‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 53 sur 638 · CONTRE-INDICATIONS DE LA TRÉPANATION · texte numérisé non relu

CONTRE-INDICATIONS DE LA TRÉPANATION

aiec un peu de soîn, même quand le malade est couché. Il s'agit ensuite, et c'est là le faille plus important, de décou?rir le bregma. Sou- Tent on peut le sentir très bien k travers les tègumentSy mais il y a deux procédés qui ren-

fig. I&I4. — Êquerre flexible de Broca (d'après Luca»

Championnière).

dent sa détermination certaine. Le plus exact consiste à employer Téquerre flexible de Broca (fig. 1314). Cet instrument, destiné aux mensurations du crâne, est une équerre formée par deux lames d'acier souples. Au sommet de Té-

Tig. 1515. — Éqoerre flexible en place (d'après Lacas-Championnière) .

faerre et un peu en arrière est une petite tige de bois perpendiculaire et bien mousse, destinée à être introduite dans le conduit externe poche. La branche horizontale de Téquerre ot placée sous la sous-cloison (fig. 1515). La

branche verticale repliée sur le sommet du crftne indique le plan auriculo-bregmatlquc ; le bregma est marqué par le bord postérieur de cette branche. D'après Broca, le bregma doit être pris en avant de l'équerre, mais M. Lucas-Championnière s^est assuré que ce point est situé trop en avant. Une méthode aisée pour découvrir le bregma et qui a été imaginée par ce dernier auteur se trouve représentée dans la figure 1516. On prend une feuille de carton que l'on échancre de façon à la mettre k cheval sur la tète. On traverse ce carton par une tige horizontale (un crayon) k la hauteur de l'œil. Ce crayon, perpendiculaire à la feuille, doit avoir la direction du regard horizontal (c'est-à dire une direction parallèle au plan alyéolo-condylien dans la position donnée dès le début à la tête) et la feuille de carton à cheval

Fig. 1516. — Tôte rasée; le regard est horizontal; un carton échancre est à cheval, suivant le plan bi-auriculaire (d'après Lucas-Championnière).

sur la tête être bien en face des deux conduits auditifs et au sommet de la tète. Le point noir marqué sous le milieu du carton dans la figure correspond au bregma.

Après avoir déterminé ce point essentiel, mesurez en arrière 5 centimètres et demi chez l'homme, ou 5 centimètres chez la femme (BR, fig. 1517), pour obtenir l'extrémité supérieure du sillon de Rolando (1). Puis, sur une ligne horizontale menée à partir et en arrière de l'apophyse orbitaire externe AOE, au point où la base de cette apophyse se recourbe et se relève pour se continuer avec la crête temporale de l'os frontal, prenezune longueur de7 centimètres (AOE-A). Du point A, terminant cette ligne, élevez une perpendiculaire A R', longue de 3 centimètres ; celle-ci détermine un point R' vers

(1) Broca, Seguin, et la plupart des auteurs disent seulement 5 centimètres ; mais Lucas-Championnièro déclare que ce n'est pas assez.

CHARLES B. NANCBEDE. — LÉSIONS THAUHATEQUES DE LA TÊTE

l'eitrémité inrérieure du sîUon de Rolando (<). pas tout à fait au bout de ce sillon. En réunissant par une ligne les deux points H et R', on obtient la situation de l'ensemble du sillon avec une exactitude suffisante. Cette ligne doit être tracée nettement sur le crtoe rasé, avec an crajon d'aniline ou avec de la teinture d'iode. Alors même qu'il existe un cedème marqué, une pression soulenue avec le doigt fera aisément reconnaître le point osseux désiré. Comme il Taut employer une large couronne de trépan pour toutes tes opérations où l'on se propose de mettre à nu séparément les différents centres

nerveux d'après les règles de la topographie cérébrale, un peu d'inexactitude dans les naensnralions — inexactitude peut-être inévitable — ne saurait avoir une grande importance.

Pour conclure, je ferai remarquer que tonte cette question des localisations cérébrales est encore dans l'enfance ; que ce qui en a été dit doit être considéré comme provisoire ; mais que, grflce à la lumière déjà faite, quelques clii* rurgiens ont réussi dans des opérations, où Ha étaient guidés exclusivement parla topographie cérébrale, tandis qu'un plus grand nombre se sont laissé guider en partie par elle ; et que dus

Fig. lâlT. — DUgramme moTitrant la localjaation des dilKreiiu centras moleurt et la détarmioatlaii d« la ligne de Holando. — Leg and arm, jambe et bras ; arm, bru. (Hadiftcatlon d'une flgare de Lncaa-Cfaai»-

pionoière.)

le passé on a repoussé, et qu'on repoussera en- ■ connaissance des localisations cérébrales peut core plus dans l'avenir des opérations dont la I démontrer l'inutilité.

TREPANATION

Il est de la plus haute importance de déterminer avec certitude le danger inhérent à l'opération elle-même. Pour cela, il est inutile de se reporter, ainsi qu'on le fait habituellement, aux statistiques ordinaires, comme celles de Friti, 53.98 p. 100 de mortalité ; de PirogoflT, 60 à 70 p. 100 ; de Le Fort, 56.22 p. IIW; d'Olis, 96 p. 100 ; de Bluhm, »l.2Sp. IOO;et de Kermann, 46 p. 100. La raison de celte déclaralion catégorique, c'est que, suivant la remarque faite par W.-J. Walsham dans son admirable

mémoire sur les dangers de la trépanation, Fanalyse des faits montre que fort souvent la mort a été due à des lésions autres que celles de la télé, comme une rupture de la veine rénale, dn foie, etc. D'autres fois, l'examen nécroscoplqm a fait voir que la mort avait été déterminée, non point par l'opération, mais par les lésions pour lesquelles la trépanation avait été pratiquée. Dans quelques faits, qui ont été cités de seconde ou de troisième main, on ne pratiqua point ta trépanation, mais on se contenta de relever les

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