LUXATIONS DES VERTÈBRES CERVICALES. - SYMPTOMES ET MARCHE
favorables àTintenrention chirurgicale. Il semble donc qu*on doive y avoir, recours chaque fois que les fonctions de la moelle sont troublées. Porta conclut de l'analyse de 27 cas que la première indication du traitement des luxations vertébrales, comme celui de toutes les autres luxations, est de les réduire. Bryant recommande également cette pratique. La meilleure méthode pour effectuer la réduction est de faire faire par des aides l'extension et la contre-extension, pendant que le chirurgien cherche à remettre les os dans leurs rapports. Généralement il faudra mettre les muscles dans le relâchement au moyen de Tanesthésie. Quand le déplacement tend à se reproduire, Textension doit être continuée pendant quelques jours au moyen d'un poids de 3 livres environ. C'est grâce à ce moyen qu'un malade de Malgaigne (1) guérit Le D' Landon Carter Gray, de Brooklyn, a publié un cas heureux de réduction de la troisième vertèbre cervicale au bout de quatre mois (2). Nous devons encore mentionner plusieurs cas de luxation symétrique des vertèbres cervicales soumises avec succès à la réduction :
1° Le D' James Wood (3) a publié un cas de luxation partielle d'une vertèbre cervicale chez un enfant : réduction, guérison (Ashhurst).
2** Un marin, de quarante-six ans, fit une chute sur le côté droit de la tète et se luxa la cinquième et la sixième vertèbre cervicale. Douleur, crépitation et paralysie partielle. La luxation fut réduite au moyen de Textension et de la rotation, et la paral/ûe disparut aussitôt (Ashhurst) (4).
3^ Un soldat, en tombant de cheval, se luxa une cervicale ; de la mobilité de la tète fut constatée. On fit la réduction <5).
4* Un enfant, en sautant sur le dos d*nn de ses camarades, lui luxa la troisième et la quatrième vertèbre cervicale. Pas de paralysie. On fit la réduction (6).
S^ Le D' FlQgel rapporte (7) Tobservation d'une subluxation des vertèbres cervicales réduite avec succès.
Mais voici peut-être le cas le plus remarquable constaté par Hickermann :
Chez une petite fille la vertèbre faisait une saillie «nr la paroi postérieure du pharynx; la respiration ^tait presque suspendue, ainsi que Faction du cœur. Il
(1) Malgaigne, Traité des fractures et des luxations, Paris, 1847-18547 avec atlas.
(2) Gray, Annnls of Anat, and Surg,, fév. 188) ; Am, Joum, med, 5C., avril 1882, pp. 590, 591.
(3) Gross, System of surgery^ vol. II.
(4) Eve, Surgical cases,
(5) Journal de Desauit^ t. III.
(6) Journal de chirurgie^ 1822, t. III.
(7) Flûgel, Wiener med. Halte, 1864, p. 147.
fit Textension en saisissant la tète de Tenfant sous son bras gauche, tandis qu*au moyen de l'index de la main droite il exerçait une pression sur l'os au fond du pharynx. Au bout d*une minute Tos reprit sa place, et immédiatement la respiration redevint normale. La guérison fut complète (1).
Les résultats fournispar les tableaux d'Ashhurst font contraste avec ces heureux résultats; dans ces tableaux, il n'estpas fait mention d'un seul cas de luxation bilatérale ou symétrique d*une vertèbre cervicale, accompagnée de paraplégie par compression, qui ait guéri par l'expectation, ou môme dans lequel la mort ait été longtemps différée.
Malheureusement la réduction est ordinairement difficile et quelquefois presque impossible.
La seconde indication consiste à modérer la réaction inflammatoire et à l'empôcher de se propager aux méninges et à la moelle ellemême. On maintiendra la colonne dans Tim mobilité la plus absolue au moyen de sacs de sable placés de chaque côté de la tête et du cou. Il faudra alimenter le malade sans lui faire remuer la tôle. On évitera les eschares au moven du matelas d*eau, on soulèvera le malade au moins deux fois par jour, etc.