IV. — KYSTES DU COU
La question des kystes du cou est complexe et un peu embrouillée, au moins au premier abord. On se perd facilement en effet dans cette multiplicité de divisions admises et décrites sans méthode par quelques auteurs, et si Ton passe au fil de la critique les différentes théories pathogéniques invoquées, on reconnaît bien vite qu'il n'en est aucune qui suffise à expliquer tous les cas. C'est assez dire que la plupart de ces théories n'ont d'erroné que leur absolutisme et que la pathogénie des kystes du cou est variable. Laissant de cêté la question historique et bibliographique que je n'ai point le temps ni la place d'approfondir ici» je vais essayer à mon tour une description vraie et claire à la suite de Hunter et de Cruveilher et, adoptant les expressions plus significatives de Broca, je diviserai les kystes du cou en progènes et néogénes.
Les kystes progènes sont ceux qui se développent dans des cavités naturelles préexistantes. Les kystes néogènes sont ceux qui se développent dans des cavités non naturelles ou non préexistantes ; j'y fais donc rentrer les kystes qui se développent dans des cavités accidentelles ou congénitales. Ceux-ci se divisent en deux catégories suivant que le contenu préexiste au contenant ou vice-versa; les premiers sont dits périgènes, ils ne sont point congénitaux, un corps étranger qui s'enkyste fait un kyste néogèné périgène ; les seconds sont dits autogènes ^ le contenant existe lorsque le contenu s'accumule, ou l'un et l'autre coexistent et se développent simultanément ; ils sont tous congénitaux.