‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 432 sur 638 · AFFECTIONS DES MACHOIRES. — SARCOMES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES MACHOIRES. — SARCOMES

fibrilles et de cellules rondes, fusiformes ou étoilées, c'est le myxome hyalin (1). Le plus souvent on trouve, en même temps que le tissu muqueux, soit du tissu conjonctif embryonnaire, soit du tissu fibreux, graisseux ou cartilagineux, la tumeur est mixte et prend, suivant les cas, le nom de myxome sarcomateux, fibretiXf cartilagineux ou lipomatetix.

Les myxomes, comme les fibromes, peuvent s'enflammer et s'ulcérer; ils peuvent môme se gangrener. On les a vus se généraliser, mais c'est un fait exceptionnel.

TUMEURS PULSATILRS.

On observe quelquefois des tumeurs pulsatiles du maxillaire supérieur.

SARCOME VASCULAIRE.

On possède de nombreuses observations de sarcome vasculaire.

SARCOME KYSTIQUE.

Sous le nom de sarcome kystique, on désignait autrefois certainement plus d'une variété de tumeurs solides contenant des kystes. La présence de ces kystes était considérée comme la marque de la bénignité de la tumeur, et les observations cliniques publiées paraissaient justifier cette manière de voir. A Tœil nu ces tumeurs avaient l'apparence de fibromes ou de cellulo-fibromes, et étaient considérées comme telles jusqu'à ces dernières années. En 1871, Wagstaffe (2) décrivit une tumeur de cette espèce comme formée d'acini ou de cylindres de cellules serrées fortement et supportées par une matrice de fibres à noyaux. La même année j'enlevai un sarcome kystique volumineux du côté droit du maxillaire inférieur, qui présentait beaucoup de caractères donnés par Wagstafi'e, et conduisit Reck à décrire cette tumeur, dans le catalogue du musée d'University Collège, comme une tumeur glanduliforme spéciale des os afi*ectant seulement le maxillaire inférieur. Une moitié de cette tumeur ayant été présentée au Collège royal des chirurgiens a été réoemment soumise à un nouvel examen par Eve, le conservateur du musée, qui en a conclu que cette tumeur

(1) Voy. Rindflciscb, Histologie path,, p. 159, et Encyclop, de chir,, t. IV, p. 788, flg. 1468.

(2) WigsUffe, Pathological transactions, wo\. XXII.

et les tumeurs similaires sont le résultat d'un développement de l'épithélium gingival et doivent être classées parmi les épithéliomes. II attribue le développement des kystes à la dégénérescence des cellules épithéliales, et l'apparente immunité contre la récidive au fait que ces tumeurs sont plus ou moins complètement isolées dans une coque osseuse. Je n'étais guère favorable à cette manière de voir, lorsque, en 1882, le malade à qui en I87I j'avais enlevé presque la totalité du côté droit du maxillaire inférieur pour un sarcome kystique, revint avec une large ulcération de la joue, présentant toutes les apparences d'un épithéliome. En en faisant l'ablation, je trouvai que cette ulcération avait des connexions solides et profondes avec l'apophyse coronoïde et le condyle du maxillaire inférieur, que je n'avais pas enlevés à ma première opération. Ce fait viendrait à l'appui de l'opinion qui donne une origine épithéliale au sarcome kystique et qui enjoint au chirurgien de pratiquer une opération aussi radicale que pour un épithéliome authentique.

Mais une question plus étendue s'ouvre alors, celle de savoir si, comme Eve le croit, les kystes muUiloculaires du maxillaire inférieur, accompagnés, comme ils le sont d'habitude, par des parties plus ou moins solides, sont également des épithéliomes. Eve a discuté cette question à fond, et certainement le fait, rapporté par moi précédemment, d'une tumeur solide apparaissant après une affection kystique datant de trente ans, tendrait à montrer que l'affection en question n'est pas aussi innocente qu'on l'a supposé jusqu'ici. Pourtant les phénomènes cliniques présentés par ces tumeurs et ceux du sarcome kystique ordinaire diffèrent si complètement de ceux de l'épithéliome ordinaire au point de vue de la rapidité de la marche et de la récidive, que des observations ultérieures sont nécessaires, avant qu'on puisse s'arrôler à une opinion sur l'ensemble de la question.

SARCOMES.

Sous le terme de sarcome les pathologistes modernes comprennent toutes les- tumeurs composées soit de tissu embryonnaire, ou d'un tissu subissant une des modifications primaires qu'on observe dans le développement du tissu conjonctif adulte (Erichsen).

On trouve dans les maxillaires diverses formes de sarcome, dont beaucoup ont été jusqu'ici désignées sous d'autres noms ; et un grand nom-

ca. HEATH. — BOLXHE. GOBGE, LANGUE, PALAIS. ETC.

bre de tumeurs r^cidivniile?, aulreroie rangées parmi les cancers, appartiennent en réalité à cette classe,

)• Le surcome à cetluks fusiformes est fréquent à la mAcboire (lie. nnH';il constitue un grand

Fig. 1788. — Coupe lunsTeraale d'un larcome OBilflant du périoste de U mlcbolre inférieure. Sarcome globo-cell 11 taire k subilanco randamenlale en partie calcifié. Lpb endroiu calcifiés rormeni des esquilles allongées perpendicuIiJrcB à U sarface de t'oi et lont coupés en travers. Grossi ssemenl : 300 (Rinil. fleiscli).

nombre de ces tumeurs qu'on désignait autrefois indistinctement sous le nom â'osUo-tarromcf. Il faut ranger également sous ce chef les tumeurs Gbroides rùcidivanles opérées par Holt et Lawson.

Le trait clinique principal des sarcomes à cellules fusiformes du maxillaire est la rapidité de leur accroissement avec invasion des parties voisines snns infiltration glandulaire au moini dans les premières périodes. L'ablation complète est indispensable acausede k tendance qu'aie mal h se propager le long du périoste, et la ricidive est fréquente. Un trait remarquable it ces tumeurs récidivées est leur tendance i se ramollir k chaque récidive nouvelle, jusqu'à ce que le malade meure épuisé, rarement avec des dépOts secondaires dans les organes internes.

'2° Le sarcome à cellule» rondes (sarcome eocèphaloïde de Cornil et Ranvier, et d'autres suleurs) est une tumeur plus vasculaîre et plui molle; aufoi n-t-elle davantage le caractère d'une tumeur maligne. Son développement eti très rapide, il envahit la peau, devient fongueux et envahit les organes internes. L'n grnod nombro des eus publiés de cancer médullaire du maxillaire appartient à celte classe.

3° Le surcome myéloidf des mâchoires a d'sbord été décrit par Paget. Il est en connexion avec les alvéoles formant ce qu'on désigne sous le nom d'épuHs rnyHoide et occupe aussi l'intérieur du maxillaire inférieur. La tumeur injéloïde se développe chez les enfants ou les jeunei adultes ; elle sort de l'intérieur de l'alvéols et fait saillie entre les dents, qui peuvent être dfplacées. La tumeur est plus molle que l'épuli) fibreux, plus vasculaire, et présente qiielqueto

Fig. 1790. — Face supérieure.

des taches sombres caractéristiques au-dessous de la muqueuse. Quand elle se développe profondément h l'intérieur du maxillaire inférieur, elle dilate l'os sans faire saillie extérieurement. Des kystes se développent fréquemment à l'in-

téricur de la tumeur qui peut (tre le uége de pulsations. Sur une coupe la tumeur présente une coloration marron résultant des hérnorrhagies dans l'intérieur du tissu morbide, si conimune dans les tumeurs mvéloïdes.

AFt'ECTlONS DES MACHOIRES. — ÉPITHÉLTOMS SQtlAMEUX.

La question de lu récidive des tumeurs mvÉloides est très importanle ; on peutdire qu'après une iiblalioD complète la récidive ne se produit pas.

H. Nélaton a, dans un cas de tumeurâ mycloplaxes du maxillaire supérieur, Tait l'ablalion complète de cet os ()} (flg. I7«3). H, Prelerre a fait

pour ce malade une pièce dont la Terme gênante est celle d'un quart d'ovoïde creux ; elle est convexe h su Tace supérieure et concave à sa face inférieure [Ilg. 1790, 1791, 1792 el 17e:(),

Fig, 1781. — Bord aiilérieur.

4* Le sarcome alvéatiiire atteint quelquefois les mAchoires. Celte Torme a été décrite par Wedl comme un cancer fibreux provenant de l'os, el comprend sans doute tous les cas désignés jusqu'ici sous le nom de squirrhe des os.

5" Le Hbro-sarcome ressemble beaucoup au Uirome dans son aspect extérieur et se dëve- "Isppe généralement au-dessous du périoste-

8" Le ehondro-tarcome, dans lequel on trouve AuB uae masse cartilagineuse les éléments du

, (I) miitOD, Bttlt. lie la Société aiiatomiqut, ddc, "^1 p. MinBaU.dalhirap., IU3, t. LXUl, p. 378.

sarcome à cellules fusiformes el ceux du sarcome à cellules rondes, s'observe dans les deux maxillaires et détermine souvent des depuis secondaires dans les poumons.

' *• Les termes A' oUéo-sar cornes et de chondro-

' Mrcomes osléoides (1) indiquent qu'il se fuit de

l'oBsiScation dans les tumeurs sarcomaleuses ;

les tumeurs désignées jusqu'ici sous le nom

de cnncers ostêoUies font partie de celte classe.

CAHCIXOMES.

La seule forme de carcinome qui alleigne les maxillaires est l'épilhéliome, qui se présente uu moins sous deux aspects, la variété squameuse el la variété tubulaire. Ces différences dépendent de la nature de l'épithéliome normal de la région atteinte : ainsi l'épilbéllome squameux se développe piimilivemeul dans la muqueuse du palais cl des gencives, dont l'épilhélium normal est squameux; tandis que l'épilhéliome tubulaire se montre dans l'antre d'Highmore ou dans le nez, dont répllbélium est cylindrique. Ces deux formes ont une tendance marquée à envahir les parties voisines, surtout les os, d'où la diiflcullë d'une exlirpalion complète.

ÉPITHÈLIOME SQUAMEUX.

L'épilhéliome squameux du palais el des gencives a un début très iusidieux et est souvent méconnu au début. Se manifestant d'abord sous la forme d'une petite ulcéralion déchiquetée de la muqueuse gingivale, il est souvent attribué à l'irritation causée par une dent cariie

(1) Vo]>. {Undaelseb, Bislologû, p. SSI, Bg. 131, et Bncgtlopédie de chirurgie, t. IV. p. BJ4, fig, liT6.

- BdUCHE, «UHGE, LANGUE, PALAIS, ETC.

ou bien A la svphilis on lui attribue peu d im 1 ralion du palais de iislure ^pilhéliomateuse esl portancQ, el ou peut 1 aggraver par 1 appl caUon attribuée plus sou>enl àle<jphilis secoadiire, de uilrale d'urgent ou d aulrii irrituula L ulcé ' et même de larges perles de substance du iia-

Fig. I7U4. — Cuiccr .ëpUlijliDina) da la région imiilUIre luréi

eileme) (Gilloite).

lois osaeuxdues à l'Épilhéliome sont considérées i guère avant l'itge de quarante ans et plus soû-

le résultai d'une gomni dea gencives ou du paluin

. Maisl'Épithé- vent au

I âge plus rapproché de soixante que de ircatattons m-

Fg 1 95

COI da res le la hjpl I s soi l plus précoces e géieral et que 1 4 nu Testât o s te (uies SOI t beaucoup o s mportuutes que celtes de l'ép théliome

Pe dant le Loura du ép thdiome 1 us se aé cfose, ce qui peut encore être une cause d erreur, si on ne recherche pas la cause de cette nécrose. L'ébranlement des dents est la conséquence naturelle do l'invasion des alvéoles et

peut serv r de cntér un pour juger de l'exlen* so dunalenpioru deur L epilhùliome squa- . H eux tend à envahir seco idairement l'anm d H ghniore sans doi ner naissance ft aucun sv nptôme apprëc able particul cr. Celte Torme a été décrite par Reclus (I) sous le nom i'ipithéliome térebrant, el Bullin en a décrit un eu

(1} Reclus, Progrès nutlkal. 18:6.

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