‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 540 sur 638 · PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRELIMINAIRES

La chirurgie du cou offre un intérêt tout spécial. Assurément fréquentes, les blessures et les maladies qu'elle étudie sont en outre presque constamment graves en raison de la valeur anatomique et du rôle physiologique des organes de la région. Troncs vasculaires, filets gros cordons et même centres nerveux, organes splanchniques nécessaires au maintien de la Tie, ganglions lymphatiques, muscles, squelette , on trouve, en effet, accolés dans le cou, cet isthme, ce trait d'union jeté entre la tête et le thorax, des organes occupant tous les rangs, mais surtout les plus élevés, dans la hiérarchie anatomique et physiologique. Si bien que la maladie d'un organe quelconque revêt aussitôt une importance extraordinaire, sinon par elle-même ou par les troubles apportés à la fonction de Torgane envahi, du moins par le retentissement sympathique ou purement mécanique sur les parties avoisinantes et même sur les parties éloignées. C'est ainsi que les tumeurs du corps thyroïde par exemple, souvent bénignes en soi, compromettent vivement la vie par la compression qu'elles exercent sur la trachée, l'œsophage et les nerfs récurrents. C'est ainsi encore qu'un anévrysme de la carotide, grave par luimôme, le devient davantage ou plus immédiatement, par la compression des nerfs du Toisinage.

En outre, les priocipaux organes que l'on rencontre dans le cou ne font que traverser la région ; ce sont tous des organes destinés à faire communiquer la tête et le tronc, et à porter de l'un à l'autre soit de l'air, soit des aliments, soit du sang, soit l'influx nerveux. Aussi les blessures et les maladies de ces organes ne se trahiront-elles pas seulement par des signes locaux, mais aussi par des troubles apportés aux fonctions des vis cères éloignés, auxquels aboutissent et que des servent les canaux d'aération, d'alimentation d'irrigation sanguine et d'innervation intéressés C'est ainsi qu'un rétrécissement de l'œsophage retentit sur les fonctions de la totalité du tube intestinal et sur la nutrition générale ; c'est ainsi qu'une lésion du nerf phrénique a son écho dans le diaphragme; que la ligature de l'une des carotides peut troubler assez la circulation encéphalique pour déterminer une hémiplégie.

Le cou est enfin une partie apparente difficile à masquer, surtout chçz les femmes, et où par conséquent les difformités doivent être prévues, évitées ou corrigées ; c'est assez dire, d'abord, que la chirurgie curatrice doit y choisir ses procédés dans le but d'obtenir des cicatrices minima, ensuite que la chirurgie réparatrice est souvent appelée à y utiliser ses plus ingénieuses ressources.

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