‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 40 sur 638 · HERNIE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

HERNIE DU CERVEAU

résame briè?einent deux faits de guérison après issue de substance cérébrale.

Un homme, âgé de quarante ans, tomba d'un échafaudage, haut de Tingt pieds, en frappant sur plu- •ieun barres de fer; il fut étourdi par le choc, mais, quaod il entra à l'hôpital, une demi-heure après, il aTait repris connaissance. Il existait an-dessus du toarcU droit une petite plaie, à laquelle adhérait un fragment de substance cérébrale. Il se faisait par la aarine droite une hémorrhagie légère, mais le pouls et la respiration ne présentaient rien d'anormal, et le blessé se plaignait seulement d'un peu de douleur de tète. Le lendemain, s'échappa par la narine droite un fragment de cenreau, du Tolume d'une noix, atec an peu de sang coagulé. La paroi interne du sinus fronul STait été fracturée, ce qui avait permis l'issue de ces fragments de cerveau ^1).

Un marin américain fit du grand mât par une écoutille une chute qui porta en plein sur le vertex. Il se produisit au bout de quelques heures une hémorrhagie abondante par l'oreille ; le sang, dont la quantité fut évaluée à 15 ou 1800 grammes, était mêlé à de petits fragments de tissu cérébral. Le lendemain, Thémorriisgte fit place à un écoulement aqueux par le eoodnit auditif, et cette fois encore on trouva dans le liquide plusieurs débris de substance cérébrale très reconnaissables. Au bout de cinq semaines, le blessé était retourné à ses occupations, se plaignant seulement d'étourdissement et de vague dans la tète ()).

Après des recherches bibliographiques étendues, je n*ai pu trouver un seul fait où de la Substance cérébrale ait pénétré dans le pharynx; mais Hewett dit avoir vu à l'intérieur du crâne le contenu du pharynx, qui avait passé entre les fragments largement écartés d'une fracture delà base.

Pronostic.

Comme je viens de le dire, presque tous les cas où rissue de la substance cérébrale s'est faite par la base du crâne se terminent fatalement ; maiSj quand la voûte est intéressée, bien que la blessure soit encore fort dangereuse, elle n*est pas nécessairement mortelle, car les recuefls de chirurgie contiennent un grand nombre d'observations où la guérison a eu lieu alors que le malade avait perdu une portion considérable du cerveau et sans aucune suite fâcheuse apparente, tant au point de vue intellectuel qu'au point de vue physique. J*ai assisté moi-même à une opération, faite par un autre

(1) Médical Gazette^ new ser., vol. III, p. 77,

(}) Amer, Journ. med. sciences ^ april 18S9, p. 394.

chirurgien et où le sujet perdit plusieurs cuillerées à café de substance cérébrale ; la guérison eut lieu cependant dans de bonnes conditions. Deux auteurs éminents sont en contradiction absolue Tun avec l'autre sur la question de savoir quelle est la région la plus dangereuse pour les blessures de cette espèce : Brodie (i) déclarant qu'il n'a pu découvrir d'observation de guérison quand les lobes postérieurs du cerveau étaient intéressés, tandis que Guthrie pense qu'une blessure de la région antérieure de la tête est beaucoup plus dangereuse qu'une blessure de la région postérieure, et que les blessures de la région latérale ou de la région moyenne du crâne tiennent le milieu sous le rapport de la mortalité (2). Je ne saurais jeter aucune lumière sur cette question controversée, mais je suis porté à penser que chaque fait doit être considéré en lui-même, et que toutes les généralisations doivent être trompeuses là où les lésions présentent une si cxlrOme variété.

Traitement.

Ce doit être celui des autres traumatismes graves de la tête, en tenant spécialement compte des probabilités qui existent en faveur d'une issue secondaire de la substance cérébrale, c'est-à-dire de la production d'une hernie du cerveau.

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