FISTULES BRANCHIALES OU CONGÉNITALES
quant directement avec la cavité ventrale, c'est la fosse faciale. Le feuillet externe du blastoderme, qui fermait d*abord comme un voile cette fosse faciale, s'y invagineen doigt de gant pour former la bouche et le pharynx ; puis, mais Men plus tard, il donne en avant un cul*de-sac secondaire aux dépens duquel se développeront le larynx, la trachée et les poumons ; il finit enfin par s'aboucher au diverticulum en cul-de-sac envoyé à sa rencontre par la dilatation stomacale qui provient du feuillet interne du blastoderme.
Pendant et même avant les évolutions formatrices précédentes, en arrière et de chaque côté du prolongement bucco-pharyngien du feuillet externe du blastoderme, dans l'angle d'inflexion da capuchon céphalique sur le canal vertébral, ou voit paraître de chaque côté quatre bourgeons transversaux : ce sont les rudiments de l'appareil branchial. Ces bourgeons ne se montrent pas tous en même temps; ils évoluent successivement en l'espace de deux mois de la capsule céphalique vers la cavité thoracique. Ds s'avancent rapidement de chaque côté de la (lace antérieure et inférieure de l'extrémité céphalique vers la ligne médiane antérieure en se coiffant des feuillets épithéliaux qui les recouvrent : « Ils forment ainsi de minces languettes arquées et aplaties dans le sens transversal ; ce sont les arcs- branchiaux. Leur croissance est d'autant plus rapide qu'ils sont situés plus en avant : le premier, par exemple, se soude très rapidement avec celui du côté opposé et forme ainsi une sorte de bande transversale séparant la partie qui sera plus tard la face de celle qui va devenir le cou. Par suite de spn développement le plus rapide et le plus considérable de tous, il repousse en bas les arcs situés au-dessous de lui, de sorte que ces derniers se trouvent alors correspondre à la région cervicale proprement dite quoiqu'ils soient nés à la base du crâne (1). »
Tous les arcs branchiaux homologues, sauf les seconds, se soudent entre eux, sur la ligne médiane. Chaque arc est composé d'un tissu central revêtu en dehors d'un épithélium pavimenteux, en dedans d'un épithélium cylindrique ou prismatique cilié. On nomme fente branchiale, l'espace transversal intercepté entre deux arcs voisins. Ces fentes au nombre de quatre, comme les arcs, sont dirigées de haut en bas et d'arrière en avant, et d'autant plus obliquement qu'elles sont plus inférieures.
(1) J. Cuiset, ouvrage cité, p. 3?.
Le premier arc branchial correspond au maxillaire inférieur (le maxillaire supérieur se développant aux dépens d'un bourgeon secondaire du premier arc) et la première fente suit le bord inférieur de cet os ; la seconde fente va du lobule de l'oreille à la soudure de la petite corne de l'os hyoïde avec le corps de cet os ; la troisième à peu près du même point au sommet du cartilage thyroïde, et enfin la quatrième suit à peu près la direction du bord antérieur du sterno-mastoîdien.
Toutes les fentes branchiales sont destinées à s'oblitérer. L'oblitération commence par la ligne médiane antérieure, puis elle reprend par l'extrémité de la fente correspondant à la base du crâne et se continue alors d'arrière en avant de proche en proche jusqu'à complet achèvement 11 en résulte que le point des fentes branchiales sur lequel la soudure s'opère le plus tardivement se trouve situé sur les côtés du cou, suivant une ligne partant de la petite corne de l'os hyoïde pour aller aboutir à l'articulation sterno-claviculaire. Ainsi s'explique e siège de prédilection des fistules branchiales. Le premier arc branchial donne naissance par lui-même et par les bourgeons secondaires qui en émergent à la presque totalité de la face et à la langue ; le second arc fournit l'élrier et son muscle, puis l'apophyse styloïde, le ligament styloîdien et la petite corne de l'os hyoïde. La première fente donne l'oreille externe et l'oreille moyenne, avec la trompe d'Eustache. Le troisième arc branchial est préposé à la formation de l'appareil hyoïdien, des parties molles du pharynx et du cou, et enfin de l'épiglotte. Le quatrième arc branchial donne naissance aux parties molles et au squelette du larynx. La deuxième, la troisième et la quatrième fente disparaissent sans laisser de traces à l'état normal. Chez le fœtus les fentes branchiales communiquent d'ailleurs largement avec la cavité pharyngienne, mais jamais avec le cul-de-sac secondaire aux dépens duquel se développent les voies respiratoires, lequel apparaît du reste vers la sixième semaine, c'est-à-dire à une époque où les fentes branchiales sont en grande partie oblitérées, puisque cette oblitération est terminée à la fin du deuxième mois. 11 résulte donc de là que les fistules branchiales ne sauraient être trachéales.
Telle est la disposition générale et l'origine de l'appareil branchial dont il ne nous intéresse nullement ici de suivre les diverses métamorphoses embryogéniques. Le seul point qui mérite notre attention, c'est l'arrêt de développe-