‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 431 sur 638 · AFFECTIONS DES MACHOIRES. — KYSTES DES MAXILLAIRES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES MACHOIRES. — KYSTES DES MAXILLAIRES

él le doigt pénètre duns une cavilé lisse non perforée par les racines de la deni el tout à fail extérieure à l'onlre d'Highmore. L'ublation d'un segment lie la paroi liystique permet la guérison, niais celle-ci e5l tris lente. Ces mCmes kystes se développent également dans le maxillaire inTérieur, mais avec une fréquence moindre

Au début, quand le manillaire est distendu, mais l'oslrop peu aminci encore pour que le diagnostic soit facile, une ponction peut donner issue à un liquide contenant souvent delà choleslérine, et différant entièrement de la sécrétion muqueuse de la membrane qui tapisse l'antre d'Highmore.

Adams, f.iraldés (!) el Luschka oui montré que des kystes simples et multiples prennent leur point de départ dans la paroi de l'antre d'Highmore et en envahissent la cavité; des tumeurs poWpiformes se développent au même point. Dan* un cas de Paget (2), on nota un symplOmejusqu'ici non encore constaté, un écoulement constant et extrêmement abondant d'un liquide clair aqueux par la fosse nasale correspondante.

Des kvsles se développent dans les deux os maxillaires; ils peuvent Être simples ou multiples. Ces kystes ont probablement leur origine dnns les cavités osseuses et sont dus dans liien des cas à l'irritation causée par une dent voitine; une cavité osseuse se remplit de liquide, se distend el produit une résorption graduelle et l'oblitération des cavités voisines ; il se forme ainsi un kysie de dimensions considérables. Les kystes mnlliloculaires du maxillaire inférieur paraissent en rapport beaucoup plus intime avec les dents ipie les kystes simples; dans bien des cas, l'extraction des dents donne issue à une masse de liquide glaireux. La distension et l'absorption des alvéoles augmente en même temps que les kystes se développent : les parois finissent par devenir membraneuses. et l'os macéré manque en plusieurs points. L'n des traits cliniques les plus remarquables de ce^ afleclions est leur durée sans que la santé générale du sujet en soit atteinte; les seuls inconvénients sont dus à leurs dimensions.

Les kystes mulliloculaires ont une certaine tendance à se métamorphoser en tumeurs solides. Eve (3) range ensemble au nombre des épiIhéUomes les kystes mulliloculaires et les urcomes kystiques. Aussi faut-Il faire rapide-

(I) GinIdËi, Kiiilr! det ninxillaires.

(î) Clïnical Sacieli/'s Iratuaclioni, 1879.

(3) Eve, Brilith irifdîcalJownnl, !3 mai IBKP.

ment l'ablation de la portion alleinte du maxillaire, quand les kystes s'accompagnent de parties solides.

Hason Warren el Buleher ont montré qu'en évacuant le contenu de ces kvstes el en écra-

sant au moyen des doigts les minces parois osseuses qui les limitent, on peut obtenir une consolidation très grande, el si, comme c'est

tdrioare.

l'habitude, le bord inférieur épais du maxillaire est indemne, une base 1res solide pour supporter des dents artificielles. Cette opération peut être répétée plusieurs fois dans les premiers temps de l'aiïection, mais elle devient évidemment hors de saison dès qu'un ëpllhéliome se développe.

Dans un cas da ky^le osseux développé dans In partie moyenne du maxillaire inférieur, M. Msisonneuve (I) enleva celte partie de l'os, et nous donnons (Hg. (782) le dessin de la pièce qui lui fut appliquée; quand la bouche est

M«lsnnneuvo. Bull, de thérapfuliqii tV, p. ÎÏ7.

536 CH. HEATH. — BOUCHE, GORGE, LANGUE, PALAIS, ETC

rermëe(flg. l783),rurcadeden(Eure inrérieure en i pond parfaitement à l'arcade dentaire sv^ partie naturelle, en partie artificielle, correB- I rieure.

TUHEUKS DES MACHOIRES,

Les progrès de la pathologie ont dans ces derniers temps modifié considérablement les opinions des chirurgiens touchant la nature d'un grand nombre de tumeurs des m&choires. Aussi ne pouvons-nous conserver que peu de confiance dans les résultats microscopiques publiés autrefois. Des observations cliniques bien faites ont toujours leur valeur, mais il est impossible dans bien des cas de concilier l'histoire clinique avec l'interprétation pathologique telle que nous devons la faire aujourd'hui. Nous allons essayer une classification de tumeurs des mflchoires en harmonie avec l'histologie moderne.

Parmi les tumeurs non malignes, c'est-à-dire les tumeurs formées d'un tissu conneciff arrivé fi son plein développement quoique modifié de diverses façons (Ericbsen), nous rangeons les fibromes, les enrhondromes et les oUéomei.

Ces fibromes forment dans les deux maxillaires des tumeurs fibreuses dures ou fibro-cellutaires moms dures. Selon Broca, ces deux espèces de tumeurs, tant fibreuses que Sbro-cellulaires, peuvent avoir pour origine les dents; elles constituent ainsi unevariétë d'odontomes; on les rencontre exclusivement chez les jeunes sujets, elles sont enkystées et s'enlèvent facile-

Les fibromes des maxillaires sont entièrement semblables h ceux des autres parties du corps, en particulier de l'utérus, ils sont d'une structure dense, sont souvent lobules (fig. 1784) et présentent à la section des faisceaux de fibres entrelacées. Ils peuvent avoir deux origines : ils peuvent naître du périoste, généralement de t' alvéole et ne se distinguent de l'épulis que par leurs dimensions; ils peuvent naître de l'os lui-même; au maxillaire supérieur, ils envahissent ordinairement l'antre d'Highmore et les cavités nasales comme dans le cas que Laboulbène(l]a publié (fig. 1785); au maxillaire inférieur ils écartent les tables interne et externe de l'os (fig. ITSttet 1787). Les fibromes déterminent par pression l'absorption du tiasw

(I) Libonlbène, WoiU'. iUmentt d'anal. palli.,p.4tl.

osseux et peuvent détruire ainsi une grands partie du cr&ne ; ils tendent la peau du visagt, et l'ulcèrent, sans jamais l'envahir. 11 ne se produit jamais de dépôts secondaires, et ces tumeurs ne récidivent pas, si on a eu soin d'enlever tous leurs prolongements dans lescanmii de Havers. Les fibromes du maxillaire peuvent subir la métamorphose calcaire, et parfois la

Fig. I7S4. — Fibrome de la ralchoira inrérieure clin une jeune Aile de 17 ans: tumeur pesant l.lSOfnQimes, enlevée avec succès (Banchet, Théie de Parii, I3S4).

matière calcaire peut se nécroser et délenniner de la suppuration. La suppuration peul aussi se produire dans les fibromes simples, mais seulement quand ils ont été ponctionnés dans le but d'établir le diagnostic ou qu'ils ont été irrités de quelque autre manière.

Les fibromes paraissent dus dans bien des cas à l'irritation causée par des dents cariées, qu'on retrouve quelquefois dans la tumeur, ou que la tumeur déplace.

Traitement.

Le seul traitement radical de cette variété

AFFECTIONS DES MACnOIRKS. — ENCHONDROME.

périosttque du âliromo est l'ablalion du segment osseux dont le périoste a serri de point de départ à la tumi'ur; mais une opération moins complète peut surflre dans les cas où Vos cl en

particulier le maxillaire intérieur subit une dilatation par le Tait de l'expansion de la tumeur qu'il renTerme. Sir James Paget (1) a recommandé fortement l'énuclèation des tumeurs oa-

rig. 1785. — Diairurtion dn I

seuses uon malignes quel qu'en soit le siège; cette pratique doit être observée dans tgus les cas qui s'y prélenl.

BKCUONDROME.

L'enchondrotne est moins fréquent dans les maxillaires que le Bbrome, et comme lui il peut être soit périostique, sott inlra-osseux. L'enchondrome se montre ordinairement de bonne heure, il prend son origine à la surface de l'un des oh maxillaires, à l'intérieur de l'antre d'Highmore ou au sein du maxillaire inférieur; il augmente de volume d'une manière continue et plus rapidement que le Bbrome. Il a une forme plus tubéreuse et est plus dur que

le fibrome ; quand il occupe le maxillaire supérieur, il envoie des prolongements dans le! tissures et les cavités du crâne, produisani ainsi des déformations considérables du n de l'orbite. On trouve dans les musées d' tomie pathologique des spécimens remar blés de ces tumeurs, le sujet ayant dans quelques cas été aufl'oqué et la tumeur ayani envahi la bouche et le pharynx. Dans ces cas mêmes, la tumeur n'envaliit les tissus voisins que par compression, et elle aurait pu être énucléée.

Les enchondromes des maxillaires peuvent contenir du tissu fibreux ou peuvent s'ossiBer

(1) Pagat, Medico-chirurgkal (™hîûc([Oiw, vol. LIV.

CH. HCATH. - BOUCHE, GORGE, LANGUE, PALAIS, ETC

en grande partie ; et il est han de doule que beaucoup d'osléames des maxillaires élaient

oriRinairemeiit carlilagioeuv.

Fig. I7R6. — Tameur du inaiillair« iaTérieai (moitié gmclie, Tue par m face extarne) (').

(*) 1 eil, lumaars «ltué«i tar le bord tupériaar de l'oi; 3, ■aillle de la lible eitanie du maxillaire Inférieur; 1, canine et deux petltea molaires; 5, groiae molaire ; <l, condj le et apapliyie coroiiolde.

L'enchondrome a aana aucun doute plus de lendance à récidiver que le fibrome.

L'exiirpation complète eut indispensable. George Lawson {I) a pulilié une obserïalion

FIg. 1787. — Coupo Terticale de la tumeur, pratiquée suivant la direction du maiillsirB. On aperçoit deui eicavailona, qui renrarmaient chacune un liquide muqueux et des rildmonts dlvpra.

d'encbondrome du maxillaire inférieur que FergUBSon avait opéré six fois et qu'il opéra

II] Uwion, Lantel, 8 juin IBTS.

une septième. On a obserré après l'ablilioii d'enchondromes des ch on dro -sarcomes da

OSTEOHE DBS MAXILLAtBBS.

Vostiome des maxitlairei peut être aWëoltÏR ou éburné. La Corme la plus simple est ceDe d'une hypertrophie osseuse condensée due 4 It présence d'une dent, et le fait qu'un grand nombre d'opérations sérieuses ont été pratiquées dans ces cas doit rendre le chimi^en très circonspect dans son diagnostic. L'ostéomt alvéolaire esl limité par une couche compact d'épaisseur variable, mais quelquefois mince au point de crépiter sous les doigts. Gel oiléome acquiert lentement des dimensions considérables, comme on le voit sur un spécimen remarquable du musée Dupuytren ; mais une fois enlevé il ne montre aucune lendance i m reproduire .

J'ai observé deux cas d'ostéomes éburnés, l'un sur le maxillaire inférieur, l'autre sur 1« supérieur; une portion de ce dernier étail éburnée, le reste composé d'un tissu osseoi alvéolaire dense. Plusieurs des cas très ^ema^ quablea d'ostéomes publiés sont certainement des exemples d'encbondromcs ossifiés. Daoi ces cas, la tumeur a une lendance à s'isoler des parties voisines et à tomber, comme dani le cas de Hilton, ou à se détacher facilement comme dans celui de Duke.

Traitement.

DauB le traitement de ces tumeurs, une ponction exploratrice ou la trépanation peuvent permettre l'exlraclion de la dent, et celte pratique ne doit jamais être négligée, sauf dans le CHS de tumeur éburnée. La tumeur peut ètit enlevée à la scie, puisqu'elle ne montre aucune lendance à récidiver, ou bien elle peat être extraite de la cavité de l'antre d'Highmore ou de l'intérieur du maxillaire inférieur. Comme dernière ressource, on peut enlever avec la tumeur le maxillaire supérieur ou un segtnenl de l'inférieur, mais on évitera, quand cela sert possible, des mutilations étendues pour les tumeurs bénignes et à développement lenL

HYXOHES.

Les myxomes dans leur forme tfpiquB sont composés d'une substance fondamentale presque homogène, renfermant un petit nombr* de

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