajouter ici que les tumeurs malignes de semblable origine, les polypes fibreux intra-nasaux et même les nodosités syphilitiques et les abcès scrofuleux peuvent, lorsqu'ils siègent dans le pharynx, simuler de véritables polypes nasopharyngiens.

Cruveilhier (5) a rapporté une observation où une portion de la dure-mère épaissie, présentant un aspect fongueux, contenant des parties d'arachnoïde et de pie-mère, avec de la subs-

(1) Gross, System of surgery, vol. II, p. 372. (V) Marjolin, Gaz. hôp.^ 25 mal 1861.

(.3) Lincoln, Archives of laryngology^ vol. IV, n" 4. (4)Ganther, Operotionen nm Halse^s. 'M\.

(5) Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain. Paris, 1830-42.

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tance cérébrale et du pus, avait fait hernie par la lame criblée de Tethmoîde. Yirchow cite un cas semblable où la tumeur avait traversé le palais et faisait saiUie dans la bouche. Des cas de cette nature, quoique rares, compliquent beaucoup le diagnostic.

Un point important qu'il ne faut pas oublier, c'est que la région où les véritables polypes naso-pharyngiens peuvent prendre naissance est très limitée, qu'elle va du bord postérieur des narines au sommet du pharynx (Sands).

Traitement.

L'enlèvement des petits polypes fibreux peut se faire en adoptant l'un ou l'autre des procédés que nous avons décrits pour les polypes muqueux.

Mais quand la tumeur est volumineuse et qu'elle a envahi ou déplacé non seulement les fosses nasales mais encore les parties qui sont en rapport avec eUes, il faut avoir recours à d'autres méthodes. Dans certains cas très rares, on a vu des polypes naso-pharyngiens se gangrener et disparaître ou bien se détacher et être expulsés, ainsi que le rapportent Johnson (i), Birkett (2), Saviard (3), Bonnet, Vimont (4), Massé, d'Ornellas, Durham.

L'extirpation complète et radicale de la tumeur avec ses points d'attache et ses prolongements est le seul traitement qui doive être pratiqué.

Nous dirons en passant qu'aujourd'hui on est tout à fait opposé à l'avulsion, à la ligature et aux caustiques, comme moyens de traitement.

La première méthode, Vavulsioriy est conseillée par Schuh (5) qui a obtenu un succès dans un cas. Dupuytren en essayant le môme procédé a perdu son malade d'hémorrhagie. Cooper Forster (6) a vu cette méthode suivie de la fracture de la lame criblée del'ethmotde qui amena la mort par méningite et gangrène limitée du cerveau. Le procédé de Guérin (7) ne semble pas meilleur, bien qu'il ait eu un succès dans un cas, il fixait la tumeur avec l'index gauche introduit derrière le voile du palais et détachait le polype de sa base d'implantation à l'aide

(1) Johnson, Brit. med, Journ,^ roi. I, p. 61, 1858.

(2) Birkett, Brit, med, Joum.^ vol. I, p. 119, 1858. (8) Saviard, Recueil ^observations chirurg,, p. 112.

Paris, 1784.

(4) Brevet, toc. etï., p. 16. Paris, 1855.

(5) Schuh, Wiener med. Wochensch.<t s. 99, 1865.

(6) Forster, Transact. ctin. Soc. Londres, vol. IV, 187 1 .

(7) Guérin, Gazette des hôp., p. 144, 1865.

d'une rugine introduite par le nez. Dans un cas, Forster a pu détacher la tumeur avec la seule aide des doigts.

La ligature compte également quelques succès à son actif. Cependant elle n'est pas practiable quand la tumeur est volumineuse, qu'elle a de nombreuses attaches ou qu'elle s'étend sur une large surface. Nous avoni décrit plus haut comment on procédait poui appliquer la ligature. Michaux rapporte une observation où il eut un succès en l'employant (1). Gunther (2) a perdu un malade, parce que, après avoir été détachée^ la tumeui tomba dans le larynx et détermina la suffocation.

On a rapporté d'autres cas de mort par pyohémie, conséquence de nécroses gangreneuses dans le pharynx, ainsi que par complications laryngées. En passant, nous devons simplement citer la scie à chaîne (Deroubaix), l'écraseur (Chassaignac), bien que Durham et Bryant aient obtenu des succès avec ce dernier. Les caustiqueSf tels que le cautère actuel, la potasse caustique, le chlorure de zinc, etc., sont la plupart du temps non seulement tout à fait imprar ticables, mais semblent dans tous les cas stimuler le développement de la tumeur.

La ligature galvano-caustique, employée d'abord par Middeldorpf en 1853, compte un certain nombre de succès, entre autres trois obtenus par Lincoln (3), mai s est passible d'un certain nombre d'objections, que nous avons exposées plus haut. L'extirpation ainsi produite peut être radicale et complète, comme dans les cas de Lincoln, mais le procédé échoue souvent et la base d'implantation de la tumeur qui est restée en place est le point de départ d'une récidive rapide.

M. le professeur Desgranges (de Lyon) a exécuté (4) un nouveau procédé de cautérisation par l'arrière-gorge, au moyen de la pâte de Canquoin (fig. 1715, 1716, 1717).

Nélaton a cherché à détruire la base de la tumeur, avec un jet de flamme à l'éclairage, par la pression d'un petit sac de caoutchouc qu'il en remplissait et d'un tube allongé (flg. 1718).

Le volume, le siège, le mode d'implantation, les prolongements, l'envahissement des parties voisines devront servir à saisir les indications de son emploi plutôt que tout autre procédé

(1) Schmidts Jahrbùcher. Bd CXXXIV, s. SU. (2j Gunther, Operationen am Halse, s. 313.

(3) Lincoln, Archives of laryngology, vol. IV, n» 4,

(4) Voyez Philippeaux, Traité pratique de la cautérisation. Paris, 1856, p. 359. — Desgranges, Leçoiu de clinique chirurgicale. Paris, 1868, fticie. Û.

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r^eâl. Dus quelques css (1) rélectroljse t ce soil lent, cependant le résultat eil salisraiiirirer à détruire la turaeur, et bien que I gani eurtout dans les tumeurs érsctiles; mais

t lllâ- — Procédé d« H. Desgnngu. AB, puMga da 1* baleine pu le« fouet nutlea ; A, oitrdmiié cba^s da caastlqne.

o'arons pas id l ^cuter la question de 1 ques ci-dessus nous n'avons pas Tait d'objection Iflipdioos générales (2). Dans les remar- | aucautire actuel niaugalTano-caulère, comme

— Procédé de H. Deigranges. Tamponnement de charpie, lontenupar nne «patulenaulsG; colUet arrondie d'un cAlé pour oiiinienir le caustique e*t Hxée par l'antre E, saillante, en dehora de !, aTec l'eitrémitô mmuelle de la tige en baleine à une tige manie d'écrous C D, qal l'artlcale I Urne d'acier A Taisant le tour de la tête.

Bs de détruire la base de la tumeur, après employé les procédés radicaux d'exlirpafue noua allons passer en revue, ni comme >les pour atteindre les parties inacces* au bistouri. Dans les deux cas, ils sont itil^ et sont indiqués d'une Taçon générale détruire tout ce qui pourrait rester d'une ir.

eus reste k examiner les méthodes qui ont

ijlaton, Med. Timti and Gazelle, 6 mars 1867. ttbaiu, On the Eleclrolgtie trcatmenloftumows.

pour but de rendre les tumeurs directement accessibles et de lesextirper ensuite. Ces procédés sont très nombreux, aussi je me bornerai & en

iHg. 1717. — Spatule plate et ai^ondie de Deigrangei.

faire mention. Il n'est pas nécessaire de faire une description spéciale de chacun; du reste, le cadre de cet article ne le permettrait pas. Ce

464 GEORGE LEFFERTS. — AFFECTIONS MÉDICALES ET CHIRURGICALES DU NEZ. [M

sujet se trouve exposé dans tous les traités de 1 cette publication. Je renvoie te lecteur à la bnchirurgie, ainsi que dans différentes parties de I chure de Sands, dans laquelle clioque procédé

Fig. 1118. — Sac de csontcbouc de Néiiton, ponr la deitractloD de* pol;pei, k l'aide d'an jet de Oamme.

est décrit d'une façon succincte, a' démonstratives des plus utiles.

- OpiBlTIONS P

Très ancienne, cette méthode a été resiuscitée par Massé et plus rècemmenl par Nélaton(l). Elle consiste (Bg. 171 B) à mettre le polype à nu, soit en incisant le voile du palais sur la ligne médiane, le divisant complètement ou s'arretant à la base de la luette, ou en combinant cette Incision avec

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