CARIE ET NÉCROSE
*La carie et la nécrose de la colonne vertébrale sont fréquentes ; mais la carie est de beaucoup la plus fréquente. La grande proportion de tissu spongieux qui entre dans la composition des vertèbres explique la fréquence de la carie surtout des corps vertébraux. La nécrose d'autre part se rencontre principalement dans les segments postérieurs de l'épine, et quand elle occupe les parties antérieures de la colonne, elle atteint ordinairement des portions contenant beaucoup de tissu compact, principalement la première et la seconde vertèbre cervicale.
La carie de la colonne est exposée tout au long à propos du mal de Pott et du mal sousoccipital (4).
Les faits les plus communs de nécrose appartiennent également à ces affections ; nous n'avons ici à nous occuper que des cas de nécrose qui leur sont étrangers. Ces cas sont
(1) Voyei Mal de Pott.
rares et ont probablement toujours one «i*j gine traumatique. J'ai vu la nécrose de] sieurs apophyses épineuses succéder à ou lacération grave de la région dorsale tyioli à nu ces apophyses.
La nécrose peut encore être It sidli certaines fractures et luxations accoi d'écrasement comminutif des os.
Bickerstelh a publié le cas suivant:
Un homme de Tingt-deax aos avait reçtt ■> do feu dans le cou ; les cinquième et liiièiM bres cervicales avaient été atteintes. Aa beat é» qaes mois il fut pris de dysphagie et de pinln^'^ deux bras. La plaie était ouverte et on oonitt^*^ pharyngite Intense. Il expectora enfin deoi P^^jVl questres et un flbro-cartilage IntervertélinLIIP* parfaitement, conservant seulement un pit^""" du cou (1).
(1) Bickerstr \ Médical Times and GauHe,^^ 1862, p. 614.
ARTHRITE INTERVERTÉBRALE.
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ARTHRITE INTERVERTÉBRALE
On désigne ainsi non seulement l'inflammation des véritables articulations, mais encore celle des disques intervertébraux. Cette expression est trop générale pour trouver son application dans un traité d'un caractère plus clinique que pathologique. Il peut être avantageux au point de vue de la pathologie pour ranger toutes les formes d'arthrite vertébrale ensemble, mais ce serait créer une confusion au point de vue clinique et se mettre en opposition directe avec les notions communément admises sur les variétés des affections vertébrales.
Les articulations intervertébrales les plus ordinairement malades sont les axoîdo-atloîdiennes et les atloîdo-occipitales. Ces affections sont étudiées longuement au chapitre des affections de la région atlo*axoïdienne. Nous avons étudié à propos de la spondylite déformante une forme spéciale d'arthrite intervertébrale.
Les lésions principales des disques intervertébraux sont étudiées à propos du mal de Pott ; nous devons donc nous contenter ici d'appeler l'attention sur quelques traits particuliers et rares de l'arthrite intervertébrale qui ne trouvent leur place dans aucune des descriptions précitées. Ces lésions rares sont de deux sortes, et nous avons à mentionner : 1<* l'arthrite traumatique des articulations vraies de la colonne, et 2® certains cas particuliers de perforation d'un disque intervertébral.
I. La colonne vertébrale est fréquemment le siège de commotions et d'entorses, qui peuvent intéresser les articulations. Les traumatismes déterminent ordinairement de la synovite dans les articulations superficielles ; or rien dans la structure des articulations vertébrales ne peut les exempter de pareilles lésions. Je crois même que la synovite simple de certaines articulations vertébrales est commune après des contusions ou des tiraillements du dos, et que cette synovite explique les douleurs et la raideur prolongée qui persiste souvent après ces traumatismes et qui est ordinairement si bien localisée. 11 n'y a aucun motif pour supposer que cette synovite diffère des autres formes de synovite. Elle peut être aiguë ou chronique; elle peut se terminer par résolution ou suppurer. Je ne sache pas qu'on ait constaté la synovite
simple des articulations vertébrales ; mais on a rapporté nombre de cas de synovites suppurées consécutives à des traumatismes. Cette affection se révèle par une douleur locale prolongée, de la rigidité due à cette douleur et un certain degré de contracture musculaire. Je sais bien que ces symptômes peuvent se produire dans les cas de contusion, de dilacération des muscles et peut-être de torsion des ligaments, mais rien n'empêche de supposer que dans quelques cas ces symptômes peuvent être dus à une synovite intervertébrale. Shaw a établi que non seulement cette synovite pouvait se terminer par suppuration, mais que la collection purulente pouvait déterminer de la paralysie en comprimant les nerfs au moment où ils sortent des trous de conjugaison. De plus Tabcès articulaire peut s'ouvrir dans le canal rachidien et amener la paralysie et la mort (i). 2. John Ogle a publié deux cas remarquables de perforation d'un fibro-cartilage intervertébral ; dans chacun de ces cas la mort fut la conséquence d'une myélite consécutive.
Dans le premier cas il s'agit d'un homme de cinquante ans n'ayant présenté aucun symptôme spinal jusqu'à ce que, un jour, il avala un os de mouton qui se fixa dans son gosier. II le rendit, mais en toussant beaucoup et en rendant beaucoup de pus. Il ressentait de grandes douleurs dans le cou. Il finit par se paralyser, d'abord des membres supérieurs, puis des inférieurs, et baissa graduellement, la sensibilité ayant diminué quelques jours avant la mort. A l'autopsie on trouva un trou dans la paroi postérieure du gosier, qui conduisait directement à une perforation du fibrocartilage situé entre la quatrième et la cinquième cervicale. Cette perforation présentait l'apparence d'une ulcération et allait jusqu'au canal rachidien; la moelle et les méninges étaient enflammées (2).
Dans le second cas, il s'agissait d'une femme de cinquante-deux ans, qui présentait une inflammation post-pharyngienne avec une légère érosion de la surface du corps de certaines vertèbres cervicales. Elle mourut d'arachnitis spinale et l'autopsie révéla l'existence d'une perforation de l'un des fibro-cartilagos cervicaux qui s'ouvrait dans le canal rachidien (3).
(1) Holmes, System of surgery, 2« éd., vol. II, (î) Ogle, Path, Soc. Trans., vol. IV, 1853, p. 27. Og1e,/6tV/., vol. XV, 1S63, p. 1.
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