‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 478 sur 638 · SUBSTANCES NON PLASTIQUES · texte numérisé non relu

SUBSTANCES NON PLASTIQUES

Êtain. — L*élain pur en feuilles est peu employé : cependant, vu sa plus grande malléabilité, certains praticiens l'emploient de préférence à l'or chez les enfants, comme obturation temporaire. 11 a le défaut de s'oxyder au contact des liquides de la bouche, et de donner une coloration grise à la dent, conséquence peu importante pour ces dents de première dentition. On l'emploie encore à la partie cervicale quand elle se trouve près ou au-dessous de la gencive ; quelques dentistes plient une feuille d'étain dans une feuille d'or, les coupent delà grandeur voulue et s'en servent comme de l'or ordinaire; ils obtiennent ainsi une plus grande malléabilité, et pensent que la légère oxydation qui se produit durcit le tissu dentaire (Kingsley).

Or. — n serait trop long d'entrer dans tous

les détails du manuel opératoire des divers procédés d'aurification qui, à eux seuls, demanderaient tout un volume, aussi ne ferons-nous qu'indiquer les différentes méthodes les plus répandues, renvoyant la pratique aux maouels opératoires publiés à ce sujet (I).

L*or, par sa pureté et sa grande malléabilité sous forme de feuilles ou de cristaux, est expérimentalement reconnu comme la meiDeore substance à employer dans les cavités accesibles; il permet d'obtenir des obturations contre lesquelles on ne peut soulever aucune objecUon si ce n'est celle de sa couleur; encore dans bien des cas faut-il reconnaître qu'il s'harmonis^ mieux avec l'ensemble des dents qu*aacaae des autres matières employées ordinairement Pour obviera cet inconvénient de la coloration, on fabrique des feuilles d'or et de platine laminées ensemble (un côté se trouve de l'or, l'autre du platine) ; ce mélange donne un éclat moins brillant.

Certaines aurifications faites par des opérateurs, ayant acquis une juste célébrité dans cette spécialité, sont des merveilles d'adresse et de patience, quand on pense que, grâce à l'agrégation de petites parcelles d'or condensées petit i petit les unes sur les autres, des couronnes entières de dents ont pu être rétablies.

Malheureusement dans une grande série de cas l'or n'est pas toujours préférable, il se montre même la plus mauvaise matière, dans les maios des praticiens ignorants ou peu judicieux ; l'or est plus préjudiciable que l'application d'une bonne obturation plastique, surtout dans les dents dont la calcification est encore incomplète. Il serait absurde, comme beaucoup de gens se l'imaginent, d'attribuer à l'or une vertu spécifique sur la carie dentaire. Dans les grandes cavités, son introduction et sa condensation nécessitent une grande dépense de temps et de travail, aussi avons-nous indiqué le moyen d'en abréger la durée par l'adaptation préalable des oxyphosphates ou même des amalgames (Bogue).

Il faut, dans certains cas, une grande habileté pour ne pas briser les parois de la dent que l'oo est précisément chargé de restaurer, d'où l'utilité des parois arrondies et solides.

L'or est employé sous différentes formes el à différents états: les plus utilisés sont :

L*or en feuilles mou ou adhésif.

L'or en cristaux ou en éponge.

(1) Harris, Austen et Andriea, Traité de Vart du dentiste, V édition. Paris, 1884.

■ATIÈBES EMPLOYËES POUR L'OBTURATION DES DENTS.

Or mou en ftuHUi. — L'emploi de ce procédé a BonleTé de grandes el longues discussioas entre les partisans de l'or mou et ceuK de l'or adhésif, sans qu'il soll possible d'arriver fc une conclusion penneltant d'établir la supériorité de l'une des deux manières-, nous crojoDS que l'or mou est celui qui réclame le pins d'adresse ; c'est aussi celui qui parait offrir les mdlleurs résultats et qui n'expose pas à autant de déboires que l'or adhésif au la moindre imperfection sufQl pour Ater à l'obturation ce que l'on est en droit d'en attendre. Une dent convenablement traitée par l'or mou peut être garantie d'une cooservalion presque IndéBnle.

Il existe plusieurs méthodes pour l'emploi de ces feuilles, toutes un peu subordonnées à l'habitude de l'opérateur : les uns plient la feuitle

l'opérateur ne désire les faire lui-même, ce qui lui est très facile au moyen d'un instrument

Fig. 1903. — Cïlindrei d'or.

spédal; ces rubans, cordelettes ou boudins, doivent avoir à peu près le double de la pro-

Mg. litOl. — Btndelsttes d'

après l'avoir divisée en demie ou en tiers en forme de ruban [flg. 1902] ou la roulent en cordelette ou en boudin ; d'autres, surtout depuis ces dernières années, se servent de boulettes (flg. i903) ou de cylindres préparés d'avance suivant différentes grosseurs, à moins que

Flg. tSOt. — Fouloirs pédiformes pour Introduire et condenter l'or dans las gruidei cavltéi.

fondeur de la cavité. A l'aide d'un instrument (Og. lj)04) on porte le milieu de ces

Fig. ISOS. — Fouloir t pointe an foroiB de coin.

tnorceaui au fond delà cavilé.de façonft ce que 1 les deux bouts dépassent au dehors de l'orifice; ■i on emploie les cjlindres, on les range dans la I

cavité, verticalement pour les caries centrales et horiioni aie ment pour les latérales, à la façon de cigares que l'on rangerait dans un

Fig. 1M6. — Forceps condeosatenr de H. Flagg.

verre. Une fois la cavité remplie, on prend un . (flg. 1909)etcairé, etfilékUp<^te,on force les

instrument plus petit et on rentre le bout de I dilTérents cjlindres pour en appliquer de plus

tous ces fragments d'or dans rintérioor de la | petits jusqu'à ce qu'il soit impossible d'en ^jou-

cavilé; puis, à l'aide d'un instmment eonlfuo I ter-,ii Ikut avoir soin de tasaer l'or bien exacte-

ment couche par conche et d'éviler, en plaçaat les rabans ou lea cylindroH, de le» comprimer

- CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES

formerait vo(kle et protégerait contre tonte antre pression condensalrice les parties situées aadessous. Chacune des masses ainsi ajoutées, tout en s'appliquant exactement sur les autres Teuilles précédemment appliquées, consenera son (ndiTidualité et, silon venait k briser la dent, on verrait qu'elle peut se séparer de celles avec lesquelles elle était en contact. 1^ point important est de s'atlacher à appliquer toute U force condensalrice sur les parties latérales afin d'obtenir une obturation complËtemenl compacte et imperméable aux liquides de la bouche.

Pour condenser l'or on se sert d'instramenls spéciaux [llg. 1404), Pour les ïnclsiTei, les canines, les petites molaires et en général toutes les faces coniiguës, il est préférabli! de se serrir de pinces ainsi que le montre la figure 1906 ; ces daviers sont droits ou courbes. Nous devons encore une heureuse modification de ces daviers condensateurs à H. Gaillard, nous en donnons ici la description, car ils sont d'un usage très fréquent et bien supérieurs à tous ceux qui ont été faits jusqu'ici.

En elfet, avec ces instruments, l'opérateur n'a pas seulement un duvier condensateur en vue d'un cas déterminé et par suite immuable dans M forme, mais avec un très petit nombre de branches séparées, grâce k une articulation noa- Telle, aussi simple qu'ingénieuse, il pourra obtenir une série d'instruments qu'il pourra combiner k son gré, suivant le cas présent, sans être obligé de quitter le patient, une seule main suffisant à ces modifications.

Ainsi que le montre la figure 1907, ce davier rappelle h première vue les daviers ordinaires t extraction, si ce n'est toutefois parla disposition spéciale des more.

1 Fig. laua. — UadB d'trticolatian des bruietiai.

avant qu'ils soient en place, dans la crainte de Si maintenant, ainsi que l'indique U Glescondenser.carroraiuBicondenséàsasurface ' gure itiOtfC, nous écartons Tune do l'autre les

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