COMPRESSION CÉRÉBRALE. — DIAGNOSTIC
ooe terminaiflon fatale. Ces résultats ne sont eiads que lorsqu'il n'eiiste pas en même temps de lésion des centres nerveux.
Sans être en rien d'une exactitude scientifique« la dénomination de « compression du cerreau » est d'un usage assez fréquent pour qu'il ne soit pas besoin de la défendre. Les caoses de la compression cérébrale sont extrérnemenl variées. Ainsi un corps étranger, comme une balle logée dans le cerveau, un os enfoncé, un épanchement à la surface ou dans la substance du cerveau, et fréquemment ces trois conditions réunies, peuvent produire des symptômes de compression, qui sont alors ordinairement primitifs. Les produits inflammatoires, tels que la sérosité, la lymphe et le pus, sont des causes de compression secondaire.
Symptômes.
Liés comme ils le sont à des causes si variées et souvent combinées, les symptômes de la compression cérébrale ne comptent parmi eux qu'un petit nombre de signes constants. Avant que Unsensibilité survienne, le blessé accuse des douleurs de tête, résultant sans doute de la compression et de la tension des éléments sensitifs de la dure-mére. Il est couché sur le dos, dans un état plus ou moins comateux, sans connaissance, avec une respiration lente, stertoreuse, qu'accompagne souvent un soulèvement particulier des coins de la bouche, comme s'il fumait. Ce dernier symptôme parait dû à la paralysie des muscles de la joue, et constitue un signe pronostique fâcheux. Le pouls est habituellement lent ; la peau est fraîche, ou bien elle peut être, comme dans un fait que je me rappelle, très chaude et sèche ; ou bien encore chaude et moite. Les pupilles sont d'abord paresseuses, puis fixes et immobiles, tantôt modérément, tantôt largement dilatées; quelquefois l'une est dilatée pendant que Vautre est normale ou contractée. Cet état varie, comme on l'a vu, avec la région du cerveau affectée (f) et avec la présence ou l'absence d'an épanchement sanguin intra-crânien. Il y a de la rétention d'urine et de l'incontinence des matières fécales. Il existe de la paralysie motrice, affectant d'ordinaire un seul côté, mais il peut y avoir une hémiplégie droite a^ec contractions spasmodiques du côté gauche,
(l)Voir Commotion du cet-veau (p. 54); et tussi les expériences de Leyden, Ziemaeo, op, cit, , voL XII,
p. eee.
Encycl. de chirurgie.
ou bien certains groupes musculaires peuvent être seuls intéressés, suivant l'espèce particulière du traumatisme cérébral. Il peut survenir un tremblement général ou des convulsions étendues à tout le corps. Les symptômes les plus constants sont le coma, le stertor et la paralysie. Quand la mort survient, elle est due à la paralysie respiratoire, d'où l'indication évidente de recourir à la respiration artificielle. Le fond de l'œil présente, dans les cas de compression bien marquée, certains changements, tels que de la stase veineuse avec des artères relativement petites, et une légère rougeur de la papille. On peut quelquefois rencontrer des apoplexies d'étendue variable. Quelquefois aussi on note au début de la iieuro-rétinite descendante^ avec rougeur trouble de la papille et effacement de son contour, ou, ce qui est une forme très commune, de la stase et de l'œdème de la papille, en outre de la neuro-rétinite (i). Ces symptômes ne peuvent être constatés que dans la compression qui dure quelque temps, et résultent habituellement de la compression secondaire exercée par le pus — abcès du cerveau, ou cérébrite suppurative diffuse. Quand la compression est due à un corps étranger ou à un os enfoncé, les sympjiômes sont immédiats et le malade demeure d'ordinaire privé de connaissance depuis le moment de l'accident. Si la compression résulte d'une hémorrhagie intra-crânienne, elle s'établit progressivement, le plus souvent après une période où le malade a repris connaissance, alors que les symptômes de commotion ont en partie ou complètement disparu. Quand elle est duc à une contusion cérébrale et à une hémorrhagie parenchymateuse, il n'y a pas reprise de connaissance après l'accident, et les symptômes de commotion se confondent rapidement avec ceux de compression. La compression résulte-t-elle de la présence de sérosité, de lymphe ou de pus? ses symptômes se montrent à une époque plus tardive, et ordinairement après des signes évidents d'une inflammation intra-crânienne.
Diagnostic de la compression cérébrale.
D'après ce que j'ai dit de la commotion et de la compression, il est facile de voir que, dans les cas les plus graves, la distinction ne peut être faite, car les symptômes sont souvent produits par des lésions similaires, ces deux
(1) Voir le paragraphe conaacré aux Abcès (ht cer^ veau.
CHARLES B. NÀNGREDE. — LÉSIONS TRAUMATIQUES DE LA TÊTE
états ne présentant que des différences de degré. La commotion, dans sa première période, n'a pas de symptômes précis en dehors du choc et de la syncope, qui peuvent aussi exister au début de la compression ; tandis que^ s*il existe un épanchement un peu considérable ou une contusion cérébrale un peu marquée, il est probable qu*on obserrera, presque dès les premiers moments, des symptômes ressemblant à ceux de la compression. Des causes légères de compression, comme un enfoncement limité du crâne, ou de petites extravasations de sang, peuvent ne déterminer que des symptômes fugitifs, le cerveau s'habituant vite à Faction compressive, grftce au déplacement du liquide cérébro-spinal. Donc, dans bien des cas, aucun diagnostic positif n'est possible, car, ainsi que les recherches cliniques l'ont établi surabondamment, il n'existe pas de symptôme pathognomonique sur lequel on puisse s'appuyer. Naturellement, quand un blessé est plongé dans un coma profond, avec hémiplégie, dilatation d'une pupille, respiration stertoreuse, etc. ; ou quand il reprend connaissance après être demeuré étourdi, pour retomber ensuite dans le coma, avec hémiplégie, etc., on peut déclarer avec assurance que la cause des accidents est une compression. Ceux qui ont vu beaucoup de traumatismes graves de la tête et assisté à de nombreuses autopsies s'accorderont, j'en suis sûr, à reconnaître avec moi que rien n'est plus susceptible d'égarer le jeune praticien que la tendance à énumérer dogmatiquement les symptômes diagnostiques de la compression et de la commotion. C'est un reliquat de l'ancienne chirurgie avec lequel il est temps d'en finir.
Pronostio.
11 dépend de la cause. Si elle est légère, le blessé reprend connaissance et guérit. Dans d'autres conditions, la cause est susceptible d'être supprimée, auquel cas, si les lésions cérébrales concomitantes ne sont pas mortelles par ellesmêmes, la guérison est souvent obtenue. Les formes tardives de la compression du cerveau, où celle-ci est produite par de la lymphe et du pus, sont particulièrement graves, et, à moins que le chirurgien ne puisse y remédier en donnant issue aux liquides compresseurs — et trop souvent même dans ce cas — elles amènent tôt ou tard la perte du blessé.
Traitement.
11 en a déjà été question dans tant d'autres
endroits, que je me contenterai de renvoyer le lecteur aux chapitres consacrés à l'hémorrhagie intra-crânienne, aux abcès intra-crâniens , aux corps étrangers du cerveau, aux fractures du crâne, etc. J'appellerai cependant l'attention sur la possibilité de ressusciter un sujet en état de mort apparente par arrêt de la respiration, après que la cause de la compression a été supprimée, à l'aide de la respiration artificielle, des injections hypodermiques d'atropine, et de l'excitation électrique du diaphragme. Cet arrêt brusque de la respiration est plus fréquent qu'on ne le suppose d'ordinaire (i).