‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 5 sur 638 · ÉPANCHEMENTS DE SANG. — CÉPHALÉMATOMES · texte numérisé non relu

ÉPANCHEMENTS DE SANG. — CÉPHALÉMATOMES

Traitement.

1^ repos, car il peut survenir des complications cérébrales ; le froid, des lotions réfrigérantes, comme un mélange d'eau et d'alcool, ou le muriate d'ammoniaque en solution — ou même une vessie de glace pilée, si Tépanchement a une tendance à s'étendre ou est animé de battements — et la précaution de maintenir l'intestin libre, tels sont les moyens qui suffisent ample- '

ment dans la majorité des cas. S'il survient de la suppuration, le traitement doit être celui d'un abcès dans n'importe quelle autre région. S'il se forme un anévrysme traumatique, il faut recourir à la compression ou à l'acupressure du vaisseau. L'érysipèle, la commotion du cerveau, la contusion de l'os et la pyoémie seront étudiés à propos des plaies du cuir chevelu (1). Les névralgies doivent être traitées d'après les règles ordinaires, ou par l'excision de la cicatrice, si elles se montrent rebelles.

ÉPANCHEMENTS DE SANG

Ils peuvent se produire : P dans le tissu souscutané dense, où le sang forme une bosse dure, résistante ; 2<> dans le tissu cellulaire sous-aponévrotique, sous forme (a) circonscrite, ou (6) ditfuse, en déterminant quelquefois une tuméfaction d'une étendue considérable, qui donne une sensation de crépitation sous la pression du doigt ; et 3** sous le péricrâne. Dans les deux derniers points, ces collections prennent le nom de eéphalématomes, La nature du contenu varie avec l'époque à laquelle on l'examine après l'accident. Le sang peut être « artériel ou veineux, dans un état plus ou moins liquide; ou se présenter sous forme d'un liquide épais, vis- <iaeax, d'une couleur foncée, bistre ; d'une sérosité sanguinolente avec des caillots ; ou de sérosité pure (1). » La paroi de la cavité, primitivement formée par la condensation des tissus environnants, finit par se tapisser d'une membrane sécrétante, ressemblant à une séreuse. Quelquefois le sac est tapissé de « fibrine » (lymphe?) présentant l'aspect qu'on observe dans un anévrysme en voie d'oblitération ou dans une bourse séreuse solidifiée (2).

CÉPHALÉMATOMES.

Certains exemples de ce que l'on appelle le caput succedaneum des nouveau-nés, résultant d'un travail prolongé ou de l'application des instruments, sont exclusivement ou principalement constitués par du sang, bien qu'en raison de leur disparition rapide la majorité paraissent, à coup sûr, être dus seulement à un épanchemeot séreux. Le céphalématome est ordinairement considéré comme sous-aponévroti-

(1) Hewett, Holmeis System of surgery^ 3d éd., voL I, p. 574.

7) Voir Hewett, ibid, ; voir aussi vol. III, p. 111, de cette Encyclopédie.

que, mais Agnew pense que c'est là une erreur, et il est d'avis que, le plus souvent, la tumeur est simplement sous-cutanée. Quand ces tuméfactions, dues au sang épanché, sont diffuses à leur origine, elles doivent certainement appartenir à la variété sous-aponévrotique ; mais, quand elles sont circonscrites dès le début, elles peuvent être ou sous-cutanées ou sous-péricrftniennes.

Les céphalématomes sous-aponévrotiques se présentent sous la forme d'une tumeur molle, fluctuante, ordinairement située sur une des bosses pariétales (2). Les bords de la tuméfaction sont un peu indurés. Bien que considérés comme se présentant presque exclusivement chez les nouveau-nés, ces céphalématomes s'observent, d'après Gant, fréquemment chez les enfants plus âgés à la suite de chutes ou de coups (3). J'en ai vu moi-même un très volumineux sur la tête d'un enfant de treize ans.

Les céphalématomes sous-péricràniens sont fort rares : d'après Vogel, on n'en trouverait qu'un ou deux cas sur mille naissances. Ils sont plus communs chez les enfants de primipares, et, d'après Bouchard, affectent les garçons de préférence aux filles, dans la proportion de 34 à 9 (4). Situés d'ordinaire sur l'un ou l'autre des os pariétaux, ils sont assez fréquemment multiples. Ils sont habituellement d'un petit volume, dépassant rarement celui d'une noix. Une particularité caractéristique, résultant de l'adhérence plus marquée du périoste au niveau

(1) Voir page 8.

(2) Bryant rapporte un fait de céphalématome volumineux de la région occipiule {Manualfor thePractice ofsurgery, 3d éd., p. 154).

(3) Gant, Science and practice oj surgery, vol. Il, p. 147.

(4) Ericlisen, Science and art of surgery^ vol J, p. 529.

CHARLES B. NANCREDË. — LÉSIONS TRAUBIATIQUES DE LA TÉTË.

des sutures que partout ailleurs, c'est que ces tumeurs sont toujours limitées à un seul os et ne dépassent jamais une suture. Bien qu'on les regarde d'ordinaire comme se montrant exclusivement chez les nouveau-nés, ainsi que l'indiquent les termes de céphalématome des nouveau-nés, et de thrombus des nouveau-nés, Gant rapporte le fait d'un enfant de cinq ans, chez lequel il se forma, à la suite d'un coup reçu surl'éminence frontale droite, une tumeur sanguine, qui présentait tous les caractères d'un épanchement sous le péricrâne.

Symptômes.

Les symptômes caractéristiques de la lésion sont sujets à être masqués par le gonflement œdémateux du cuir chevelu qui la recouvre, pendant les premiers jours qui suivent la naissance ; mais, du quatrième au sixième jour, on peut aisément reconnaître une tuméfaction molle, circonscrite, fluctuante, limitée à un seul os — ordinairement le pariétal droit, — tandis que le cuir chevelu placé au-dessus ne présente pas de changements de couleur. Le centre est mou, tandis que la circonférence est dure et donne très exactement la sensation d'un rel)ord osseux entourant une fracture avec enfoncement. Il ne se manifeste pas, toutefois, de symptômes cérébraux quand on exerce une forte pression sur la partie enfoncée, et, dans cette même manœuvre, le doigt peut souvent reconnaître que l'os est sain et sans enfoncement.

Valleix (1), étudiant l'anatomie pathologique de cette affection, a montré que le bord dur, cratériforme, est dû à la formation de matière plastique et osseuse entre le péricrâne et l'os, et que, du côté de la cavité, il présente des parois abruptes, presque perpendiculaires, tandis que la surface externe de l'anneau s'abaisse lentement pour se mettre au niveau de l'os voisin.

I^ péricrâne est soulevé et détaché de l'os sousjacent parle sang épanché; ces deux tissus sont recouverts de matière plastique, muis d'ailleurs sains. Sir James Simpson a observé que parfois l'épanchement plastique qui tapisse la face inférieure du péricrâne s'ossifie, auquel cas la mince lamelle osseuse qui en résulte communique au doigt une sensation de crépitation.

Diagnostic.

Le diagnostic du céphalématome, tant général que différentiel, a été suffisamment indiqué dans les précédentes descriptions, sauf en ce qui a trait à la nécessité qui peut se présenter de distinguer entre le pus et le sang. Dans le premier cas, la collection se montre à une époque plus tardive que Tépanchement sanguin, et seulement après avoir été précédée de symptômes inflammatoires.

11 ne doit, en rien d'important, différer de celui qui a été conseillé pour les contusions du cuir chevelu. Si, comme cela arrive quelquefois, la tuméfaction persiste, ou même augmente, il peut être nécessaire de pratiquer l'aspiration ou une ponction valvulaire, après quoi il faut maintenir, au niveau du point tuméfié, pendant un temps considérable, une compression énergique. Quelquefois le sac se remplit à plusieurs reprises, ce qui oblige à des ponctions répétées. Si le liquide est séreux ou devient tel après plusieurs ponctions et tend à se reformer, on peut essayer une injection de teinture d'iode. S'il se forme du pus, soit spontanément, soit à la suite de tentatives destinées à évacuer l'épanchement, il faut ne pas hésiter à faire de larges incisions, qui devront être suivies de l'emploi d'injections et de pansements antiseptiques.

PLAIES DU CUIR CHEVELU

Elles peuvent être divisées en plaies par instruments tranchants, plaies par instruments piquants, plaies par instruments contondants, et plaies déchirées.

Les p/ate5 par instruments tranchants ne diffèrent sous aucun rapport de celles des autres régions (2).

(1) Valleix, Clinique des maladies des enfants nouveau-nés» Paris, 1838.

(2) Voy. Plaies, in Encylopédie de chirurgie, t. Il, p. 540.

Les plaies par instruments piquants sont plus sujettes à être suivies d'accidents, parce que le corps vulnérant traverse les différents plans de tissus constituant le cuir chevelu à des points qui ne correspondent pas, en raison de la facilité de glissement dont jouit l'aponévrose occipito-frontale, et par suite les épanchements qui se produisent, ne pouvant trouver issue, gagnent au loin, en déterminant l'inflammation la plus violente chez les individus adonnés à

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