‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 520 sur 638 · MAL DE POTT · texte numérisé non relu

MAL DE POTT

Nomenclature.

il existe une afTection bien connue de la colonne vertébrale, commune surtout chez les jeunes sujets et marquée de certains traits généraux très bien définis. La colonne devient rigide et tend à prendre une courbure angulaire, il se forme un abcès présentant quelques particularités, de la paraplégie peut apparaître, et, à Tautopsie, on trouve les segments antérieurs de la colonne détruits sur une étendue plus ou moins grande. On a donné à cette affection des noms variés, et nous devons dire ici pourquoi nous avons choisi celui de mal de Pol^ Parmi ces noms nous mentionnerons celui de carie vertébrale, de (ti6ercuto.se vertébrale (Nélalon), d'arthrite vertébrale (Ripoll), d'o»téite, de déviatioîi angulaire de la colonne^ et de mal de Pott.

Le terme carie de la colonne est très bien défini, mais c*est justement cette précision qui nous le fait rejeter. 11 s*agit bien dans la majorité des cas d'une carie, mais on en connaît d'autres dans lesquels les os étaient intacts et où Taffection était limitée aux fibro-cartilages intervertébraux. D'autre part, toutes les caries vertébrales ne donnent pas lieu au syndrome clinique que nous avons esquissé plus haut, de telle façon que, si on conserve l'entité clinique dite mal de Pott, le terme carie osseuse est à la fois trop étroit et trop compréhensif.

Les désignations tuberculose vertébrale et arthrite vertébrale doivent être rejetées, parce qu'elles précisent trop dans un cas la nature du mal et dans l'autre son siège primitif.

L'expression ostéite vertébrale est au contraire trop générale pour exprimer les particularités cliniques de cette affection. L'inûammation des vertèbres est assez commune, mais c'est seulement dans un nombre de cas relativement petit que le processus inflammatoire conduit au mal de Pott.

Le terme déviation angulaire présente les plus graves objections; cette déviation n'est qu'un symptôme, et n'est pas même un symptôme constant.

Au contraire l'expression mal de Pott est bien connue et a un sens clinique qui nous est familier; elle ne préjuge aucune opinion et peut être acceptée par les pathologistes les plus opposés de vue : elle n'a qu'une valeur clinique.

Enfin elle consacre le nom d'un homme qui le mérite bien pour avoir le premier jeté la lomiète sur cette affection et l'aToir soustraite toi mains des charlatans.

Étiologie.

Âge. — Le mal de Pott peut se produire à tout âge ; on l'a observé chez des nourrissons et chez des vieillards. Bryant (I) cite un exemple de mal de Pott in utero; les pièces sont conservées au musée de Guy's Hospital; on voit « les corps de trois ou quatre Tertèbres do^ sales réunis ensemble et formant une déviation angulaire. » Pourtant le mal de Pott est excessivement rare aux deux périodes extrêmes de la vie. 11 se rencontre surtout entre la première enfance et l'adolescence ; dans la grande majorité des cas il débute entre deux et dix ans. La mal commence quelquefois à l'âge adulte, mais cela est comparativement rare; le début chez des malades ayant dépassé la période moyenne de la vie est très rare. Le mal de Pott est donc avant tout une affection de l'enfance.

Sexe, — Le sexe parait n'avoir que peu oa pas d'influence sur la production de cette affection. Beaucoup d'auteurs ont affirmé — su^ tout ceux qui soutiennent l'origine traumatique du mal de Pott — qu'il était plus commun chei les garçons que chez les filles. Ma propre expérience me ferait croire qu'il est également commun dans les deux sexes, mais la statistique de Fisher (2) indique un plus grand nombre de cas chez les filles. Cette statistique est probablement la meilleure de celles qui ont été publiées. Sur 500 cas traités au National Orthopœdic hospital 26 1 furent observés sur des filles et 239 sur des garçons. Si on tient compte de la prédominance des filles sur les garçons dans U population générale, on voit que le mal de Pott est probablement également commun dans les deux sexes ; on voit en tous cas qu'il n'atteint pas surtout les garçons, comme on l'a dit

Constitution, — Le mal de Pott se rencontre habituellement chez des enfants d'ailleurs mal portants, surtout chez les scrofuieux. Ce point

(1) Bryant, Manual fur the practice of iurgery, toI I, 2« éd.. p. 278.

(2) Fisher, Es^ays on the tr^atment of defàrmiti» ofthe Oody, p. U. London, 1879.

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