‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 521 sur 638 · MAL DE POTT. — ÉTIOLOGIE · texte numérisé non relu

MAL DE POTT. — ÉTIOLOGIE

a donné lieu à beaucoup de discussions, et, tandis que les uns ont attribué tous les cas directement à la scrofule, d'autres ont soutenu que cette diathèse ne jouait aucun rôle dans la production de l'affection. Ces divergences de Tue s'expliquent par les différentes opinions qui régnent sur la nature de la scrofule. Ceux qui s'attendent à trouver dans chaque enfant atteint de mal de Pott une physionomie spéciale, de l'adénopathie ou des tubercules, sont certainement désappointés. La scrofule, comme j*ai essayé de le montrer dans un travail récent (1), est ayant tout une tendance à une forme particulière d'inflammation chronique. Je parlerai plus tard du caractère de cette inflammation. Cette diathèse est plutôt caractérisée par certaines tendances morbides des tissus que par certains traits particuliers. La preuve que le mal de Pott se rencontre surtout chez les strumeux« c'est que très souvent les parents du malade présentent des affections nettement scrofuleuses; dans bien des cas il y a de la phthisie ou de la tuberculose dans la famille. Souvent le malade présente des traces de scrofule, des catarrhes chroniques, certaines dermatoses, des adénopathies. Le mal de Pott peut être contemporain, précédé ou suivi d'une tumeur blanche, d'une carie ou d'une nécrose. En Un les lésions des vertèbres sont souvent identiques avec cdles qu'on rencontre dans les affections reconnues comme scrofuleuses. Certains auteurs /M sont refusés à ranger le mal de Pott parmi 'îIm affections strumeuses, parce qu'un grand lombre de malades ne présentent en môme .iHnps ni adénopathies, ni aucune autre trace bA scrofule. Chez quelques-uns on trouve cette Hplncidence, mais non chez la majorité; ce fait ^sxplîque par l'antagonisme qui parait exister ^tre les diverses affections strumeuses, et qui Pt permet pas l'apparition sur le même malade ^ en même temps de plus d'une des grandes ^miifestations de la diathèse. J'ai dans mon Hi?ail essayé de démontrer cet antagonisme. ktnsi, bien que je sois loin de vouloir faire des ^jets atteints de mal de Pott des scrofuleux, je Juliens que la majorité de ces malades pré- ^ntent des signes de scrofule. J'ai vu un certain ^mbre d'enfants paraissant très bien portants ^t. ii*ayant aucun antécédent diathésique, mais ^8 cas sont exceptionnels. Enfin le mal de Pott '^t plus commun dans la classe pauvre que

(1) Trêves, Scrofula and ils gland dUenses, London, . Voir aussi Tarticle ScROKULBdans Holmes, S^s^ turgery^ 3« éd. Londres, 1882.

dans la classe aisée, et se rencontre surtout au milieu des conditions générales qui favorisent la production de la scrofule. Quelques rares auteurs ont soutenu que la déviation angulaire pouvait être due au rhumatisme ou à la goutte, mais cette assertion est dénuée de fondement. C'est avec moins dé raison encore qu'on a rangé la masturbation au nombre des causes de cette affection (i).

Traumatismes. — On ne peut douter que les traumalismes ne jouent un rôle important dans l'étiologie du mal de Pott. Quand le mal survient chez des enfants robustes et sains, c'est à ce genre de causes qu'il faut le rapporter. Dans ces cas, et surtout chez les adultes en parfaite santé, il est rare que le mal ne puisse être attribué à un traumatisme direct et grave. La fréquence avec laquelle les lésions commencent à la jonction d'une vertèbre et d'un fibro- cartilage interarticulaire confirme cette théorie ; on sait en effet que le point de jonction d'un segment rigide avec un segment élastique d'une colonne constitue un point faible. En admettant donc que dans certains cas le mal de Pott puisse reconnaître une origine traumatique, je ne crois pas que la majorité des chirurgiens soit disposée à aller plus loin et à affirmer, avec Sayre, que cette affection est presque toujours, sinon toujours, produite par quelque traumatisme ayant atteint l'os ou le cartilage (2). 11 y a bien peu d'enfants qui atteignent l'âge de cinq ans sans avoir reçu un traumatisme direct ou indirect dans la région dorsale. Certes, si on veut admettre l'origine traumatique du mal de Pott, on ne manquera pas de faits pour soutenir cette opinion. Mais tout est dans la valeur de ces faits. U faudrait alors expliquer pourquoi l'an'ection n'est pas plus commune, et pourquoi elle apparaît chez l'un et non chez l'autre. Sur un enfant scrofuleux ou prédisposé aux inflammations chroniques, un traumatisme très léger peut déterminer la carie vertébrale. Cette carie estelle essentielle ou non, il est difficile de le dire et plus encore de le prouver. De plus, doit-on considérer comme traumatisme l'exercice anormal de la colonne ou encore la disproportion pouvant exister entre la résistance de celle colonne et le poids qu'elle a à supporter, ou bien encore une compression exagérée exercée sur quelque partie de l'épine dorsale? Enfin, si

(1) Voir Chelius, Surgery^ édit. de South, vol. I, p. 280.

(2) Sayre, Spinal diseases and spinal curvaiurc, p. 2. Londres, 1877.

Page 1