‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 537 sur 638 · MAL DE POTT. ~ TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MAL DE POTT. ~ TRAITEMENT

(Ag. S030). Ces appareils sont cependant un peu embarrassants.

Lo figure 2021 représente l'appareil de Tajlor, d'un usage très répandu en Amëriqae.

3° Justaucorps rigide. Le profeaaew Sajre a

produit une aorte de révolution dans le traitement du mal de Polt par l'introduction dans la pratique de aon justaucorps rigide, aujourd'hui bien connu. Cette méthode de traitement a tout d'abord été adoptée avec enthousiasme et cod-

Fif. 3023. — Saipaniion du mkltde pour l'ippllcation de l'ipp*reil plttré, d'iprès U inétbcKie de Styre.

sidérée comme une panacée pour tontes les dif- Tormltés du dos. Puis il s'est produit une certaine réaction, et aujourd'hui beaucoup de chinirgiens le rejettent. Comme sourent, la vérité est entre les deux eitrémes, et la méthode de Sayre est excellente, mais dans certains cas seule ment. On pratique l'extension en suspendant le sujet, et on applique à ce moment sur le tronc un justaucorps pUtré. On suspend le corps au moyen d'un collier passée sous le menton et l'occiput et de lanières passées sous les aisselles [fig. 2022). Au moyen de la suspension on rétablit dans une certaine mesure la rectitude de ta colonne. L'extension se Taisant par le poids du corps, elle est d'autant plus grande que le siège du mal est plus élevé, elle augmente aussi avec l'ftge du malade et le développement des membres inrérieurs ; elle est forlemeat influen- Eocycl. de clUmrgle.

cée par l'étendue du mal, la destruction des ligaments et le degré de la contraction musculaire. L'allongement du corps est loin d'être dd seulement à la séparation des parties au niveau du mai, mais il est dû en grande partie à l'effacement des courbures normales de la colonne. Le même allongement se produit chez l'individu sain suspendu selon la méthode de Sayre.

Le bu t de l'appareil pi Al ré est de fixer la colonne dans la position que la suspension lui a tail prendre, de procurer du repos aux parties, d'empêcher la pression réciproque de ces parties. C'est un appareil simple, peu coûteux, toi^ours prêt et léger ; on a beaucoup insisté sur le soulagement quil procure au malade.

Beaucoup d'objections ont pourtant été faites à la méthode de Sayre. On a dit qu'en écartant les parties malades les unes des autres on em- V. — 47

738 FR. TREVES. — VICES DE CONFORMATION ET AFFECT. DE LA COLONNE VERT. (5«)

pochait la guérison par ankylose. Mais Fécartement n*est pas tel, qu'on puisse produire une lacune entre ces parties; malheureusement on ne peut mesurer cet écart. On a dit que le justaucorps était impuissant à soutenir la colonne. Celte objection est surtout valable pour les enfants dont le bassin offre une base trop étroite pour pouvoir supporter la colonne; de plus, l'adhérence du justaucorps au thorax n*est pas suffisante pour soutenir le poids du corps. On suppose, dans cette façon de raisonner, que le justaucorps de Sayre supporte la colonne de la même façon que les béquilles des appareils ordinaires. Mais le rapprochement n'est pas juste; l'appareil de Sayre est plutôt comparable aux attelles qui entourent un membre fracturé.

Examinons un peu maintenant les détails du procédé de Sayre. Pour suspendre un enfant, le collier suffit ordinairement : chez les enfants d'un certain âge et les adultes il faut y associer les sangles axillaires. On a imaginé un collier doublé d'un coussinet à air pour rendre la suspension moins pénible, n faut d'ailleurs suivre les règles fixées par Fisher(t). 11 distingue trois degrés dans la suspension. Dans un premier degré les orteils du malade touchent encore le sol. C'est le degré extrême de l'extension, et jamais le malade ne doit être suspendu entièrement. Ce degré d'extension s'applique aux enfants audessous de i2 ans qui présentent une destruction limitée des vertèbres et aux enfants au-dessous de 5 ans plus malades. Dans le second degré l'avant-pied repose sur le sol, les talons ne sont éloignés du sol que de deux pouces. Ce degré convient dans les cas plus avancés, chez les enfants au-dessus de 12 ans et dans les cas graves chez ceux de moins de 5 ans. Dans le troisième degré les talons touchent le sol; il convient dans tous les cas chez les adultes, chez les enfants de plus de 12 ans, et dans les cas graves chez les sujets de 12 à 5 ans. Sayre dit qu'il faut suspendre le malade jusqu'à ce qu'il se trouve à son aise, et il conseille la suspension complète. Il est certain que souvent les malades éprouvent beaucoup de soulagement au moment de la suspension, mais celte sensation ne peut guère servir de base pour évaluer le degré de force à déployer. Quand le justaucorps plâtré a été appliqué, on couche le malade le plâtre étant encore humide. On peut également appliquer l'appareil plâtré, le malade étant couché, comme l'a conseillé Walter (2) ou dans l'exten-

(1) Fisher, op. cit^ p. 31.

(2) Voir British med, Joum,^ déc. 1878. Pour la

sion horizontale ou sur un plan incUaè. Je conseille fortement l'application du justaucorps le malade étant dans la pronation, et reKteoâoD étant obtenue au moyen d'un plan iocliaé. La pronation tend à diminuer la difformité.

Le justaucorps appliqué immédiatement sur la peau doit être tiré eu bas pendant l'application des bandes plâtrées : Sayre comolle dtk faire temporairement sur le périnée. Les iindes doivent être faites d'un tissu lâche comme la mousseline, et avoir 3 mètres de long rar 2 1/2 à 3 pouces de large. Sayre conseile d'intercaler aux tours de bandes quelques plaqœs d'étain, qui augmentent la rigidité da bandage sans en accroître beaucoup le poids. On insère au-dessous du justaucorps, à la partie inférieure de l'abdomen, un tampon conique, le bord mince tourné en bas ; on le retire ({aand l'appareil est sec, de façon à conserver un espace libre entre l'appareil et la peau. Quand il existe un abcès on fait une fenêtre (i).

L'appareil peut être gardé de un à trois mois. Sayre en a maintenu en place pendant une année entière. Mais des raisons d'hygiène élémentaire me font penser que trois mois est une limite extrême. On peut changer le jasUacorps sans enlever l'appareil, en en fixant un nouveau au bord inférieur du premier, pais en retirant celui-ci par en haut.

Cet appareil est contre-indiqué dans les cas récents ou aigus, quand il existe une complication cardiaque ou pulmonaire, chez les très jeunes enfants, bien que Golding Bird l'ait appliqué avec succès chez un enfant de moins ta an (2). On peut faire beaucoup d'objectioni i l'emploi du plâtre : il s'écaille et tombe, il us s'applique pas également, il est bord % ^ cache les parties et empêche souvent de eoos* tater les complications, l'apparition d'an abcès par exemple. Ces objections s'appliquent également à la chemise poro-plastique (04* ^^^'^ mais cette dernière a l'avantage d'être beaocoop

plus légère, plus solide et de s'appliquer P^^ vite. Âgne>v a proposé une chemise àtciitf^ demi-tanné qui ne me parait pas supérienreili chemise poro-plastique.

Le traitement du mal de Pott varie vkÊ^

méthode de Wiliett, voir Saint- Barihohmew't ^ Rep,, vol. XIV.

(!) Sayre, Spinal disease and spinal p. 19. London, 1877.

(2) Golding Bird, Ttans, Internat, med. Ct^ 1881, vol. IV, p. 161.

(3) L'tppareil, appliqué sur dei enfants ttkij^ peut peser de S à 6 livrea.

MAL SOOS-OCCIPITAL — ANATOHIE PATHOLOGIQUE.

siège du mal. Quand la cuie siège au-dessus de ta tioisiëme ou quatriËme dorsale, on peut appliquer l'appareil de Sayre. Mai» qu&nd elle siège au-dessus de la troisième dorsale, on ne peut en Taire usage. Dans ces cas il Tant fixer la tète, et tenir rigide et dans l'eitension la partie anpérieure de la colonne (flg. 202i]. L'appareil consiste essentiellement en une tige rigide de fer malléable ou d'acier, placée le long du dos et monlëe sur sa courbure et surmoiilanl Is tête. Au sommet de cette tige est fixé un appareil, qui maintient la tCte dans l'extension et la colonne au repos. Dans l'appareil de Sajre, la tète est pour aiosi dire suspendue, mais les moufe-

Rg. Î0Î3. — Cor»el

r«uira poropluilque, genre

menls de rotation ainsi qu'un léger mouvement de latéralité sont possibles. L'appareil de Fishar vaut mieux ; outre qu'il maintient la tête dans l'extension, il empêche par la rigidité tous les mouvements de la leie et de la colonne cerricale. Dans tous les cas la Uge verticale est fixée

en bas, soit à un appareil pl&tré de Sajre, soit à un corset poro-plailique.

TBAITEHEKT GËNÂBAL.

Le traitement général est celui de la scrofule.

Le traitement de l'abcèa a été exposé à l'article Abcès de cet ouvrage (<). Je conseille d'évacuer le pus au moyen d'un aspirateur le plus

Fig. 3024. — Appireil pour soutenir U ttte dans le eu da mil de Pott liégBtnt *u-des»UB de It troi> ilème darwle.

tat possible ; l'aspiration peut être pratiquée un grand nombre de fois. Quand la peau s'amincit el s'enflamme, il faut prévenir l'ouverture spontanée de l'abcès en l'ouvrant avec le bistouri : On fera des injections et des pansements antiseptiques.

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