TUMEURS DES SINUS FRONTAUX
KYSTES
les kystes sont les tumeurs que Ton rencontre le plus souvent, ils peuvent être séreux, hydatiques ou stéatomateux. Ils peuvent survenir à tout âge et môme être congénitaux. Langenbeck (1), Braun, Demarquay (2), ont publié des olïservations des variétés hydatiques et stéatomateuses.
Le diagnostic est forcément obscur jusqu'à ce que l'accroissement du kyste, dont le développement ressemble à celui d'un abcès chronique, ait assez aminci la paroi antérieure du sinus frontal pour que la fluctuation puisse être P^ue, et qu'on puisse faire une ponction exploratrice.
On peut alors évacuer le contenu du kyste et enlever le sac ou bien le faire rétracter par des injections iodées ; ou bien on peut le faire pénétrer dans les fosses nasales pour établir un lainage, comme dans un abcès chronique.
(1) Mackenzie, Diseases of the eye^ p. 16.
(2) Demarquay, Tumeurs de r orbite y p. 95.
POLYPES KYXOMATBUX OU GELATINEUX.
Ils peuvent se développer dans les sinus ou les envahir en venant du nez, causant en tous cas une déformation, de la douleur et un amoindrissement des parois osseuses. D'habitude simples, ils peuvent être multiples.
Demarquay a rapporté sept observations concernant la variété fibreuse qui est très rare^ mais qui peut par son rapide développement gagner les cavités du voisinage et même le crftne. On trouvera en outre des cas intéressants publiés par Watson (1) et Leveret (2). Viollet et Rouget citent un cas dans lequel un polype existait en même temps qu'une exostose du sinus.
Le diagnostic fait, on enleva la tumeur avec le bistouri et la gouge, après avoir fait préalablement une ouverture de trépan et incisé crucialement la peau pour arriver jusqu'à la cavité.
(1) Watson, op, cit,, p. 139.
(2) Leveret, Observât, sur la cure de plusieurs polypes, p. 235. Paris, 1749.
480 GEORGE LEFFERTS. — AFFECTIONS MÉDICALES ET CHIRURGICALES DU NEZ. [U
OSTÉOHES (1).
Il est assez curieux de constater qu'ils ont une préférence marquée pour cette région. Formés soit de tissu spongieux, soit de tissu compact, ce qui rend la tumeur dure, éburnée, comme de Tivoire, ou se développant dans le diploé du frontal, ils peuvent atteindre des dimensions considérables, et causer une distorsion énorme des parties. Le diagnostic de la tumeur n'est pas toujours facile. On a toujours appelé Tattention sur ce fait que toutes les affections du sinus frontal ont de la tendance à causer la distension des parois osseuses et à simuler ainsi tout à fait une tumeur. La lenteur de la marche, la dureté, l'absence de symptômes inflammatoires dans les vraies tumeurs osseuses, feront vite reconnaître leur véritable caractère. Quand elles sont petites, on peut les extirper par une incision externe de la paroi antérieure de l'orbite ou du sinus ; mais le fait qu'elles s'étendent en avant aussi bien qu'en arrière môme dans la cavité crânienne, envahissant les os et les membranes, rendra le chirurgien prudent lorsqu'il s'agira d'une intervention qui
peut être difficile et dangereuse. Dans la plupart des cas, l'opération est conlre-indiquée.
Des tumeurs malignes, telles que le sarcome, sont, d'après Gross, plus fréquentes qu'on oele croit.
L'épithélioma n'envahit les sinus frontaux que par extension de voisinage. Il n'y a pas d'exemple de cancer squirrheux, coUoide ou mélanique des sinus.
Ce développement des tumeurs que nous Tenons d'énumérer s'annonce par certains signes caractéristiques : la distension externe du sinus frontal et des parties voisines est souvent tellement prononcée qu'elle produit la plus hideuse déformation, tandis que l'absorption des parois osseuses par la pression continue le déplacement en dehors et en bas du globe de l'ceil, la distorsion du nez et des autres parties de U face, l'œdème et la tuméfaction des tissus, les troubles de la vue, l'épistaxis, Técoulement nasal profus, la céphalalgie intense, la compression puis la perforation de la base du crAne, l'envahissement du lobe antérieur du cerveau avec des troubles cérébraux graves, sont malheureusement les conséquences les plus corn* munes du développement de ces néoplasmes.