‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 389 sur 638 · TUMEURS ÉRECTILES · texte numérisé non relu

TUMEURS ÉRECTILES

Les tumeurs érectiles ou angiomes des lèvres s'observent avec une assez grande fréquence, puisque d'après un relevé de Porta, sur 89 angiomes de la fuce, dix siégeaient aux lèvres.

La lésion serait plus fréquente à la lèvre supérieure, d'après les auteurs du Compendium : sur dix cas observés par Bouisson (de Montpellier) (2), six fois Tangiome occupait la lèvre inférieure, deux fois la lèvre supérieure, une fois la commissure gauche, et une fois tout le pourtour de l'orifice buccal.

La moitié de ces tumeurs apparaît au moment de la naissance sous forme de nœvi : si elles ne sont pas congénitales, elles se développent insensiblement pendant la première enfance : le sexe féminin est aussi une prédisposition incontestable.

(1) Perochaud, Tumeurs mixtes des glandes sali^ vaires. Thèse, Paris, 1885.

(7) Bouisson, Tribut à la chirurgie, Paris, 18S8.

Tache cutanée ^ plus souvent muqueuse qa« cutanée ; petite végétation mollasse, framboisée^ à peine saillante à la surface de la lèvre ; tanlâl véritable tumeitr de l'épaisseur de la lèvre : teXs sont les trois aspects, souvent successifs, sous lesquels se montrent ces angiomes.

Le fait le plus saillant de leur histoire ^st leur développement souvent rapide etexteosif, surtout dans le jeune âge : ils envahisse snt alors les commissures, les joues et les autres parties de sa bouche; dans un cas d'angiome pulsatile de la lèvre supérieure, que nous avo Kns observé, toutes les parties molles de la fo&^e canine, le tissu gingival lui-même, étaient trani. sformés en tissu érectile, ce qui pouvait f&mve confondre cette tumeur avec un sarcome téUxmgiectasique de la mâchoire, erreur qui fut d'&îlleurs commise : à ce haut degré de développement, ils sont réductibles en partie, ou plut.^t susceptibles de diminution de volume sous l'inûuence de la pression»

Tous les auteurs sont d'accord pour dire ^ue les tumeurs érectiles des lèvres sont rarement pulsatiles: dans deux cas observés par nous (il s'agissait d'angiomes diffus), il était possil>le de percevoir un léger frémissement et de faibles battements.

Les caractères objectifs de ces tumeurs «^^ présentent rien de particulier en dehors de le ■^ congestion facile, sous l'influence du cri, ^^ l'effort, participant ainsi de la richesse circuS- ^' toire de la face, et des oscillations de sa coE. ration ; mais ici encore il faut faire une disti tion entre les tumeurs érectiles muqueuses sous-muqueuses f et les angiomes profonds, vé tables tumeurs interstitielles, dont la tein bleuâtre est plus discrète, nulle parfois.

Les complications (ulcérations, hémorrhagi ne présentent rien de particulier, pas plus leurs transformations possibles.

Traitement.

Le traitement varie suivant le volume et I siège de la tumeur : instruit de la marche sou vent envahissante de ces angiomes, il faudn les traiter dès le début.

Lorsque la tumeur est circonscrite (qu'elle soit sessile ou pédiculée), l'inoculation vaccinale, les injections coagulantes ont donné des succès. En cas de récidive, si la tumeur est toujours limitée, les cautérisations, l'excision de la portion morbide trouveront leur application.

Lorsque l'angiome a pris un volume considé-

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