TORTICOLIS MUSCULAIRE NON PERMANENT
OU SPASMODIQUB,
Torticolis fonctionnel, — Spasme fonctionnel du stemo-mastoidien. — Tic convulsif ou rotatoire du cou et de la tète, — Hyperkinésie de Vaccessoire de Willis, telle est la synonymie de cette variété de torticolis.
Le professeur Jaccoud lui consacre un chapitre (l)f ni^s c'est aujourd'hui une affection dont la thérapeutique chirurgicale tend à s'emparer, c'est pourquoi je crois utile d'en parler ici.
Le torticolis spasmodique, non permanent par conséquent, est constitué par la convulsion des muscles sterno-mastoîdien et trapèze, et dans quelques cas aussi, d'après Jaccoud, du rhomboïde et de l'angulaire de l'omoplate, parfois innervés par le spinal. La convulsion est clonique ou tonique. La seconde forme est la plus fréquente, surtout chez l'adulte. La cause en échappe absolument. Quant aux signes et à l'évolution cliniques, l'observation de MM. Desnos (2) et Tillaux (3) les expose de la manière la plus frappante.
Le malade éprouve une sensation de rotation intermittente légère ou énergique du cou, d'un côté ou de l'autre, avec déviation du menton de sens opposé au côté malade. La tète s'établit spasmodiquement et par crises en torticolis. Les accidents d'abord rares, fugaces et passagers, s'accentuent par la suite et deviennent tenaces et fréquents. Au repos et au lit l'état des muscles du cou parait à peu près normal. Mais à la moindre excitation et par le fait même du passage du décubitus à la station assise, le muscle sterno-mastoîdien du côté atteint se contracture en s'agitant de convulsions cloniques successives; quelquefois le trapèze est également envahi. Ces convulsions plus ou moins douloureuses cessent du reste en général dès que le patient fournit à sa tète un appui quelconque. Dans le cas de Desnos l'application d'une simple cravate suffisait à modérer les convulsions.
La sensibilité de la région est habituellement intacte. Parfois cependant on trouve des plaques
(1) Jaccoud, Traité de pathologie internet 1870, t. I, p. 490.
(2) Desnos, Spatme fonctionnel du muscle sterno' mastoïdien droit. Société médicale des hôpitaux^ 9 janvier 1880.
(3) Tillaui, Torticolis fonctionnel. Résection du nerf spinal. Bulletins de C Académie de médecine ^ 2< série, t. XI, 1882, n* 5. (Cette observation fait suite à celle de M. Desnos, il s^agit de la même malade.)
TOHTICOLIS OSSEUX.
arant, en Hrrière ou laléralement : c'eal I& le Térilable torltcolis osseux.
2° L'arthrile cervicale des apophyses articU' laires, arthrite aiguë rhumatismale, ou arthrite tuberculeuse, prélude d'un mal de Pott ; or dans ce CBS le torticolis n'est point à proprement parler osseux, c'est un torticolis musculaire d'origine articulaire.
En elTet l'une des causes du torticolis muscu* laire par paralysie ou contracture, c'est l'arthrilc cervicale des articulations des apophyses articulaires. Il est à remarquer que la démtioQ se produit alors du cftté où siège l'artbrite, quelle que soit la vertèbre dont l'articulation est prise. Ce fait n'est en somme que l'expression d'une des lois qui régissent les amyotrophies consécutives aux lésions articulaires (i ). En effet, pour une articulation des vertèbres cervicales du cAté droit par exemple, les muscles du calé droit sont fléchisseurs tandis que les muscles du cAté gauche sont extenseurs. Or il est démontré par les travaux de Le Fort, Valtal (2), etc., que l'inflammation aiguë ou chronique d'une articulation a pour premier et rapide retentissement sur le système musculaire la parésie et l'atrophie des extenseurs et par suite la conlraclure ou plutCt la prédominance d'action tonique des fléchisseurs : telle est la raison vraie des positions vicieuses et même des luxations pathologiques des membres à la suite des inflammations articulaires chroniques ou aiguiis. Au cou, pour l'arthrite vertébrale, la toi s'eiëcule comme pour l'arthrite du genou ou de la hanche par exemple. Les extenseurs, c'est-à-dire les muscles du côté sain, se parésient, se paralysent et s'atrophient, les fléchisseurs n'étant. pluB^équilibrés se contracturenl et entraînent la léle en totalité du cAlé malade. On remarquera en effet, que la tSte dans ce cas particulier de torticolis, est inclinée sans rotation parce que tous les muscles d'un même côté particLpcnliirinclLnaisonimprLmâe(llg. 2031). On remarquera encore, et cela est bien rendu sur la Ûgare 2032. que la colonne vertébrale ne subit ici aucune inflexion angulaire, mais qu'elle est régulièrement inclinée ou décrivant une courbe arrondie.
On peut rencontrer à ce sujet des exceptions fort utiles à connaître, c'est-à-dire que la con-
,1) Voy. M. Jeannel. Enq/clopédie inlaiiationale de chirurgie, l. III, IB8t, p. 156. Amyolrophiei coiuécutivti aux main'liei dti ùrliçutalions.
î) Vkliat, Dt ialrophie muteulaîre coiuécuUvt aux mala'lif^ 'lei ailiculalioru. Ptri», I8T8.
tracture peut n'atteindre que un ou deux muscles et le torticolis simuler alors le torticolis musculaire en apparence le plus pur, tout en
étant en réalité d'origine osseuse ou articulaire.
D'ailleurs on conçoit que, par les progrès do l'arthrite et la persistance de la contracture des fléchisseurs, il puisse arriver un moment oti une luxation pathologique se produise dans
l'articulation vertébrale enflammée. Mais en général, lorsque la lésion en arrive là ce n'est plus le torticolis qui domine, c'est un véritable