ÉPITHÉLIOMA DES LÈVRES. — SYMPTOMES
rable, l'extirpation offre de grands dangers (héjnorrhag^es), et des inconvénients (perte de substance dirBcilement réparable) ; en pareil cas les cautérisations profondes avec le thermocautère, les injections d'ergoline ou de perchlorure répétées à un certain intervalle, l'électrolyse, seront essayés. Restera enfin la ligature de la carotide externe dans des cas tout à fait ^aves.
ÉPITHÉLIOMA DES LEVRES.
Vépithélioma est la forme habituelle, commune, du cancer des lèvres: les dégénérescences cancéreuses vraies (squirrhe, encéphaloide) y sont exceptionnelles, bien que certains a.i2teurs les regardent non seulement comme possibles, mais comme aussi fréquentes aux lëqu'ailleurs.
Ëtiologie.
La lèvre inférieure est le siège de prédilection Au cancroïde, puisque sur 70 cas recueillis par Beiirtaux(l),il existait 63 cancroïdesde la lèvre inférieure contre 6 de la lèvre supérieure, et 4 Ae la commissure : — la moitié gauche de la terre inférieure est le point le plus souvent atteint : nous en chercherons l'explication.
Cest de 40 à 60 ans qu'il présente son maxin^Qm de fréquence : il est au moins dix fois plus commun chez l'homme que chez la femme (Beurtaux) : la classe pauvre, peut-être en raison du manque de propreté, y serait plus sujette.
Les causes déterminantes présentent un plus ^rand intérêt.
D'une façon générale toutes les causes d'irri- '«lion des lèvres chez un sujet prédisposé peuvent ^^e Voccasion d'un épithélioma ; c'est à ce titre qu'agissent le grattage, la desquamation épithé- '^<Ue (engraisseur de volaille de Lassus], les ^^nts gâtées, déchaussées ou déviées, enfin Yusage ^^ tabac.
Celte dernière cause a paru si importante à ^^elques auteurs, qu'ils ont proposé de désigner ^'te affection sous le nom de « Cancer des fu- ^'^^Krs. » On ne peut nier que le tabac soit une ^^»e d'irritation, et que l'usage du brûle-gueule, P*^ exemple, par la brûlure chronique qu'il pro- ^o^ue, n'épaississe la couche épithéliale : chez
Ct) Heurtaux, art. Cancroïde du Nouveau Diction- '*^*""< de médecine et de chirurgie pratiques. Paris, *^"î , t. VI, p. 205.
un sujet prédisposé cela suffit ; on a prouvé d'ailleurs que le cancer labial est devenu plus fréquent depuis l'usage du tabac. Ainsi s'explique, d'après les habitudes des fumeurs, que le cancroïde atteigne plus souvent la moitié gauche de la lèvre.
Ssrmptômes.
Le cancroïde se montre sous trois formes: la forme papillaire, la forme squameuse ou cornée, la forme verruqueuse ou fissurique.
Quel que soit son mode de début, l'épithélioma est formé par une tumeur à base indurée et adhérente : sa surface, irrégulière, devient saignante, puis s'ulcère et sécrète un liquide ichoreux, qui se dessèche sous l'influence du contact de l'air, et forme des croûtes épaisses, noires, adhérentes. C'est à celte période que le malade éprouve des démangeaisons, des picotements, des douleurs vives, de la brûlure au niveau de l'ulcération.
Ce qui permet le diagnostic au début, c'est l'induration périphérique, la consistance cornée, l'inégalité de la zone ulcérée. L'engorgement ganglionnaire peut ne pas exister dans celte première période, alors qu'elle est rapide, précoce, inévitable, dans le chancre des lèvres.
Le cancroïde ne reste pas longtemps stalionnaire, et il gagne les couches profondes, les globes épidermiques infiltrant peu à peu et successivement le tissu cellulaire, les muscles, les vaisseaux : c'est une substitution de la matière épidermique aux tissus normaux, et celte forme est plus particulièrement connue sous le nom de forme rongeante. Dans la forme végétante les lèvres envahies se présentent sous la forme d'énormes bourgeons d'aspect fongueux, violacé, livides.
C'est alors que la lèvre et les parties voisines forment une masse d'une dureté diffuse : les jmuqueuses labiales et gingivales saignent au moindre contact. Des détritus de toute espèce, d'une odeur forte, baignent dans un liquide jaunâtre et sanguinolent ; la pression fait sourdre des débris épithéliaux, et révèle cette consistance caractéristique sur laquelle nous avons déjà insisté : tous les actes fonctionnels sont gênés (parole, mastication).
Le cancroïde, non arrêté dans sa marche, envahit les joues, et s'attaque plus tard à la mftchoire (forme térébrante), au plancher de la bouche, à la langue, au voile du palais.
H est rare qu'à cette époque l'engorgement ganglionnaire ne soit pas appréciable ; cette adé-