MAL SOUS-OCCIPITAL
Bien que ne différant pas au point de vue pathologique des affections analogues des autres régions de la colonne, les affections de ta région atloîdo-axoldienne doivent être étudiées séparément à cause des traits cliniques qui les distinguent. Ces particularités tiennent à la forme des os, à leurs articulations, aux mouvements de ces articulations et au voisinage immédiat de la moelle allongée.
Anatomle pathologique.
Les parties intéressées sont l'atlas, l'axis, et les condjles de l'occipital, aiuei que les articu-
lations atlo-axDïdiennes el occipito-alloïdiennes. La maladie peut se présenter sous des aspects très variés. En général elle consiste essentiellement en une arthrite de l'une ou l'autre des articulations désignées plus haut. Cette arthrite est presque toujours associée b des lésions osseuses graves, de la nécrose, de la carie. Ces lésions existent surtout dans certains cas, mais c'est rare. Les dispositions anatomiques sont telles queTaffectioQ osseuse est ft peine possible, indépen-
(I] Voyei Bowtrd Hkrtb, «rt. Ascii in Encyclapidie de chirurgie. P*ris, IS83, t. II.
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damment de Taffeclion articulaire. Le plus souvent le mal commence par Tarliculation, mais il peut débuter par l'os, surtout dans la carie ou la nécrose des parties antérieures de Tallas ou
de Taxis.
Les lésions osseuses et articulaires de cette région ne présentent rien de particulier ; ce sont celles des tumeurs blanches ; elles n*ont rien de particulier non plus dans leur étiologie.
Le mal peut avoir une origine traumatique, peut-être syphililique. L'articulation aQoîdoaxoïdienne semble élre plus fréquemment malade que roccipito-altoïdienne, mais les avis différent sur ce point. Dans les arthrites aQoîdoaxoïdiennes un certain degré de déplacement des os est habituel. L'atlas glisse en avant sur Taxis. On peut croire que ce déplacement est dû au ramollissement des ligaments, surtout des transverses et des odontoïdiens. L'apophyse odontoïde empiète ainsi sur le canal rachidien ; il en peut résulter les plus graves accidents. L'atlas peut glisser en avant symétriquement, mais ordinairement le déplacement est plus ou moins unilatéral, une des masses latérdes de l'atlas étant en avance sur l'autre. Le déplacement se fait ordinairement très lentement : tout déplacement subit entraîne la mort subite. La moelle est tendue fortement au niveau du siège du mal, et il est intéressant de noter à quel point le canal rachidien peut être envahi sans que la mort s'ensuive. James Pagct a rapporté un cas dans lequel Tatlas et avec Tallas Tocciput avait si bien glissé en avant sur Taxis que le canal rachidien était segmenté en deux portions par Taxe postérieur de Tatlas. Les os étaient ankylosés (1). Dans quelques cas Tapophyse odonloïde peut se séparer du corps de Taxis, et suivre Tatlas dans son déplacement en avant (2).
Les luxations occipito-aQoïdiennes sont très rares. Selon FoUin et Duplay, elles peuvent être bilatérales ou unilatérales et consistent en général en un déplacement de l'occipital en arrière. Dans un seul cas publié, cet os était déplacé en avant.
Dans les cas de carie et de nécrose de ces parties, les lésions occupent ordinairement les segments antérieurs des os, surtout Taxe antérieur de Tatlas, le corps de Taxis et Tapophyse odontoîde. L'axe antérieur de Tatlas et Tapophyse odootolde peuvent former des séquestres ainsi que des portions considérables du
(1) Ptget, Med. chir. Trans,, vol. XXXI. p. 286, 1848.
(2) Shaw, Holmet's Syst, of Surg., 2« éd., vol. IV, p. 140.
corps de Taxis. Dans un cas on ne trouva pas trace d'apophyse odontoîde après la mort (1).
Dans quelques cas, lorsque les articulations sont les parties les plus atteintes, la maladie peut guérir sans qu*il se fasse d'abcès, bien que d'habitude il y ait des signes de suppuration. La suppuration tend à envahir les parties molles voisines, et l'abcès peut se faire jour sur les côtés ou en arrière du cou. Après avoir atteint les couches du tissu conjonctif du cou. Tabcès peut descendre et apparaître en un point Soigné. Smith, de Dublin, a vu un de ces abcès se montrer dans la fosse sus-claviculaire et enfin s'ouvrir dans le poumon. Bryant a vu un de ces abcès se former derrière le slerno-mastoîdien et laisser échapper, en s'ouvrant, un fragment d'une lame vertébrale (2).
Très souvent Tabcès est rétropharyngien, su^ tout quand le mal siège à la partie antérieure des vertèbres cervicales supérieures. Cet abcès rétropharyngien peut se creuser une route derrière le pharynx et atteindre le médiastin. Dans d'autres cas, le pus peut envahir le canal rachi- ^dien et former une collection entre la duremère et l'os ; ou, après avoir perforé cette membrane, il peut pénétrer dans l'espace arachnoîdien et amener promptement la mort. FoUin et Duplay affirment que Tartère vertébrale peut être ouverte. La maladie peut marcher sans rémission à une issue fatale ou bien la guérison peut se produire avant ou après la formation d'un abcès, même après l'ouverture de cet ak>cès.
Quand il s'est produit une ankylose, les contours respectifs des os peuvent être très confus, et la difformité très marquée. Dans un cas de Lawrence, Tatlas, Taxis et les condyles occipitaux étaient confondus en une seule masse solide. Les os avaient été déplacés les uns par rapport aux autres, et Tapophyse odontoîde pénétrait dans le cr&ne par le trou occipital (3). Sur une pièce décrite par Locher et Moore, les quatre vertèbres cervicales supérieures et les condyles occipitaux étaient confondus ensemble. Les os étaient tous fortement comprimés et tendus; leurs contours étaient confus. On ne trouvait plus trace de Tapophyse odontoîde; les corps des deux cervicales supérieures avaient envahi le trou occipital et pénétré dans la cavité crânienne. Le canal rachidien avait beau-
(1) Voir le cas de Ogle, Tram. Path. Soc, vol. XV, p. 19.
(2) Brytnt, Manual for the practice of Surgery, 2«éd.,Yol. J, p. 278.
(3) Lawrence, Med. chir. 7ran«., vol. XIII, 1827.