‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 430 sur 638 · KYSTES DES MAXILLAIRES · texte numérisé non relu

KYSTES DES MAXILLAIRES

Le développement de kystes en connexion avec des dents non encore percées a une grande importance pratique pour le chirurgien ; les erreurs de diagnostic et de traitement de ces tumeurs sont loin d'être rares. On peut trouver dans l'un ou l'autre des deux maxillaires des kystes dentigères: la tumeur se forme graduellement, augmente lentement de volume et est ordinairement indolore. L'examen attentif des denU voisines est le meilleur guide pour un diagnostic exact, car, si une dent manque, ou bien, comme il arrive quelquefois, si une dent temporaire occupe la place d'une dent permanente, la tumeur est probablement un kyste dentigère, et on ne doit entreprendre aucune opération sans ouvrir d'abord la tumeur pour en reconnaître la nature.

Les kystes dentigères se produisent dans les cas où des dents restées enfermées dans le maxillaire pour une cause quelconque ont subi un certain degré d'irritation. Ce sont des dents permanentes qui naissent le plus souvent, bien que j'aie observé un kyste chez un garçon de quatre ans, chei qui manquait une canine temporaire ; en ouvrant le kyste, je fis Textraction de sept petits nodules irréguliers de dentine et d'émail. Fréquemment la dent est renversée, mais souvent rien n'explique la formation du kyste, qui est dû en apparence à l'augmentatioQ de la quantité du liquide qui se trouve normalement dans le sac dentaire après le développement complet de l'émail. La paroi kystique est ordinairement trop dense pour donner naissance à la crépitation si caractéristique de la piétence du liquide à l'intérieur, et elle est Umiée par une épaisse membrane vasculaire. Oliloeirement la dent fait saillie à travers cette Membrane, mais j'ai observé un kyste volumi- •iW du maxillaire inférieur dans lequel on re- Hrcha avec soin la présence d'une dent, lalello pourtant fit son apparition quelques i^^aines plus tard, quand la membrane eut été

détruite par la suppuration sur une grande étendue.

Des kystes dentigères ont été pris nombre de fois pour des tumeurs solides.

Le traitement de ces tumeurs est simple quand une ponction exploratrice a établi le diagnostic. Il suffit d'enlever une portion de la paroi kystique pour pouvoir aller à la recherche et enlever la dent cachée ; le kyste revient sur lui-même dès qu'une issue est assurée au liquide qu'il contient. Parfois il arrive que la suppuration s'est produite dans le kyste avant l'ouverture. Il se forme sans aucun doute des kystes en connexion avec des dents complètement développées, bien que quelques-uns de ces prétendus kystes ne soient peut-être autre chose que des abcès dont U membrane limitante vient avec la dent au moment de l'extraction. La seule autopsie de cette affection a été publiée par Fischer, d'Ulm, qui après avoir enlevé la paroi faciale de l'antre d'Highmore trouva un kyste en rapport avec la pointe de la dernière molaire et remplissant la cavité tout entière.

On rencontre aussi assez souvent des kystes du maxillaire inférieur n'ayant aucune connexion avec les dents et n'occupant pas l'antre d'Highmore. En fait, on peut douter si Vhydrojpisie de Vautre d'Highmore exisie réellement, les affections groupées sous cette dénomination étant soit des kystes de la paroi de cette cavité, soit des kystes tout à fait extérieurs qui enfoncent cette paroi en se développant. Dans ces cas il se fait une dilatation graduelle, indolore, d'une portion du maxillaire supérieur, ordinairement au-dessus de l'alvéole ; l'os s'amincit au point de crépiter sous le doigt comme du parchemin, ou bien il se convertit en une simple membrane; dans ce dernier cas on aperçoit, en soulevant la lèvre, une tumeur d'une nuance bleuâtre caractéristique, et on peut percevoir de la fluctuation. A l'incision il s'écoule un fluide de coloration foncée et de consistance variable.

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