‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 496 sur 638 · LUXATIONS DES VERTÈBRES CERVICALES. ~ SYMPTOHES · texte numérisé non relu

LUXATIONS DES VERTÈBRES CERVICALES. ~ SYMPTOHES

celle luxaiion peut se compUqoer ou non de Traclure; mais, mCme en ce cas, c'est la luxation qui est ordinairement ta Msion la plus importante, car elle détermine la compresslan de la moelle contre l'apophyse odontoïde. La luxation sans Tracture est aussi fréquente que la luxation accompagnée de fracture. Dans la variété sans fracture, l'atlas est projeté en avant après la rupture des ligamenls transverses, accessoires et latéraux ; celte luxation ne peut être produite que par une violence considérable.

La traction directe de la tête, surtout combinée avec la rotation, est particulièrement dangereuse cheiles enfants, à cause de lafacilité avec laquelle elle produit la luxation de la première vertèbre sur la seconde. Selon Harjoliu, l'apophyse odontoide est si courte chez les très jeunes sujets qu'elle peut passer derrière le ligament transverse sans le rompre.

Ashburst[l) a réuni douze cas de luxation atloïdo-axoîdienne ; dans quatre cas la lésion était due à une chute sur la tête; dans deux cas, à la pendaison ; dans un cas, à la chute d'un corps lourd sur la tète ; dans un cas, à des coups sur la nuque; dans un ca2, à l'action musculaire.

On observe également dea luxations atloîdo* axotdiennes spontanées.

La mort n'est immédiate que si le déplacement est assez considérable pour déterminer l'écrasement ou une compression considérable de la moelle contre l'apophyse odontoïde; dans le cas contraire la vie peut se prolonger et même le patient guérir.

La luxation en avant de l'axû sur la troisième vertèbre cenicak non compliquée de fracture est eitrâmementraie;Je n'en al pu réunir que deux cas; la rareté de l'observatiou de ces lésions tient peut-être à la soudaineté delà mort; la moelle est en effet écrasée ou du moins violemment comprimée au-dessus de l'origine des nerfs phrëniques.

Les luxations des cinq demiéreivertibres ca-vieales s'observent assez fréquemment.

Snr 36 cas observai i Guy'» Hotplul, 1 1 AUient des eu de luxation simple et !5 de luiitiona compliquées de friclurea. Uana cinq cai li pxralyiie n'appsrat que secomltirenient. Lx mort lurrtnt généralement dans les tingt-quxtre ou soixante- dame beurei dans la cas OÙ 11 parapléBÎe aviit itilvi l'iccident.

La figure 1949 montre bien le déplacement des vertèbres dans ce genre de luxations.

(t) AsbhurBt, Neui Syd. iot. l'eor SooA, 1S58, p.437.

Cannas.

Les luxations des vertèbres sont généralement la suite de flexions forcées du cou surla poitrine ; elles peuvent être dues aussi à un coup sur la nuque. La mobilité des vertèbres cervicales, l'obliquité de leurs apophfses articulaires et la direction presque horizontale de leurs apophyses épineuses sont des causes prédisposantes des luxations de ces vertèbres, et expUquent aussi

Fig. 1S49. — LuxaUoi) de la quatrième vertèbre cervicale sur la cinquième.

pourquoi elles sont souvent non compliquées de fractures. La fracture du sternum est assez souvent associée aux luxations des vertèbres.

Symptômes.

Les luxations des vertèbres donnent lieu k une déformation caractéristique. Cette déformation varie naturellement avec la direction et l'étendue du déplacement. Mais en général l'oa déplacé, conjointement avec les autres vertèbres qui le surmontent, est porté en avant. Souvent l'apophjse épineuse de la vertèbre luxée est séparée de l'apophyse située au-dessous par une distance de 1 à 2 pouces ; on trouve donc en ce point une dépression. La télé est généralement projetée en avant; la mobilité des arliculalions vertébrales intéressées est plus ou moins perdue et toute tentative de mouvement détermine de la douleur. La mobilité qui persisle dans certaines articulations permet de conclure à la non-luxalion des vertèbres correspondantes; ainsi les mouvements de flexion et de rotation de la tête indiquent que la luxation ne siège pas dans l'articulaUon atloido-axoïdienne, mais un peu plus bas. On peut aussi parfois constater par le pharjnx la saillie qu'; fait le corps des verlèbrea

JOHN LIDELL. — RÉGION DORSALE, COLONNE VERTÉBRALE» ETC

luxées. Un certain degré de mobilité anormale et surtout la crépitation rendront évidente Texistence d'une fracture. Si la moelle n'est ni comprimée ni lésée d'aucune manière, la paralysie fera tout d'abord défaut, et on n'observera aucun symptôme subjectif, sauf l'immobilité des articulations disjointes et la douleur. Mais la paralysie peut apparaître consécutivement et déterminer la mort. Quand la moelle est endommagée on observe de la paralysie dès le début. Finalement, si la moelle est écrasée ou fortement comprimée à la partie moyenne ou inférieure de la région cervicale, tout le corps sera paralysé sauf la tète et le cou ; on observera du priapisme, de la rétention d'urine et des matières fécales, de l'injection de la face, une ehaleur mordicante, la respiration diaphragmatique, de la dyspnée et bientôt la mort se produira par asphyxie. Dans ces cas la paralysie n'a pas de valeur diagnostique, puisqu'elle peut être la conséquence de la contusion delà moelle,d'un épanchement sanguin ou de l'inflammation, aussi bien que celle du déplacement. On ne peut jamais affirmer l'absence de fracture pendant la vie, quoique les fractures des vertèbres peuvent ne s'accompagner ni de mobilité anormale, ni de crépitation. Ce défaut de précision du diagnostic n'a d'ailleurs pas d'importance pia tique.

Pronostio.

Ce qui fait le danger spécial des luxations des ▼ertèbres, c'est la paralysie spinale. Les luxations des vertèbres cervicales sont plus dangereuses que celles des vertèbres dorsales et lombaires à cause de la paralysie possible des muscles respirateurs. Quand la moelle est écrasée ou fortement comprimée au-dessus de la troisième vertèbre cervicale, la mort est instantanée par suite de la paralysie des deux phréniques, des quatre thoraciques et des branches respiratoires des nerfs intercostaux. Quand la lésion se produit au-dessous de l'origine des phréniques et des longs thoraciques, la mort est un peu différée, la respiration étant maintenue par l'action du grand dentelé et du diaphragme.

Dans les cas de luxation ou de fracture de la colonne vertébrale au-dessus de la troisième vertèbre cervicale la mort est souvent instantanée. Quand la lésion siège au-dessus de la troisième vertèbre cervicale et au-dessus de la première dorsale, la vie se prolonge rarement plus de soixante-douze heures et en général pas plus de quarante-huit heures. En somme, plus le siège de la lésion est rapproché du centre res-

piratoire, plus la vie est menacée. Quand il ne se produit pas de paralysie, la guérison est habituelle, les luxations des vertèbres sans lésion de la moelle n'étant pas plus dangereuses que celles des autres os de même dimension. Il ne faut pas oublier pourtant que la paralysie peut survenir au bout de quelques heures par suite d'un déplacement nouveau, d'un épanchement sanguin ou de l'inflammation traumatique de la moelle ou de ses enveloppes. Certains symptômes sont d'un pronostic fâcheux : l'augmentatioQ ou l'extension de la paralysie, la dysphagie, la dyspnée, l'injection de la face et la modification de la température.

La cause prochaine de la mort dans les cas de fracture ou de luxation des vertèbres cervicales infàrieures est la propagation de bas en haut d'un processus morbide ayant pris naissance an siège primitif de la lésion, processus tel qu'on épanchement sanguin, une méningite spinale, une myélite traumatique.

Traitement.

Nous avons vu que dans les luxations simples le disque intervertébral est déchiré et les vertèbres supérieures sont portées en avant des inférieures; dans les luxations, compliquées de fractures, des cinq ou six dernières cervicales, le disque intervertébral est également déchiré et la vertèbre supérieure portée en avant de l'inférieure; la fracture siège généralement sur l'apophyse épineuse, les lames ou les pédicules de la vertèbre, et non sur le corps. Le déplacement étant le même dans les deux cas, le traitement sera identique.

Ce n'est pas la lésion subie par les vertèbres elles-mêmes qui fait la gravité de ces accidents; c'est le déplacement des os, l'épanchementsan* guin et l'inflammation consécutive.

Le premier soin à prendre quand on a A transporter un sujet qui vient de se briser ou de se luxer la colonne vertébrale, c'est de ne pas augmenter le mal ; il faut faire garder au blessé l'immobilité la plus complète. Le chirurgien doit-il chercher à réduire la luution? Les avis sont partagés sur ce point, qui est le plus important du traitement. Erichsea dit que la réduction a réussi assez souvent pour être pratiquée quand le danger est imminent (1). Dupuytren au contraire affirmait que ces tentatives étaient très dangereuses. La statistique d'Ashhurst présente d'autre part des résultats

(1) Eriohsen, Science and art of suv^er^^ p. 29S.

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