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MÉTHODE D'AURIFICATION PAR ROTATION

Essence de menthe

Carbonate de magnésie.

Eau distillée

20 gonttes.

2 grammes.

(P. Vigier.)

Coleman recommande remploi du mélange suivant :

Esprit d'ammoniaque... . 30 grammes.

Alcool de vin 90 —

10 gouttes dans une cuillerée d*eau tiède pour se rincer la bouche 2 ou 8 fois par jour.

Poudre ffentif)rice.

Craie précipitée 20 grammes.

Magnésie 10 —

Os de seiche 2 —

Saponino 1 —

Sucre * 3 —

Aromatisez ayec essence de menthe, q. s.

(E. Brasseur.)

S*il convient parfois de prescrire, dans une certaine mesure, les alcalins pour combattre Tacidité buccale, ilim porte également de remédier, comme Ta fait judicieusement remarquer M. Galippe, à la funeste habitude qu'ont certaines personnes de tenir continuellement une pastille de bicarbonate de soude dans la bouche; en effet, sous cette influence, l'acidité ne fait qu'augmenter, les pastilles renfermant du sucre et de l'amidon en plus grande quantité que le bicarbonate de soude, substance médicamenteuse. Or, il est prouvé par les expériences de Miller que la bouche est un terrain par eicellence pour transformer, gr&ce à la salive, le sucre et l'amidon en acide lactique, un des agents les plus pernicieux pour le tissu dentaire.

De môme on proscrira les gargarismes à l'eau de guimauve additionnée soit de sucre ou de miel rosat qui sont les meilleurs moyens de favoriser la pullulation des micro-organismes, en particulier du Leptothriso buccali8,en les remplaçant par des gargarismes légèrement phéniqués ou additionnés d'un antiseptique que le médecin préférera.

A côté de ces soins spéciaux, il en est d'autres qui ont aussi une très grande importance, car c'est en remontant directement à la cause que Von agira plus cfflcacement sur lu lésion. En effet, la carie dentaire est le plus souvent engendrée par les lésions pathologiques des voies digestives dans lesquelles, par suite d'iuflammation continuelle ou successive, il s'établit des sécrétions acides qui causent de grands ravages, par l'influence de certaines diathëses

envahissant l'économie tout entière. Le dentiste fera œuvre de sagesse en conseillant h son patient de consulter le médecin de famille pour qu'il le seconde par ses prescriptions cl qu'ils arrivent ensen)ble à une règle de conduite permettant au dentiste de triompher, au lieu de voir tous ses efforts perdus au bout de peu de temps par suite d'une hygiène mal entendue.

L'importance d'un traitement général est tellement évidente que, de tous côtés, on a cherché à appliquer au traitement de la carie dentaire le phosphate de chaux. Nous pensons que son administration a été bien souvent faite. inconsidérément.

Le phosphate de chaux n'est pas soluble dans l'eau, et pour le rendre soluble, on est obligé de recourir aux acides. On a alors le phosphate de chaux acide ou biphosphate, le phosphate mono-calciquCy le chlorhydrophosphate de chaux, le lactophosphaie de chaux, etc., etc.

Toutes ces préparations extrêmement acides sont plus nuisibles qu'utiles, puisqu'on doit, avant tout, combattre les acides chez les individus atteints de la carie dentaire. C'est ce qu'a d'ailleurs démontré M. Jolly,qui depuis quinze ans étudie cette question, quand il dit :

Il est absolument faux que le phosphate de chaux administré en solution acide soit assimilable. Pour cola suivons ce corps à travers les différents organes de Tappareil digestif. Le liquide arrive dans l'estomac : il ne modifie pas la réaction du suc gastrique, mais il en augmente considérablement l'acidité. Après avoir franchi le pylore, la masse acide arrive dans Tintestin et subit la double action alcaline du suc pancréatique et du suc entérique, laquelle a pour effet de neutraliser presque complètement Tacidité du chyme afin de permettre à la pancréatine l'achèvement de la diges tion des matières alimentaires, transformation qui ne peut s*opérer que dans un milieu à peu près neutre. Dans ces conditions, le phosphate acide de chaux est saturé par Talcali des sucs digestifs [U soude) ; son acide phosphorique se scinde en deux parties égales dont Tune servira à former un équivalent do phosphate de soude neutre et Tautre requerra un équivalent de phosphate de chaux. Il est facile de constater par des expériences in vitt*o que les réactions se passent bien de cette manière. Or, des deux phosphates formés dans la masse du chyme, le phosphate de soude sera entraîné dans le chyme, tandis que le phosphate de chaux insoluble sera précipité en presque totalité et il n'en sera entraîné que la très minime quantité qui est dissoute à la faveur de la faible acidité du chyle.

L'observation attentive des phénomènes physiolo giqnes démontre donc qn^en administrant des solutions acides de phosphate de chaux quelles qu'elles

ABCÈS ALVÉOLAIRES.

Les urëiqiies (1) relireront certainement de i bons effets de l'administration du bromure de lythium, 1 gramme par jour, ainsi que des I

collutoires et poudres denll^ices ayant pour base le carbonate de soude ou le bromure de Iflhium,

ABCÈS ALVÉOLAIRES

L'abcès alvéolaire est une des complications les plus fréquentes de la carie dentaire.

Suivant Uarria {"1), la lymphe plastique corn* mcDce par se former k l'cxtrëmilë de ta racine; cette lymphe se condense en un sac ou kysle (fig. 1922) qui embrasse étroitement la radne près de son sommet, ses parois s'épaississent, les fonctions de sécrétion et d'absorption s'; accomplissent, la suppuration s'établit et il se forme du pus au centre du sac

Nous ne saunons partager complètement celle explication donnée par Harrls au sujet de

tig. 19!t. — Section d'un maxillaire lupérieur démoniniit un abcès alvéolaire lar une incitiTa nédiana supérieare (').

(*) a, gencive ; b, oa maiillalre ; c, point de la dent ob doit se pratirtuer la trépanation ; d, vodte palatine ; e, onverture de U fistule dentaire ; f, indaWe montrant le canal de ta dent rempli d« pus.

la présence constante d'un sac à l'exlrémité des racines enflammées.

-Dans les abcès dentaires, comme dans tous les abcès, dés que l'innammation est confirmée, il s'établit une vascularité qui constitue des bourgeons charnus et est l'origine de fongosités ; ces fongosités entrent en suppuration, le pus refoule le tissu cellulo-Bbreux Intra-alvéoïaire, ce lissii se feutre et établit un foyer dont les parois sont formées par ce même tissu, tandis que la lymphe plastique est au contraire un élément de réparation et de cicatrisation.

(l)Bcacbercin, De racide urique dont la m/idc ef dont le mucus nasal. Comptes rendus Aeadémit da stienees, le mai ISSâ.

(1) Harria. Austcn et Andriau, Traité de tort du

La production du pus n'es! pas une sicrélion (le sac ne serait, croyons-nous, suivant Harris, qu'une véritable membrane f y ogénique) ; la couche dite 'pyoginiqae (\), unAaA ellç existe, est donc consécutive à l'accumulation du pus au fond de l'alvéole, entre la dent et la paroi alvéolaire.

Le pus est une humeur (!) de production accidenlelle, composée d'un sérum qui tient en suspension des leucocytes (ou globules de pus). Ce produit varie suivant la nature de l'organe

Fig. 1923. — Section d'une dent et d'un procts alvéO' laire dénontrant le résultat d'un alicè* alvéolaire dans une bicuspida tupérieure.

malade, le degré et la nalure de l'inflammation; or nous ne voyons pas pourquoi, le pus n'étant pas une sécrélion, la suppuration s'étaiit élablie d'elle-même par suite de l'inflammation h l'apex de la racine, ne se trouverait pas entretenue par la présence seule de cette racine dépourvue de vilalilé, remplissant le même rûle qu'une nécrose, qu'un corps étranger.

A mesure que le pus s'accumule, il presse sur les parois de l'alvéole, qui, par une sorte de travail à la fois chimique et physique, se détruit progressivement; il se forme ainsi un oriUee

(1) Ch. Bobin in Litlré, Ditt. dt médeciTU. 1S« ùdîtion, I8M, article Ptogënioug (McHBiiAriES p. UT,.

(î) Cil. Robin in Littré, Dict. de médefine, 15' édition, article Leucocytes, ji. 900.

E. BBASSEUR. - CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANTiEXES.

sur un des côtés de l'alvéole par où le pus, arriranl en conlacl des parties molles environnantes, les comprime et les détruit (fig. 1923).

n e5t un Tait constaté tous les jours, à savoir que les liquides, les tumeurs molles absorbent, détruisent les surfaces osseuses.

Labcès, s'il est aigu (abcès chaud), une fois formé sera ouvert ou s'ouvrira de lui- môme, ou il s'établira une sécrétion persistant {abcès ff-oid) indéfiniment, tant que la cause existera. Ce pus fusera directement le long de la paroi alvéolaire, déjà décollée, et s'échappera par le bord libre de la gencive (fistule alvéolaire), ou il se fera une issue sur la gencive même, an point correspondant à l'extrémité de la racine, cause du délit [fistule gingivale); de là une péricémentite chronique. La racine

tf-

Fig. 1924. — IncisÎTO entourée de son alvéole montrant la péricémentite chronique avec exfoliation du cément (*) .

(*) a, point où parait le pus ; b, «xfoliation du cément ; d, eut de la gencive tuméfiée et ramollie.

dès lors dépourvue de son moyen d'attache sera fortement compromise fig. i924\ Dans les cas plus graves, principalement à la mâchoire inférieure, le pus peut venir se faire jour à la joue (fistule cutanée), ou pénétrer à la mâchoire supérieure, soit jusque dans le sinus maxillaire supérieur, soit à la voûte palatine, comme cela se voit fréquemment pour la petite incisive (fistule muqueuse), L*abc6s alvéolaire est borgne quand il n*a pas de contre-ouverture à l'extérieur; il est complet quand précisément il est terminé par une fistule (i). Nous diviserons les fistules, suivant la cause qui les entretient : en fistules dentaires proprement dites, c*est-à-dire celles qui sont liées directement à la vitalité d'une dent et dont le pus est toujours en relation directe avec Talvéole ; en fistules odontopathiques, c'est-à-dire celles qui ont pour origine une portion du système dentaire, la dent étant une cause indirecte, et n'ayant pas de communication avec l'alvéole.

(1) L. Ricliaad, Essai sur les fistules dentaires, Thèse. Paris, 1877.

Suivant leur siège on aara les

Fistules alvéolaires;

— gingiTaleti

— muqueuses ;

— cutanées,

ou gingivo-cutanées, ou maco-gingivales selon qu'elles auront des ouvertures situées, Vnnt en dedans de la cavité buccale et l'autre sur k pesa, sur la muqueuse ou sur la gencive ; elles leiont, suivant leur marche, chroniques avec intarndttences, ou continuettes.

La fistule gingivale se caractérise par une petite excroissance rouge, molle, fongueuse, qui flotte sur la gencive ; elle fait l'office d'une soapape située au-dessus de l'orifice de la ftstole.

Dans la fistule alvéolaire, le bourrelet de li gencive qui borde la dent est décollé et laisse suinter du pus tout le long de la racine, dont un des côtés est entièrement dénudé.

Les fistules cutanées off'rent une légère dépression sur le tégument externe, leur ouve^ ture est circonscrite par une auréole rose avec un infundibulum que Chassaignac a comparé à un cul de poule ; la peau est très adhérente à It surface osseuse sous-jacente. L'ouverture est tantôt bouchée par du pus passé à l'état concret, tantôt elle laisse couler continuellement un liquide purulent qui irrite la peau dans le voisinage.

Ces dernières fistules sont dues soit à une dent, soit à une ostéite, ou sont surtout le résultat de véritables phlegmons péri maxillaires s'accompagnant d'une inflammation des ganglions sousmaxillaires. Ainsi que nous l'enseigne le professeur GosseUn dans ses leçons (i), ces accidents secondaires sont particulièrement fréquente chez les individus lymphatiques, scrofuleox, syphilitiques.

Les lymphatiques des gencives, dil-il, participent à l'inflammation du ligament alvéolodentaire ; l'inflammation s'étendant, il peatr6sa^ ter plusieurs foyers purulents qui attaquât le cément et le périoste de l'os maxillaire lulmôme, d'où des ostéites dont les séquestres entretiennent une suppuration de mauvaise nature et abondante.

On constate une espèce de corde tendue qui, sous la pression du doigt, indique le trajet de la fistule. Dans quelques cas, les abcès s'outrent directement dans l'antre d'Highmore par le seul

(I) Gosselin, Abcès et fistules dentaires, Clin^m chirurgicale de la Charité, 3« édition, Paris, lS79r p. 263, t. II.

ABCÈS ALVÉOLAIRES. - SYMPTOMES.

faitanatomique que les racines de certaines dents pénètrentjusquedansle sinus, ou n'en sont séparées que par une lamelle osseuse extrêmement mince, de sorte que l'inflammation de la membrane pénoslique donnant naissance à du pus perfore la cloison ou y arrive directement. Il se forme alors un abcès du sinus qui se fait jour à Textérieur sur la joue ou dans la cavité buccale.

Dans les fistules dentaires proprement dites, contrairement à M. Chambounaud (1) qui considère la dent elle-même comme un corps étranger entretenant Tabcès alvéolaire chronique, avec fistule, nous soutenons que presque toujours c'est la pulpe dentaire seule qui s'étant enflammée doit être considérée comme la véritable cause du délit. Ceci est très important à bien établir au moment du diagnostic, afin de diriger un traitement véritablement rationnel (2).

Ce n'est que dans certaines conditions spéciales comme pour les dents dont les racines ont leur sommet altéré, soit par une dégénérescence des corpuscules du cément, ostéite raréfiante, ou une hypertrophie de ces mêmes organes, ostéite condensante j ou enfin dans le travail de la dent de sagesse par un enkystement au milieu des os maxillaires, que la dent est bien en totalité, totius substanti«, la cause d'une fistule odontopathique (3).

Pour bien comprendre tous les désordres de la dent de sagesse, il est essentiel, dit Toirac (4), de Aure remarquer que lorsqu'une dent parait sur le bord gingival, la racine n'a point encore acquis tout le développement qu'elle doit avoir un jour. La partie qui termine cette racine est encore pulpeuse et ne s'allonge que peu à peu. C'est au fur et à mesure que ce travail s'opère que la couronne se montre de plus en plus en dehors, jusqu'à ce qu'elle soit arrivée extérieurement à sa hauteur naturelle, semblable en quelque sorte à un ressort en spirale dont le point d'appui fixé dans la m&choire se développerait en portant ses anneaux en haut. Le fait est que, dans l'ordre normal, la racine des dents ne se porte point en bas pendant leur accroissement. En un mot, elles croissent de l'intérieur à l'extérieur; d'où il suit que silacou-

(1) Chambounaud, Des fiituies dentaires, ihèse,

Paris.

(2) Am. Forget, Des anomalies dentaires, 1869.

(8) Tomes, Traité de chirurgie dentaire, tradact. franc, de Darin, Paris, 1873.

(4) Toirac, Mémoire sur les diverses espèces de déviations dont est susceptible la dernière dent molaire et sur les accidents qui peuvent accompagner sa sortie, in Bévue médicale, 1828, t. I, p. 396.

ronne d'une dent qui pousse trouve un obstacle assez puissant pour l'arrêter dans son évolution, la racine s'allongeant toujours par le fait de l'ossification doit nécessairement déterminer une pression vers son extrémité inférieure en occupant une place qui ne lui est point ménagée par la nature. De là, la cause de toute une série d'accidents.

Cette racine presse contre l'os, l'irrite en le comprimant et développe une inflammation osseuse ; d'où un phlegmon de l'angle de la mâchoire, qui s'ouvr^dans le tégument externe et ne pouvant se refermer, tant que la cause existe, forme une fistule; dans ce cas, à moins que le pus de l'abcès n'eût amené, par une ostéite consécutive, la destruction de la lamelle du tissu compact qui le séparait de l'alvéole, cette dent ne communique pas avec le foyer purulent (!)•

Ganses.

Les principales causes des abcès alvéolaires sont la carie, la pulpite chronique, l'évolution de la dent de sagesse, les ostéites du corps de l'os maxillaire.

Les causes indirectes sont la périodontite qui peut tenir à une autre cause qu'une lésion de la dent; elle peut être rhumatismale, à frifjore, traumatique, syphilitique, aiguë ou chronique ; l'obturation intempestive de certaines dents, les chutes, les coups ou lésions traumatiques, les excroissances de gencives, les luxations et fractures, l'usure, le limage mal compris, les dents à pivot, certains pansements mal faits comme l'arsenic, les gingivites, les corps étrangers, la transplantation, la réimplantation.

Enfin une cause qui parait avoir été longtemps ignorée est la désorganisation spontanée de la pulpe dentaire, qui, sans aucun signe d'inflammation apparente, se mortifie. Ce phénomène qui procède lentement doit évidemment tenir plutôt à des causes générales que locales, telles que la cachexie, l'anémie, le rhumatisme.

Symptômes.

La douleur d'un abcès alvéolaire s'annonce d'abord par des accidents généraux : fièvre, céphalalgie, inappétence, de légers frissons ; la douleur,de lancinante et aiguë, devient pulsative,

(1) Heydenreicli, Des accidents de la dent de sagesse, 1878, p. 79. — Chambounaud, Des fistules dentaires, thèse, Paris. — Cunoy, Des déviations de ta dent de sagesse inférieure et de leurs accidents, thèse, Paris, 187G.

E. BRASSEUR. — CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES

plus proroDde, aUaDt en augmenUDl d'intenùU flt accompagnée d'un senliment de pesanteur auquel succède la fluctuation, douleur au point correspondant de l'extrëmité de la racine, rougeur violacée de la genci*e. l.e pus est alors formé et la douleur, moins vive déjà, cesse dès qu'il trouve une issue. Le temps nécessaire à la formation de ces abcès varie suivant la dent, suivant le tempérament: en général, c'est toujours une période de trois k dix jours. Les canines doQt les racines sont fort longues nécessitent un plus long espacg de temps pour que i'abcés se fasse jour à la gencive.

L'écoulement des fistules succédant aux abcès «Iréolaires est essenliellement variable; quelque- Cois il est si minime que le patient ne s'en aper- <;oit que par une légère pesanteur dans la gencivn et un mauvais goût qui se répand dans la bouche dans les mouvements de succion. D'autres fois, il est plus abondant et donne à l'haleine une odeur repoussante, surtout si des esquilles osseuses sont emprisonnées dans le trajet fisluleux. Le liquide prend le caractère, la couleur et l'odeur du pus des os nécrosés. Quand il se fait jour à l'extérieur, il se concrète facilement et forme des croûtes qui rendent l'Écoulement intermittent; l'acidité de l'écoulement provoque tout autour une irritation de la peau.

Traitement.

Un abcès alvéolaire aigu [abcès chaudj étant la conséquence d'une përiodontite, on peut essayer, dès le début, de l'application d'une ou deux sangsues sur la gencive au niveau du sommet de la racine, ou d'une légère couche de collodion «antharidé, ces moyens apaisent souvent la douleur et quelquefois même arrêtent lu formation de l'abcès.

On pourra remplacer les sangsues par l'aspirateur Du Bouchet dont on fera une ou deux applications dans la même journée.

On aidera l'écoulement du sang par des fomentations de camomille et de pavot, qui favorisen le processus inflammatoire en activant la circulation, dégorgent la tension des vaisseaux atténuent la congestion et la tendance à l'exsudation.

On se gardera bien d'appliquer les cataplasmes à la surface externe, malgré le calme incontestable qu'ils procurent, car ils amèneraient l'ouverture de l'abcès à l'extérieur, ce que l'on doitéviteravant tout; aussi c'est pourcelle raison que nous conseillons des applications de figues sèches bouillies dans du lait ou do l'eau de gui-

mauve sur la gencive: cea sortes de catipluui locaux déterminent proDi ptement la sapponliaa sur la partie gingivale, seules les famigâlioMle sureau seront permises extérieurement. Si W téguments internes sont par trop lum^lici. d malgré ces soins que nous appellerons prÉtentirs, l'abcès continue sa marche, la pfcntière condition est de donner une issue pRWpple d large au pus. CerUins aoleurs coDHicat d'attendre, pour faire l'incision, queU|nmKit distendue par la suppuration, il o'jaH raison pour attendre ce dilui. Dès ^Uti- j méfaclion inflammatoire se manifeale, k tl de bistouri est utile pour dimiaoer h m- 1 gestion, pourvu que celte incision toit liigï 1 et faite de bonne heure. Il faut avoir sois Je 1 diriger le tranchant de l'instnimenl du cAK k : l'os, sans quoi on pourrait s'exposer à Ustrlte* 1 tère faciale en portant le bistouri de )a p à la joue. Nous avons des exemples (i où il y a eu nécrose avec exfoliatîou de Psi H par suite de temporisation dans riacitiia.j D'après une expérience de tous les j nous insistons sur les avantages de s pour cette ouverture du galvana-caulèrt, I thermo-cautère ou du cautère actuel, de p' férence à l'emploi du bistouri. La poclie del'il ces se maintient ainsi béanli? pendant quelfn jours, grâce à leschare produite, ei se ri* complètement. Une petite injection iode«Iiill à la suite de cette ouverture, dans la pochi 4 l'abcès sera une bonne précaution e rera l'antiseplicité. On prescrira dans U f née des bains de bouche fréquent mélange suivant :

^ EoD de guimiuve et de pavot.

Additionnée de 7 k S gouttes decblorarom'il a trop de doalenr.

Si, malgré tout, l'abcès s'ouvrait t l'ei il faudrait au plus vite extraire Is d racine cause du délit. D'ailleurs ilesltt que l'on suppose la dent ou les dents M{ de rendre des services, uae ïo'm VaM» dl laire terminé, sans quoi on ne devrai! puH ter à commencer par l'extraction qui •> seul moyen défaire avorter l'abcès, ûa* tra en garde contre un préjugé r ment encore trop répandu, qui défeodfl les dents seules causes des inflar des parties circon voisines. L'extraction 1^4 leurs plus facile, elle est seulement on p»B douloureuse, mais ce n'est pas là une ti~ tion empêchant de recourir i. une opifs'>'''j indispensable que de retirer une dent po

ABCÈS ALVÉOLAIRES. — TRAITEMENT.

être comparée à un corps étranger : une épine dont la présence entretiendrait une grave inflammation.

Hais si l'abcès est chronique (abds fi-oid), provoquant une ou plusieurs Sstules, le premier point est d'en rechercher la cause et l'étendue ; pour cela on doit se servir d'une sonde mousse légèrement Qenible. Si le passage de cette sonde est douloureux, on injecterai ou 3 gouttes d'une solution à 20 p. 100 de chlorhydrate de cocaïne dans le trajet fistuleux, qui déterminera une aneslhésie locale sufQsante pour faire un examen sérieux. Il importe avant tout de diriger le

Fig. I93&. — Galvano-untère pour pratiquer la flitole artiflcletle gingivale et pour réprimer les bourgeons cbtrnus des goncivo».

traitemenl sur la cause et non sur l'eifet. Si l'abcès est dQ à une dent cariée, la première condition est de la désoblurer si elle l'est et, si «Ile ne l'est pas, de débarrasser les canaux de toute parcelle de pulpe en désorganisation. L'opération est Tacile quand l'abcée est complet ; mais elle devient dëlicale quand l'abcès est borgne, car dans ce dernier cas il faut éviter de faire passer au-delà de l'apex des fragments de pulpe désorganisée. Aussi est-on obligé quelquefois d'établir une lislule artificielle au moyen du galvano-cautère, ou du thermo-caulëre de Pa< quelio (2) qui a plus de résistance, car dans ce

(I) E. Brasseur, Étude d« chirurgie dentaire, 1879, p. 69.

(î) Voy. Encyclopédie de chirurgie, l. II, p. bh el tlg. 309 k 230.

cas le cautère doit être enfoncé dans la gencive, au niveau et dans la direction du sommet de la racine, assez profondément pour pénétrer jusqu'à l'alvéole (voir fig. 1923). Le cautère, contrairement à son emploi dans les hémorrbagîea, doit être chauffé à blanc, il sera également prudent

FIg. I9!6. — Section de ta mtclioire laférleure montrant l'tbcès dtns lei racines d'une seconde groue molaire at la métliode de produire la flttale utiflcielle suivant farrtr.

de se faire aider par un aide pour protéger les lèvres ou les gencives, à l'aide d'un abaisse-langue, du contact de l'instrument.

Farrar a conseillé, pour praUquer la fistule artificielle, un moyen radical qui consiste à porter la couronne d'un trépan, suivant la méthode enseignée par Martin (de Ljon), sous la gencive au point correspondant de la racine malade (flg. 1926). Malgré les nombreux cas de guérison cités, nous pensons à priori qu'il est toujours difficile de pouvoir tomber avec le trépan à l'endroit précis de l'abcès de la racine pour la réséquer nettement.

Dans les abcès complets, nous avons pour habitude, une fois les canaux radiculaires bieo

ouverts, de pousser d'abord une injection d'eau oxjgénée ou bi-oxjde d'hydrogène à l'aide d'une seringue de Pravaz ou mieux de celle modifiée par Farrar ainsi que l'indique la figure 1927, dont lacanuleprèalablenient entourée de gutla-percha

63tt

E. BRASSEUR. — CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES

force rinjection de chasser aa-dévant d'elle tous les résidus impurs et les amène à l'extérieur.

Au contact de l'eau oxygénée, le pus est décomposé immédiatement, phénomène qui se manifeste par un rapide dégagement de gaz (i). Nous pansons ensuiteles canaux radiculaires avec du coton imbibé soit de glycérine additionnée d'acide thymique, de créosote de hélrc ou enfin

de sulfo-carbol et nous recouTroni percha. Si on ne peut enfoncer la es seringue, on met une mèche bien créosote, et avec une boulette de gui le liquide à pénétrer dans les cana alors immédiatement une gouttelett antiseptique pénétrer au-delà de la blanchit à son contact; pratiquemen

Fig. 1928. — Aspirateur de Farrar au 1/4 de sa grandeur naturelle.

quefois impossible de retirer tous les tissus désagrégés comme dans les racines fortement recourbées ou très aplaties sur elles-mêmes ; il est préférable alors, selon nous, au lieu de risquer de faire fausse route et de tourmenter inutilement ces racines par des forages laborieux, de pratiquer des aspirations à Taide de l'aspirateur (fig. 1928), ou de traiter ces restes de pulpes dentaires de façon à les rendre complètement aseptiques.

Wilkersemer a proposé un médicament qui nous a donné d'excellents résultats, mais ce praticien voulant garder sa formule secrète, nous ne saurions la recommander.

Spence Bâte, F. R. S. Plymouth (2), dit qu'il ne connaît pas de meilleurs antiseptiques pour les tissus musculaires ou vitaux que la glycérine, sans pouvoir en expliquer la raison ; mais il s*appuie sur ce fait qu'il a conservé pendant longtemps, lors des recherches parle gouvernement britannique à bord du Challenger^ des crustacés très délicats sans qu'ils aient éprouvé lu moindre altération dans leur densité et dans la structure de leur tissu; au bout de deux ans, ces poissons étaient aussi frais que s'ils venaient d'être péchés. Non seulement, dit-il, la glycérine préserve les tissus bien portants, mais elle maintient au même état ceux qui ne sont que partiellement décomposés ; elle réduit promptement les inflammations topiques.

La glycérine convient également quand il faut enlever la pulpe : elle empêche l'air d'arriver jusqu'aux tissus irrités.

Que l'on choisisse tel ou tel médicament, ces

(1) L. Larrivé, Veau oxyginéCy ton emploi en chirurgie, 1883, p. 17 et Obsorv., p. 42.

[t] Compte rendu Société odontologique de New- York, 81 décembre 1875.

pansements seront répétés plus ou quemment, suivant l'intensité de la si Au bout de quelques jours, si les mè< sans odeur, parfaitement propres et pourra tenter une obturation provis

Si, malgré le traitement, la fistu on devra élargir son ouverture a cautère et pratiquer par cette ouvert jections de quelques gouttes d'acide aromatique pur ou coupé d'eau suivai

Nous ne saurions trop recomn agent qui nous donne constamment ( résultats en cicatrisant rapidement • interminables.

L*>emploi de l'acide sulfurique, f( pandu en France, fut préconisé en par M. 0 Hill (1). II n'est pas, dilqui rende la chirurgie de la bouche el plus facile et efficace si on sait l'emp

Acide sulfurique womaiique.

Feuilles de menthe poivrée. / ^ .^ » » frisée . . \

Cannelle i

Girofle ' àa h

Gingembre ^

Alcool à 30O 400

Acide sulfurique à 6âo 50

Colorez en rose avec de l'hircanite

Il n'endommage pas les tissus mous vant, La persistance de ces trajet tient à un état morbide de l'os ou de des racines dénudées. Grâce à ces d'acide sulfurique aromatique, non l'acide guérit l'abcès, mais il dissout

(1) O Hill, Société odontologique de New municatioD, 17 oct 1876.

ABCÈS ALVÉOLAIRES. — TRAITEMENT.

rugosilés de l'extrémilé de la racine; seules les parties mortes sont intéressées par son action et la partie vivante est complètement respectée. Dès que la surface osseuse est guérie, nous terminons le traitement par un médicament qui nous donne d'excellents résultats, c'est le permanganate de potasse :

'^ Permanganate de potasse. . 1 gramme.

Silicate de soude 1 —

Eau 100 —

Ces dernières injections sont surtout préférables dans les longs trajets et vers la fin du traitement; par son élément astringent le permanganate de potasse détermine Faccolement des lèvres du conduit ûstuleux ; il agit alors comme dans le canal de Turèthre où cet effet d*astringence a été si bien observé par M. Bourgeois (t).

Si malgré ce traitement rationnel les fistules persistaient, il faudrait, suivant certains auteurs, avoir recours à l'extraction pour pratiquer la replantation ; nous avouons n'y avoir jamais été obligé et, sïl est beaucoup plus difficile de guérir un abcès sans extraction avec replantation, h&tons-nous de dire que le praticien en est récompensé par les résultats. Dans la replantation les adhérences de la dent avec son ligament intra-alvéolaire ont été brisées et souvent un succès passager fait croire à de véritables réussites, alors qu'après quelques mois, de nouveaux abcès décident le patient à se débarrasser définitivement d'un organe si nuisible.

On a encore préconisé (2) le drainage dentaire qui consiste à obturer la dent, tout en laissant une issue au suintement purulent. Cette issue tout artificielle, le chirurgien la fait au lieu d'élection où elle est moins exposée à être obstruée. Elle est tantôt pratiquée au centre de la matière obturatrice par l'ajustement d'un petit tube de platine, tantôt en dehors à travers l'épaisseur même de la dent (opération deHullihen). La perforation se fait au collet dans un endroit très accessible à l'exploration. De cette façon l'ouverture^est recouverte par le bord libre de la gencive qui forme une véritable soupape s'opposant à la rentrée des matières étrangères, et permettant à l'écoulement de se faire de dedans en dehors. Mais il faut avoir le soin, contrairement à ce qui est pratiqué généralement, de percer la dent de part en part pour que l'on puisse y pousser des injections antiseptiques.

(1) Bourgeois, Essai sur l'action du permanganate de potasse.

(2) Magitot, Ricliaud.

Nous pensons qu'aucun chirurgien véritablement soucieux de ce nom ne consentira à laisser subsister un continuel suintement dans la bouche. Son rôle est plus élevé, et au lieu de tourner ainsi la difficulté, il doit l'envisager en face, l'attaquer et y porter remède. Mieux vaudrait se débarrasser de suite d'une dent que de conserver dans la bouche un tel élément d'infection, et nous ne comprenons pas comment des praticiens sérieux ont préconisé ce mode de traitement .

D'ailleurs cette petite opération, communément appelée opération de Hullihen, a été mal interprétée par les auteurs qui l'ont rapportée ; ce chirurgien n'avait pour but que de détruire l'étranglement de la pulpe dans la pulpite, par une légère saignée qu'il faisait à l'aide d'un petit foret qui, après avoir traversé les parties dures de la dent, pénétrait jusqu'à la pulpe.

Quand l'abcès est entretenu par la dent de sagesse, il existe souvent une constriction de la mâchoire qu'il est parfois difficile de vaincre ; cependant, comme à l'aide de l'élévateur il faut peu

Fi g. 1929. — Écarteur des mâchoires.

de place pour extraire cette dent, il est rare qu'on ne distende pas assez les mâchoires à l'aide de l'appareil représenté dans la figure 1929.

Quelquefois on sera dans la nécessité d'extraire la seconde grosse molaire et alors l'évolution de la] dent de sagesse se faisant libre-

E. BRASSEUR. — CHIRURGIE DES DENTS ET DE LEURS ANNEXES

ment, les accidents cesseront (Voir Exiraetion des dents de sagesse, p. 569).

Si l'abcès tient h la présence de nécroses ou de causes étrangères aux dents, il conviendra d'en détruire la cause avant de tenter la réunion des lèvres de la 6stule; dans certains cas il sera tion de faire des drainages qui assureront ou pus

Fig. 1930. — Coupe du sinqs miiilUIre montrant la position da la canule pendant ans loJeeUou (grandeur naturelle).

un écoulement au dehors. Tant que le Tond de l'abcès ne sera pas guéri, des injections iodées :

loduro ds potaaalum Eau

seront faites dans ces trajets fistuleux ouverts largement, au fer rouge, et les nécroses seront touchées à l'acide sulfurique aromatisé (1).

Dans l'intervalle des pansements [pour éviter que le pus ne passe dans les voies digestives) on fera laver la bouche quatre à huit fois par jour avec de l'eau salée, que l'on injectera au besoin dans la plaie à l'aide d'une seringue (2).

11 peut se faire que l'extraction de la racine malade soit matériellement impossible à moins de désordres considérables et d'opérations assez graves. Chassaignac a proposé à ce sujet une opération qui est rarement nécessaire, la transposition de la flstule, et si l'on est en présence d'une fistule cutanée, c'est déjà un grand bien

(I) lUchiud, thèse, Paris.

(1) Jourdain, Trailé det maladies tt de» opérations rielUntenl chirurgicales de la bouche et des parties qui j/ correspondent. Parts, 17T8.

de lui substituer une fielnk muqueuse qn ttii invisible ()).

<c L'idée de celle opération, dit Clitiulgiie, m'a été inspirée par la conduite que tient lecUrurgien lorsque, pour remédier à du fistolcik canal de Stenon, il creuse dans la jonc noeud artificiel, et donne cours par l'inlMear de k cavité buccale au fluide BaliTairefBi'écoukil au dehors ; il substitue un trajet iHtaul qui ouvre la fistule à l'intérieur de la boa^

H C'est uinsi que par une sorte de tiuifattaB j'oblige la Qstu le à s'ouvrir dans la boa^Mil qu'elle se produit à l'extérieur clelije«.s Cette opération nous semble inutile k dtan parce qu'elle rentre dans le cadre de Ud^l rurgie générale.

Complications des abcès du c6U du ti

Quelquerois la collection purulentei'oo voie à travers la joue et laisse u dëlébile, ou elle passe dans l'orbite i) avoir perforé le plancher, refoule l« gUi l'œil en avant et provoque une cécité M raire ou permanente; enfin vient s'ieitff r l'angle interne ou externe (Giraud)i!].

Salter cite l'observation suivante :

Le tajet souffrait d'uae odontalgie vlolaii preoiiËre grotae molaire supérieure, lirtfiM pondante de U face prdsentalt une tnmiracâoai La paupière inrèrleure était tellement ioUI l'œil ne pouvait s'ouvrir; anfln, l'os malil retonlé en avant. Les douleur* iatra-ocnUirM H atroces. Pull survint de l'eiophthaiiiile et tnïii Ul complète. L» pus était parvenu k se Trajen au vuiiinagB des angles interne eteilemedaM temps en temps la narine ialaiait écouler an pM*l

Quand, après trois semaines, le miUds fi^ sQlier, la voûte paUUae faisait une sailItecooM cété de la bouche.

Le cliirurgienenlevales racines de lapremiktl molaire et une dent de sagesse. Sons la pua s'écoula par tes vole* qu'il s'était dijtl toute la surface dsl'os céda en l'affaissant. Lis: flstuieni laigsèreiit également écouler

Le globe oculaire était toujours Balllint, b flie. Ls vision de ce cftté éuit corapliismert L'inQammaiion générale des tissus flbreni i» TriJ de la conjonciive était intense.

Un séquesire volumineux Suit par se diuH inllammatoire céda peu h peu au traiunes', vue ne se rétablit pas.

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