‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 43 sur 638 · PLAIES DU CERVEAU ET DES MÉNINGES · texte numérisé non relu

PLAIES DU CERVEAU ET DES MÉNINGES

après TexplotioD, le blessé tomba à la renverse ; ses ■embres forent agités de mouvements convulsifs, mais il ne tarda pas à parler. Transporté dans un VilUge voisin, il quitta seul la charrette où on Tavait placé, et monts, avec on peu d'aide, un long escalier josqo'à Is ssUe où on le pansa.

« La blessé* dit le D' Harlow, supportait ses souffrances avec Is fermeté la plus héroïque.. . Il paraissait avoir toote sa raison, mais s*épuisait par Tbémorrhsgie qoi était très abondante extérieurement et intérieurement. Le sang descendait dans Testomac, d*où il était rejeté par on effort de vomissement toutes les 16 ou 30 minâtes ; 60 pulsations régulières. Le corps do blessé et le lit sur lequel il reposait étaient littéralement inondés de sang. Assisté de mon confrère le Dr Williams, qoi avait été appelé le premier près do blessé. Je procédai ao pansement. En examinant Is plaie do front. Je constatai qoe des fragments d'os étaient soolevés et que le cerveau faisait hernie : il était évident qoe la fractore avait été prodolte par one force agissant de bas en haut. On rasa la tète, on enleva les caillots en même temps que 2 ou 3 esquilles, de forme triangulaire, et, en cherchant à m*assurer s'il n'existait pas d'autres corps étrangers, je passai toote la iongoeor de l'index dans la direction de la biessore de la Jooe, dans laqoelle l'index de l'autre main s'enfonçait de la même manière. Une portion de Tangle antéro-sopérieur de chacun des pariétaux, et one portion demi-circulaire de l'os frontal étaient brisés, ce qoi constituait uue ouverture circulaire d'environ 8 centimètres et demi de diamètre.

<t Après avoir enlevé les esquilles, ainsi qu'un

débris de cerveau encore fixé par une sorte de pédicule, je remis en place les fragments les plus importants, rapprochai autant que possible les chairs du crâne et maintins le tout à l'aide de bandelettes agglutinatives. »

Le blessé guérit, sans présenter ni paralysie ni troubles intellectuels.

Le professeur Bigelow, qoi le vit, 18 mois après l'accident, le trouva dans l'état suivant :

« Une cicatrice |de 2 centimètres et demi de long recouvre la branche gauche de la mâchoire près de l'angle. On découvre un léger gonflement des tissus mous près de l'os malaire correspondant. La paupière de ce côté est fermée, sans que le blessé puisse l'ouvrir; l'œil, beaucoup plus proéminent, est incapable de regarder en dehors ou en haut, mats il a conservé ses autres mouvements. Sur la tète, couverte de cbeveox, est une large dépression irrégulière. »

Le blessé étant mort 19 ans après Taccident, son crâne a été déposé dans le Musée du Collège médical do Massachusetts, à Boston.

Les plaies du cerveau par piqûre ou coupure, quand elles sont petites et taillées nettement, peuvent, d*après Rokitansky, guérir quelquefois par première intention. Dans les contusions d'un faible degré, la réparation a lieu comme dans les apoplexies ordinaires.

11 peut se produire une mortification superfi-

cielle des parties contuses, l'étendue du processus dépendant du degré de la contusion. Si celle-ci est légère, les processus particuliers au ramollissement rouge s'observent à l'endroit de la lésion et dans le tissu environnant. Quand la contusion est plus violente, on trouve au centre du point blessé une masse pulpeuse, d'un brun noirâtre, autour de laquelle se voit une large zone de congestion intense, avec nombreuses apoplexies capillaires. En dehors de la zone congestive, on en rencontre une d'œdëme inflammatoire.

Dans d'autres cas, il se produit une suppuration superficielle, aiguë, diffuse, qui s'accompagne invariablement de méningite. La suppuration n'est pas limitée aux surfaces contuses, mais un certain nombre de petits abcès se groupent autour d'un abcès superGciel.

Une contusion de la substance cérébrale, aboutissant à de l'encéphalite, peut se terminer non par la suppuration, mais par un ramollissement jaune. Cela est surtout vrai des contusions appartenant à la variété puncti forme. Ici les altérations nécroliques initiales sont plus marquées que celles de l'inflammation ; d'où l'apparition du ramollissement jaune. Dans beaucoup de cas, de nouvelles altérations se produisenL Le ramollissement peut s'étendre jusqu'à intéresser des portions considérables du cerveau. Cet envahissement est rendu possible par l'existence de la zone limitante de tissu cérébral œdémateux, où les éléments nerveux sont déjà sérieusement atteints dans leur nutrition. Môme avec une fracture exposée, il ne survient pas invariablement de l'inflammation ou un ramollissement jaune, quand la contusion consiste simplement dans des apoplexies capillaires. Après la mort, ces lésions, quand le malade survit un certain temps, sont indiquées par un léger épaississement autour d'une petite collection de granulations graisseuses, de cellules granuleuses et de cristaux d'hématoïdine. Enfin, des contusions légères peuvent, dans des cas fort rares où le crâne n'est pas ouvert, aboutir à un ramollissement jaune circonscrit, sans aucune trace d'inflammation. Ces points de ramollissement peuvent ne donner lieu à aucun accident pendant un laps de temps fort long; puis malheureusement, sous une influence entièrement inconnue, le processus morbide prend une extension rapide et se termine fatalement. L'histoire clinique de ces faits de ramollissement secondaire n'est pas claire et ressemble exactement à celle des abcès cérébraux.

Les plaies entraînant une perle de substance

CHARLES B. NANCREDE. — LÉSIONS TRAUMATIQUES DE LA TÊTE

guérissent par granulation : la cavité se comble et des adhérences n'établissent entre le tissu de granulations réparatrices et la cicatrice qui ferme l'ouverture de Tos et des méninges. Rokitanski a montré que, dans ces conditions, le ventricule latéral du côté blessé se dilate, pour compenser en partie le vide laissé par la perte de substance cérébrale.

A une période plus tardive, le cerveau tend à revenir sur lui-même, et dans ce processus de distension de la cicatrice, un tissu connectif lâche, dont les interstices sont remplis d'un liquide séreux, se forme entre le cerveau et la cicatrice superficielle, là où les deux tissus étaient tout d'abord unis solidement l'un à l'autre.

Pronostic.

Il dépend de la portion du cerveau qui a été blessée et des lésions concomitantes. Avec une lésion limitée, et ne compromettant pas l'intégrité du tissu cérébral intéressé, la guérison est possible et même, gr&ce h. un traitement judicieux, elle a souvent été obtenue sans dirficulté. La guérison est également compatible avec la destruction, par écrasement ou autrement, de portions considérables de la substance cérébrale, bien que le danger soit d'ordinaire proportionné à l'étendue des tissus affectés. Des portions volumineuses du cerveau peuvent disparaître, et cependant, pourvu que la zone motrice ou celle du langage ne soient pas intéressées, on peut ne découvrir aucun désordre apparent de l'intelligence, aucun trouble appréciable de la motilité.

Les remarques précédentes sont surtout applicables aux blessures des faces supérieures et latérales des hémisphères, car si les plaies intéressent la base du cerveau ou la moelle allongée, le centre respiratoire peut être pris; auquel cas la mort a lieu par arrêt de la respiration. Alors même que les centres qui sont immédiatement nécessairesà la vie ne sont pas lésés au début, ils s'affectent généralement tôt ou tard, soit par contiguïté de tissu, soit par compression des produits inflammatoires, et la mort survient encore.

Quand les blessures de la base guérissenl, c'est habituellement avec un affaiblissement marqué de Tintelligence et diverses paralysies de la motilité et de la sensibilité. Les sens spéciaux sont souvent supprimés ou affaiblis. Le pronostic ne saurait avoir rien de certain, car les blessures les plus effroyables peuvent guérir, tandis que les plus insignifiantes peuvent être suivies de mort. Cependant, pour employer

les expressions de Percival Pott, « il n'est pas de blessure assez considérable pour qu'on en désespère. » Les principaux dangers à redouter sont l'encéphalite et la hernie du cerveau.

Symptômes.

Ils dépendent des portions du cerveau intéressées, et il serait inutile d'essayer de les énumérer en détail.

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