VICES DE CONFORMATION DU COU
méthode la plus sûre : bien souvent elle provoque l'expulsion spontanée par la bouche ou par la plaie trachéale, toujours elle permet Textraction à Taide de pinces appropriées. J'ai eu l'occasion de la pratiquer pour un corps étranger du larynx (i) ; je me suis servi du thermo-cautère pour inciser les tissus jusqu'à la trachée, et je déclare hautement que l'usage de cet instrument m'a seul permis de venir rapidement à bout de l'opération chez un homme d'une cinquantaine d'années en proie à l'accès de suffocation le plus menaçant. Chez l'homme en santé et en respiration régulière rien de plus facile que la trachéotomie, mais chez l'homme qui asphyxie, dont le cou est turgide, gonflé, raccourci, la tête fixée immobile et fléchie par la contraction spasmodique des sterno-mastoïdiens, les conditions changent et l'œuvre devient
laborieuse. N'avoir point ou que peu de sang, voir ce qu'on fait comme sur le cadavre, n'est point à dédaigner; or c'est ce que l'on obtient avec le thermo-cautère bien manié, c'est-à-dire peu chauffé.
Mais après la trachéotomie que faut-il faire ? faut-il placer une canule ? Si le corps étranger a été expulsé et s'il n'y a pas à craindre de laryngite consécutive, je crois que la canule n'est pas indispensable ; si au contraire le corps étranger n'a pu être extrait ou bien s'il y a lieu de craindre des inflammations aiguës laryngo-trachéales consécutives à des blessures causées par le séjour ou le passage du corps étranger, je crois qu'il est prudent de placer une canule à trachéotomie en se tenant prêt à pratiquer l'extraction du corps étranger, qui ne tardera sans doute pas à se présenter de lui-même.