‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 474 sur 638 · E. BRASSEUR · texte numérisé non relu

E. BRASSEUR

- CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES

deals qui auraient été séparées à l'aiÛe de coton ou de caoutchouc, el qui, par suite de l'irrilalion produite, sont très douloureuses à ta pres-

DaiiB la préparation des carïtés, il est indispensable, avons-nous dit, pour procurer le minimum de soulTrances au patient et assurer eu même temps la réussite de son opération, de travailler à l'abri de Ihumidilé.

Quand l'opération est de courte durée : à li mâchoire supérieure, on se servira de petites serviettes bouchant les orifices des conduits salivaires, el s'élendant le long des gencives lous la lèvre supérieure. A la m&choire inférieure des crampons isolateurs [voir ûg. 1890} appliqués sur un bourrelet de papier buvard ou sur une serviette suffisent parraitement pour protéger contre l'envahissement de la salive, surtout si l'on a recours à l'emploi de la pompe k salive. Ces pompes sont de formes Tariées : la plus pratique est, selon nous, la pompe automatique de U. H. Rollins. Pour s'en servir, on 8ie l'appareil verticalement contre le mur : après avoir rempli d'eau la partie supérieure, on dévisse un peu le bouton robinet du couvercle, puis, aussitôt que l'eau commence k couler dani le récipient inTérieur, on referme légërsmeot le bouton pour modérer et éviter que l'i^païaQ se vide trop promptement (Ûg. iBSI).

Mais si l'opération doit être un peu loagw et

Fij, ISBi. — Pompe li sdive da Herbert Rollins (*). (*) A, pltnchatte sur liquelle repose le flicon;

que l'on désire se mettre complètement à l'abri de l'humidité, on ne doit pas hésiter à appliquer la digue en caoutchouc. Son usage étant actuellement très répandu, nous alloiis reproduire la description de son application faite par U. Herbert E. Baylis, de New-York (I).

Afiplkation de la digue. — Pour placer U digue, il faut une grande habilude et une grande dextérité de main. Il est nécessaire d'avoir :

1° Un emporte-pièce {Ûg. 1892) à l'aide duquel

nt"àmïiniënrMÏ"'fl™°c7bouchôri °" f"'" "" "°^^''« ^e trous Correspondant lu

de oontchouc perforé pour deux tubes

D, tube qui se rend k 1» boucbo ; Ë, tube uptrateur.

sion nécessaire, pour enfoncer la substance obturatrice.

mbre de dents que l'on désire comprendre dans la digue ; S° De lu soie floche cirée ;

(Ij Baylis, Frogièf dentairt, IB71, p. 319.

PRÉPARATION DE LA CAVITÉ D'UNE DENT POUR RECEVOIR UNE OBTURATION, pince pour

3* Une série de crampons et les appUquer (flg. 1893] ;

4° Un porte-digue deslîné & maintenir ëcarlË le bout supérieur du caoutchouc.

Fig. 1893. — Pince* pour appliquer le* erampona destinés k maintenir

L'Ëptisseur qui conTient au caoutchouc dépend du degré de résistance qu'il devra offrir

Fig. IBM. — Cette flgnre représente : 1* la pince appliquée (ur le crampon, lequel paue dans an de» troua percéa dans le caoulchauc et prêt k fitre posé dans la bouclio ; 1° la même pince serrant de portefll pour maintenir la digue entre les dents.

aux lèvres, à ta joue, aux doigta do l'opérateur et à la façon dont les dents sont plus ou moins serrées.

On Tait des Eeuilles de caoutchouc de diUcrentes épaisseurs, suivant trois numéros; le D" 2 ou médium est généralement le plus employé; atyourd'hui la couleur du caontcljouc u également été changée, lu i:oloralion rouge clair qu'on lui donne ncluellement c*\ hlcn préférable à cause du jour qu'elle donne k l'opora- (eur.

La feuille en caoutchouc doit avoir assez de longueur pour qu'une fois placée elle couvre complètement l'ouverture buccale (voir flg. 1893).

L'adaptation du caoutchouc sur les dénis de devant est très simple dans la plupart des cas. 11 faul autant que possible, pour fucililer l'opération, l'appliquer sur plusieurs dents. La soie floche sert à conduire le caoutchouc dans les espaces inlerdenlaires à l'aide du porte-fll (flg. 1B91, B).

La digue percée des trous nécessaires est mise en place dans la bouche; elle est maintenue par laligatureportée sur la dent jusqu'au contacldu bord libre de la gendre, puis, à l'aide d'un mouvement de va-et-vient imprimé au SI d'une manière méthodique et exécuté d'arrière en avant de la dent, on dispose le caoutchouc pour le temps suivant : celui-ci consiste h embrasser complètement le collet avec la ligature que l'on assujettit de nouveau.

Ainsi disposée et bien maintenue, la digue mettra parrsitemenl le reste de l'organe à l'abri de la salive. 11 ne reste plus qu'à répéter la même manoeuvre sur les autres dents jusqu'à ce que le caoutchouc soit appliqué eu totalité (voir flg. 1893).

Pour l'obturation des cavités situées au voisinage de la gencive ou en partie au-dessous d'elle, un crochet spécial bien adapté refoulera la gencive de manière à laisser voir la cavité et embrassera solidement le collet dentaire. Après avoirplacé le crampon en position sur la dent

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)a plus reculée qui doit Iraverser ta digue, on commence par élîrer le caoutchouc avec précaution sur le pourtour du trou du crampon, puis sur la couronne de la dent ou des dents pour l'amener en contucl avec la gencive ; cela fait, on le laisse se contracter antrt^ le crampon et la gencive. Quand on tendra le caoutchouc sur les autres dents, celle première partie par- [aitemenl maintenue par le crampon ne pourra

plus 'glisser. On aura soin que le pourtour du caoutchouc qui enchAsse les collets des dent* regarde toujours In gencive pour ne pas laisser passage aux iluides buccaux; la figure 189V montre une pince perfectionnée qui permet à l'opérateur de placer la digue sans Être obligé de mettre les doigts dans la bouche du pstienL

Dessichemfïit de la cavtU.

Après

tif. KSS. — Digue appliquée h la mtchoire supdncuro [mur reraire le contoar deU petits moUlre )*]'

\ ranslniit

(*) A, éearleur des arcades dental k relever li digae.

ir DOS indications ; B, poids servant A tendre ta dicn*^ D, (ipingle «agliiie teiiitit U serviette-, V, pince senant

placé la digue et avoir essuvé l'intérieur de la t'Bvilë à l'aide d'amadou ou de ouate préparée Iprtparalion consolant li enlever les matières graiset et à lu rendre plus aisorbante), l'humidité étant enlevée, on insuftlera de l'air chaud (1), soit pour éviter la douleur, soit pour

(1) E. Bnssenr, Lair ehaud appliqué au li-aitement lit ta carie dentaire, in Kevue odontoiogiiiut, tgSS,

quo la cavité plus sèche soit apte & recevoir les matières obturatrices, soit pour dessécher entièrement l'intérieur des canaux et Taire mieux pénétrer les antiseptiques à travers les canulicules, soit enBn pour sécher In couche de vernis mise sur la dentine avant l'obluntion.

On se servait k cet elTet de simples seringues avec poire de caoutchouc que l'on chauffait audessus de la lampe a alcool [Bg. 1894). Ces ios-

irj>v

S9] PRÉPARATION DE LA CAVITÉ D'UNE DENT POUR RECEVOIR UNE OBTURATION. SIS

Irumenis avaienl rincooTënient très grave ds se brûler et de se détériorer repldament. Aussi aujourd'hui que l'air chaud Tait partie du traitement des dents, nous avons bit établir un

instrument spécial lelAemio tnjedeur{Bg 189 ) Dans cet appareil la chambre de chautTage A est formée par un tube roulé en spirale qui déployé, représente une surface de chauFTage

Flg. IB9G. — Seringue à tir chind.

de plus de 30 centimètres de longueur. Au centre de cette spirale se trouve un petit tube à l'eitréraité duqnel br&le un très léger fltet de gai presque imperceptible. Le tirage se fait grâce aux ouvertures que laissent les différents tours de spirale entre eux; de plus ces mêmes ouvertures permettent à L'air ambiant de circuler librement et évitent ainsi un trop haut degré de température. Un isolateur d'ivoire empêche ia chaleur de se communiquer trop facilement au manche de l'instrument rempli d'une substance non conduclrice et que l'opérateur tient entre ses doigts; pour plus de précautions , un écran en ivoire et mobile, pour qu'on puisse l'éloigner de la chambre de chauffe, protège les lèvres contre la chaleur et les met à l'abri du contact de l'instrument qui, dans un mouvement brusque, pourrait occasionner une brftlure.

La thermo thérapie peut donc être considérée comme un de nos meilleurs moyens de thérapeutique et sera un puissant auxiliaire dans le traitement des caries, car en principe il est permis d'aftirmer :

1° Que dans toute obturation, la cavité la plus sèche sera celle qui réussira le mieux dans l'opération du plombage, ainsi que le dit très bien le professeur t'Iagg, de Philadelphie;

S° Que les caries arrivées au deuxième degré offrent souvent une hjpéresthésie du tissu dentinaire qui en rend la résection douloureuse. Quelques praticiens imprudents ont préconisé dans ce cas l'emploi de médicaments violents et ont cherché à faire pénétrer l'acide phénique pur et cristallisé, qui est un caustique énergique, à travers les canalicules de la dentine; nous crovons que tout chirurgien prudent devra s'abstenir d'une semblable médication; car il faut bien admettre que si, gr&ce au dessèchement de l'ivoire, on arrive à faire pénétrer l'acide phénique à travers ses tubuli, cet acide

doit agir & la façon d'un escliarotique et amener la mordflcation de la pulpe dans un temps plus ou moins éloigné.

Nous pensons que, dans pareille circonstance, il est sage et prudent de pratiquer simplement des insufflations d'air chaud, la dent préala-

! blement mise à l'abri de toute humidité par l'application de la digue. En suivant ces con-

I seits, on sera tout étonné d'obtenir une sensible diminution de la douleur qui permettra de continuer l'opération. Ce fait a été parfaitement démontré dans un travail de M. Rose (1), à savoir que l'humidité fait gonfler le tissu de la dentine et amène par là une compression très douloureuse des nerfs de la pulpe. D'ailleurs celte action de la chaleur sur la dent est telle* ment vraie que, si l'on vient h projeter de l'air chaud dans l'intérieur d'une carie où la pulpe est mise à nu, on la voit, si l'on observe attentivement, rentrer dans la chambre qu'elle occupe ordinairement au milieu de la deni, à la façon d'un ver de terre. Si dans certains cas l'action de l'air chaud seul ne suffisait pas, on aura toujours en lui un puissant auxiliaire pour faire pénétrer au sein du tissu de la dentine des médicameuts d'une nature calmante et non irritants comme l'essence de giroQe ou un mélange de cbloral et de camphre.

Un confrère, M. Bogue, nous a souvent répété que plusieurs de ses patientes lui avaient assuré que sans le secours du thermo-injeeteur elles n'auraient pu supporter la vive douleur occasionnée par le contact de la rugine.

Sans chercher à exphquer quelles modiScations la chaleur imprime k nos tissus, n'est-il pas d'une expérience journalière qu'une phlegmasie ou un état pathologique quelconque, par exemple, se trouve arrêté souvent à sa

[I) Roso, Htvue cdonlotagiqur, ItSZ.

E. BRASSEUB. — CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES

période de début par la simple application d'eau 1 presque bouillante (aS à 58 degrés) t Nous pour-

fig. IB'Jl. — Notre ihermo-injecteur (').

(*] A, bec do gai Tilsant luiie ait tnj'au ï gii, i 1 avec le robinet P; B, »pir»U creu ■tiquant par le tuba S avec U lourSeriei tube en cultre, ouvert au milieu, en forma de 1* terne, pour |>erii)eilre au gii db brtiier ; D, chambrt sir chaud ; KE". trous k air pour perinetir» au gn < brùtvr; T, bouction de métal farmaiil la cbambro air F" sur un bouchon de métal; G, écran eo ivoi

rions citer plusieurs exemples, en dehors de notre spécialité, où l'Élément douleur a été vaincu parla chaleur (1).

3* Étant admis que la deiitine décolorée et ayant subi un coramencement de ramollissement esl la meilleure couche protectrice de ta pulpe, on aura soin, avant de procéder i l'obturation, de chasser au moyen de l'air chaud tout ce que cette denline peut coDleoir d'humidité, pour la saturer ensuite avec de l'huile de girofle, qui est un calmant par excellence des hypéresthésies pulpaires, au d'en badigeonner les parois avec un vernis autiseplique au sulfate de cuivre pour les grosses molaires, et simplemeat k l'acide phénique pour les incisives.

4° Dans la troisième période de U carie au troisième degré, c'est-k-dire celle où la pulpe présente un commencement ou un complet état de désagrégation, nous éviterons stirement par la dessiccation ces pansements interminables, si dangereux au point de vue de U conservation et du changement de coloration de la dent, quand surtout ils sont pratiqués avec le coton qui, en séjournant longtemps au contact des lissus denlinaires, les désorganise quetquefois presque complètement.

En général, on ne se doute pas asses de l'importance que l'on doit apporter aux pansements des dents malades, aussi saisissoiM-aoïu chaque circonstance pour insister sur leur réelle importance. Selon nous, du jour où nous faisons un premier pansement dans une dent, l'intérieur de cette dent doit être continuellement maintenu k l'abri de l'humidité, d'où l'absolue nécessité de supprimer l'emploi du coton dont beaucoup de dentistes se servent encore aujourd'hui, et l'utilité d'appliquer la digue ou autre

-servant fc proléger les jouei, les lèvres, du contact de l'instrument chaud, qui peut ae retirer fc TOlooti et se plier k angle droit ; U, canule courbe mobile ponvant 6tre remplacée par d'autre) de diverseï farmea; J, monture en mdlal lervant k flior l'écran sur U manclie; I, godet isoUteur en ivoire ; 0, écrou tenant tout rinstruinent, et percé k Jour pour laiiier paaaer l'air t traTert toute la longueur du manche ; P, robinet k gsi ; Q, spirale servant k iouteuir la inba en caoulcbouc pour l'em pécher de iB plier, à angle droit, pendant la manipalatioo de l'inatrumeiit-, H, olive oo métal, sur laquelle vient ae placer un tal>e an caoatchouc, qui établit la coninianic*Lion avec le gai; T,

(1) P. RectDB, Dt Feau chaude en chirurgie (fialetle bebdomndaiit de médecine et de ehirargie, 6 déeembia ISSi.p.gOlJ.

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