MAL DE POTT. — SYMPTOMES
le développement d'une grande quantité de tissu fibreux dans les parties molles voisines. Ces parties en se réunissant aux vestiges de la paroi de l'abcès prêtent à la colonne un appui très solide.
Outre ces moyens d'immobilisation de la colonne, des stalactites osseuses provenant des vertèbres situées au-dessus et au-dessous dB la lacune peuvent être jetées au-dessus d'elle comme l^des ponts, lesquels constituent] parfois une ankylose vraie, ou bien s'enchevêtrent simplement. C'est surtout sur les parties latérales des corps vertébraux que ces masses osseuses se produisent; elles semblent quelquefois dériver du ligament commun antérieur.
Quand la perte de substance est limitée à une pure érosion de la surface de l'os, ce qui manque est remplacé par du tissu fibreux; pourtant Follin et Duplay affirment que l'excavation peut être recouverte par une [plaque osseuse formée aux dépens de l'os sain adjacent et du périoste (1).
Quand les disques intervertébraux seuls sont détruits, et dans quelques cas, quand la perte de substance est très limitée, les vertèbres situées au-dessus et au-dessous de la lacune se réunissent par anicylose vraie centrale, en outre des stalactites osseuses périphériques. Michel (2) cite un cas dans lequel les fibro-cartilages de toutes les vertèbres cervicales inférieures avaient disparu, et où les corps vertébraux s'étaient fusionnés ensemble au moyen d'un os solide et irrégulier de formation nouvelle.
S'il s'est produit des séquestres, ils peuvent être éliminés, ou bien s'ils restent en place, ils s'ankylosent en général. Le tissu dans lequel ils sont emprisonnés peut être de nature fibreuse ou osseuse; mais il est plus souvent fibreux. Cloquet (3) rapporte un cas dans lequel les deux dernières vertèbres dorsales elles deux premières lombaires étaient nécrosées, en masse en apparence; le séquestre tout entier était cependant solidement enfermé dans un kyste osseux solide, fusiforme. C'est par là que la solidité de la colonne avait été maintenue.
Rappelons aussi que plus la maladie a duré, moins la colonne vertébrale trouve de soutien dans les. muscles spinaux. Ces muscles inactifs finissent par subir une dégénérescence, et par leur débilité ajoutent une nouvelle cause de faiblesse à la colonne déjà peu solide.
(1) Follin et Duplay, op, cit., t. III, p. 666.
(2) Michel, loc. cit., p. 478.
(3) Cloquet, Gaz. des hôp.^ 1858, p. 108.
Ssnnptômes.
Les symptômes du mal de Pott varient considérablement, soit au point de vue de leur fréquence comparative, soit à celui de leur intensité. Ils varient aussi au point de vue de l'ordre et du moment de leur apparition et sont naturellement iuQuencés par le siège du mal.