HERNIE DU CERVEAU. -. TRAITEMENT
Anatomie pathologique.
La suppression de la pression normale, jointe aa ramollissement du tissu cérébral, fait ga'ane très légère augmentation de la tension iotracrânienne suffit pour déterminer Tissue d'une portion de la substance cérébrale. C'est ce que démontrent les faits où celte issue a suivi une nécrose du crâne. Dans toutes les autres régioDS, il se produit ordinairement une induration hvperplasique du tissu connectif par suite de laquelle le pus, quand il s'en forme, est réuni en collection limitée. Dans le tissu du cenreau, lanéTTOglie, en raison de sa délicatesse, se prête aisément k l'infiltration des produits inflammatoires, et son hyperplasie aiguë, au lieu de renforcer le tissu, semble plutôt Taffaiblir, au point que le cer>'eau cède à la moindre pression. De plus il existe habituellement de llnflammation intra-crânienne avec ramollissement cérébral au moment où la hernie du cerveau se produit, et à celte même période il est fréquent d'observer des épanchcments abondants dans les ventricules, le sac arachnoïdien et la substance du cerveau. Dans les faits plus rares où la hernie se manifeste dans les quarante-huit premières heures, je suppose que cet état morbide est probablement dû à la dilalalion paralytique des vaisseaux observée dans la commotion et qui, suivant la remarque du professeur Agnew (1), est fréquemment suivie d*une exsudation abondante de sérosité sanguinolente.
Ce sont ceux de Tinflammation du cerveau et de ses membranes, et par suite il n'est pas besoin d'y insister. Il est intéressant de noter que tout symptôme peut faire presque absolument défaut et le malade ne présenter qu'un peu de divagation de parole, quelques contractions des muscles de la face, un sommeil entrecoupé, de la plénitude du pouls. Assez fréquemment la mort a lieu par pyoémie.
Diaen^ostic.
La confusion ne peut guère être faite qu'ayec la « tumeur hématique » de Velpeau, qui résulte d'un simple épanchement de sang à la face externe de la dure-mère. Je ne connais pas de caractères diagnostiques spéciaux, mais comme
(I) Agnew, op. d/., vol. I, p. 277.
les tumeurs de ce genre comptent parmi les raretés grandes de la pratique chirurgicale, elles ne peuvent qu'exceptionnellement être l'objet d'une méprise.
Pronostic.
Bien que constituant une complication fort grave, la hernie du cerveau se termine quelquefois par la guérison. Ainsi, sur 80 faits que j'ai réunis, il y eut 25 terminaisons favorables et 55 morts. Parmi les malades qui guérissent, la plupart continuent à éprouver des vertiges, de la céphalalgie, etc. ie n'ai pas la prétention de dire qu'un aussi petit nombre de faits fixe exactement la moyenne de mortalité, mais je donne simplement ces chiffres pour ce qu'ils valent, car l'issue fatale résulte tout autant des lésions concomitantes, de l'inflammation, etc., que de la hernie du cerveau.
En général, moins on fait, mieux cela vaut. Comme la cause de la hernie cérébrale est primitivement un défaut de contention, il peut être avantageux d'essayer au début une compression douce, avec l'emploi de quelque pansement absorbant et antiseptique. Les parties doivent être fréquemment lavées avec un astringent antiseptique. L'ablation de la masse herniée avec le bistouri, à Taide d'une ligature ou par arrachement, doit en général être évitée, surtout lorsqu'on voit des granulations naître de la surface ou du pourtour de la hernie, car, en agissant ainsi, on diminuerait encore la pression et on favoriserait le développement de la tumeur. L'ablation des masses cérébrales herniées n'est que rarement, ou même jamais suivie d'effets heureux, et l'expérience nous apprend qu'elles peuvent parfois disparaître spontanément. Comme, dans la plupart des cas, l'inflammation intra-crànienne affecte avec la hernie du cerveau un rapport de cause à effet, le traitement de cet état trouve son indication. 11 faut avoir grand soin d'enlever, autant que possible, tous les fragments d'os qui peuvent irriter et léser la dure-mère et le cerveau. Mallet, Hewett, et quelques autres chirurgiens rapportent un certain nombre de faits démonstratifs où la présence de fragments osseux, en produisant un sphacèle de la dure-mère et une irritation du cerveau, a paru favoriser la formation d'une hernie cérébrale. L'état de la circulation doit être l'objet d'une attention spéciale,
CBAKLES B. NANCBEDE. — LÉSIONS TR&UHATIQUES DE LA TÊTE.
et, si l'on constate quelque excitation e»géré«i il but la combfttlre k l'aide de remèdes appropriés. Toulef où, comme l'a remarqué Laurie, c'est rarement le cas.
PLAIES DU CERTBAD ET DBS HÉNINOBS.
PIAIES DU CEBVEÀU.
Ixm nature varie arec celle du corps vulnérant, et l'on retrouve ici encore des plaies par ioBtruments tranchants, par instruments piquants, déchirées, contuses, ou par coups de Teu. Les plaies contuses et déchirées peuvent se produire sans Tracture du crAne, mais cet accU denl précède presque nécessairement les formes les plus graves (I). Los plaies par instrument piquant peuvent être produites par des esquilles osseuses chassées dans la prorondeur de l'organe, mais le plus Tréquemment elles résultent de la pénétration dansle crAne de lames de canifs, de dents de Tourcheltea, de poignard , de morceaux de bois pointus, de clous, du bout ferré de parapluies ou de cannes, etc. Les portions du crAne les plus souvent perforées sont les apopbjses orbitaires de l'os frontal et la lame criblée de l'ethmoïde, bien que, chez les jeunes enfants, toutes les porUons du crAne paissent être lésées. Gross déclare qu'uue fracture grave par piqûre peut, chez les enfants, résulter du coup d'éperon d'un coq en colère (2) . Le cerveau a été traversé d'une eitrémité k l'autre par des balles, des épées. des balonn ettes, des baguettes de fusil, etc. Dans un caji rapporté par J.-D. Larrey, une baguette de fusil traversa la léte d'un soldat, sans blesser aucun oi^ane important :
Une btguetta de fusil, en ht, pânéira dins la tfiu d'un soldit lers le mlliea de l'at rrontal, puis lortlt ■u c6të gaucbe du cou (Sg. I50S] ;' elle éuit il lolidsment fixée qu'elle réaliu à toiu lei efferU ponr l'enlever. Aprèi la mort, on trou» que li tige mdulliqae avait puié entre les hdmlipbères cérébram aana lei blesser, mais en déchirant la faui ; aprèa quoi elle avait percé le eorps du aphdnoide (flg 1509) et éUU wrtie L travers l'os occlpiial près du troa de ce nom. Le malade survécut deui Jours (3).
H. Harlow a observé un fait de plaie du cerveau qui aboutit à la guérisou (4) :
(I) Voir tel paragrapbe* consacrés fc la conlDiion du cerveau (p. 00) et aux fractures de la base du criae (p. Ï8).
(I) GroMjOp.dl., vol. II, p. 76.
(1) Ltrrejr, Mém. de chir. mililaire, vol. H, p. Jll.
(4) Harlow, Amer. Joum. ofmtd. «ci., Jnly, ISôO.
Un bomme, tgé de 35 ta*, était occupé k bourrer on trou de mine quand U pondre prit feu et fit explosion. A ce moment, il était ■ penché en avant tur le trou, la ligure légèrement tonruée ; le bonrrolr fut
Fjg. iâD8. — Baguette de fusil traversant la base da crtne depuis le milieu du front Jusqu'au trou cond;llen postérieur (Musée Dapujtren).
projeté directement de baa en haut, dani la directioQ de son grand axe, à travera la tèle et asseï haut dana l'air. ■ La bleasure était oblique et ■ traversait le crlne en ligne droite, de l'angle de la mlchoira inférienre
! pièce vue par l'Intérieur dn crlne. A travers la couronne du trépan appllqgje en arrière et fc gauche du grand trou occipital, on aperfoit la baguette du Hisil.
an centre de l'os frontal, près de U sature sagittale; c'est par Ik que le fer sortit ; on le ramassa fc quelques mètres du blessé, souillé de substance cérébrale et de sang. ■ La bourroir en queation pesait 13 litrea Tt ; il mesurait 1 mètre IS de longueur et 3 centimètres de diamètre ; l'extrémité qui pénétra ta première était pointue ; la pointe avait 1 8 ceniimèlres de long et son diamètre fc l'eitrémité G millimètres. Immédiatement