TRAITEMENT LOCAL
Beaucoup d'opinions contradictoires ont été émises à ce sujet. Voici, d'après Fisher, quelles sont les indications : il faut d'abord immobiliser les os malades, les soutenir, ensuite obtenir le relâchement de la contracture, enfin remettre la colonne, autant que possible, dans son état normal (1). 11 ne faut pas prendre ici le mot normal dans son acception ordinaire. Ce qu'on doit chercher, c'esl la consolidation de la colonne. La disparition de la déviation doit toujours être une considération secondaire. Un certain degré de déviation est nécessaire à la guérison, et aucun traitement ne serait plus mauvais que celui qui se proposerait de la faire disparaître. Vouloir redresser la colonne est une manœuvre de rebouteur. Ces indications peuvent être remplies i® par la position couchée; 2° par certains moyens mécaniques, et 3° par l'application d'une cotte rigide pendant l'extension de la colonne (2).
1 . Le traitement du mal de Pott par le décubitus prolongé a une très grande valeur. Considéré en lui-même, abstraction faite de certaines difficultés et de certains inconvénients, c'est probablement de beaucoup le meilleur traitement. Dans la position couchée, la colonne est au repos, les muscles relâchés, les dangers de la pression des surfaces malades l'une contre l'autre sont écartés. Dans tous les cas aigus à marche rapide, ce traitement doit être sévèrement suivi, et on ne doit pas en mettre d'autres en usage. Dans d'autres cas il est bon de commencer par là avant d'employer les appareils. On fait coucher le malade sur un matelas dur, bien rembourré, la colonne aussi droite que possible, la tête, le tronc et les membres reposant sur le même plan. On ne doit permettre que les mouvements indispensables, et plus le cas est récent et aigu, plus le repos absolu est essentiel. Le repos dans la gouttière de Bonnet appropriée à cet usage (fig. 2019), qui permet les déplacements et même la promenade dans une voiture susceptible de contenir le malade et sa gouttière, a eu, d'après Saint-Germain (3), de grands avantages. Fisher a fait construire pour les enfants un lit spécial qui rend tout mouve-
(1) Op. cit., p. 18.
(2) Voir Lancet, fôv. 1878.
(3) Saint-Germain, Chirurgie orthopédique. Paris, 1883, p. 271.
736 FR. TREVES. — VICES DE CONFORMATION ET AFFBCT. DE LA. COLONNE VERT. [U
ment de la colonne presque impossible. L'appa- i reil américain pour les fractures du rémur chei les enranla peul également s'appliquer à ces cas- '
La durée du traitement dépend d'une foule de circonstances; elle doit être estimés par moi* pluldt que par semaines. Les objections à un dé-
Fig. 1019. — Gonttitoe de Bonnet, modiaûc.
cubitus si prolongé se présentent d'ailes- mêmes. Howard Harsb croît cependant les difBcultés parTaitement surmonlables (1).
2. Appareiis mécaniqua. On a imaginé un grand nombre d'appareils (2), auxquels on peut faire les objections suivantes : ils sont lourds, s'adaptent mal, et doivent être renouvelés à mesure quel'enfantgrandit. La plupart prennent
Fig. MÎO. — Cortets i tntenrs poitirleon.
laor point d'appui sur le bassin; mais le bassin d'un enfant offre une base trës petite et de plus instable. Les moins mauvais de ces appareils
(1) Howtnt Uirib, Trtalmtnl of tpinal carie» in Childhood. Brit. mtd. Journ., ni. U, p. T6S, I8S1.
(î) Voy. Gaujol, Aittnal de la chirurgie conitmporaine. Ptria, IB6T, I. I, p. 191.
sont ceux qui prennent leur point d'appui sur un large cercle rigide monté sur les hanches et le bassin. Le corps et la colonne sont supportés
Fig. tMi.
du ma]
par des montants qui viennent s'adapter aui aisselles et qui peuvent être allongés ou raccoa^ cis à volonté. C'est ainsi que Saint-Germain (1) recommande un corset à tuteurs postérienrt
(I) S«int-Germ*ln, Chirurgie orthopédique. Parit, I3S3, p. 373.