‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 568 sur 638 · BLESSURES ET MALADIES · texte numérisé non relu

BLESSURES ET MALADIES

pression et était mobile sur les parties profondes. L'exiirpalion fui prutiqnée sans difEcuUé : aucun vaisseau ïolumineux ne s'abouthail dans le kyste, mais on trouva la veine jugulaire interne t nu sur un espace de 2 centimètres, à parois rouges et épaissies, si hien (jue RansthofT admet la possibilité d'une connevion ancienne entre la veine et le kysle. Celui-ci conlenait prés d'un litre (I) de sung liquide. La paroi interne ressemblait à l'endocarde, il y avait niflme des IrabÉcules et un eadothélium très nettement visible.

Ici, comme on le voit, l'endoltaélium et la ressemblance avec l'endocarde indiquent bien qu'il s'agit d'un kyste d'origine vasculoire, et cependant la poche était unique, sillonnée s lemenl par des Irabécules rappelant les cordes tendineuses des venlricules.

Du reste, Woin'(l) a vu un kyste sanguin où la communicolion vasculaire existait encore, véritable anévrjsme veinen);(2). J'ai observé moimCme, àla consullation gratuite de VHÔlel-Dieu de Toulouse, une petite fille de six ans qui portail depuis sa naissance, sur la moitié supérieure du stcrno-masloïdien gauche, une tumeur bleufllre, du volume d'un œuf de poule et de forme allongée, mollasse, réductible par la pression de haut en bas, sans battement, ijui était évidemment un kysle sanguin en communication avec une des veines du cou, la jugulaire oblique sans doute. La lumeur avait augmenté peu à peu de volume depuis la naissance. Malheureusement les purertts refusèrent l'inlervenlion chirurgicale.

Je considère également comme des kystes sanguins les angiomes caverneux décrits par Desprcs et surtout par Reclus (3} ainsi que loules les tumeurs érectiles décrites par cet auteur. On Irouve du resie dans le mémoire de Declus la relation d'une autopsie Taite par Caslex et Karobeuf à l'Ëcole pratique : « L'angiome 1res ïolumineux avait envahi loot le côté gauche du cou, et s'étendail de l'oreille el du menton Jusqu'à la clavicule. Il paraissait Ëlre une annexe de la jugulaire externe qui présentait en un point cinq orifices irréguliers, mesurant en moyenne 3 à 4 millimètres de diamètre. Ces

(1) WolIT, Voralellun^j einei Fait von Blutcytte der itittiehen Hahgegend (Bertincr klinUehe Wachentchrift, I8S1, ÎB Janvier, p. 60).

(3) Voir Revua de) acienees médicale!, l. U, p. 6!C, t. XI, p. G3& et t. XII, p. 6!3.

(3) Reclus, Sur une o&servalion (fangiome caverneux en coiimunieation avec la veine jugulaire \llulletinde la Société de chirurgie, 3 mii 188Î, p. 3iî).

vaisseaux san»' dans des vacii^ Au delà de ces ' qui dev en aient j la périphérie, m.

Dans un coA se perdait daa# grand nombMj Houx, la juguUj k son niveau ci même chez uni de Dolbeau {t}.

Reclus rappi vrysmes cirsoîdi tumeurs érecLil kysles d'origioi Trois hypothbtj tioi] incomplAts transitoires du J

existe chez l'eml vaines d'une exi lion de l'uno de pourra subsi.tte qui constituerai!

20 L'isolement queux, d'un véE se développant donné, de la i4 naissance. Le tj les connexions^ seraient des tn 3- Enfin la | tumeur éreclil^ naissance à un pente Rbreuse ( le réiiculum, ' Les kysles dV taux, mais ilsp développement^ rester en cddi| mais alors la pr( Il faut savoir t, pas toujours le c'estparexempU pur, ce qui s'exp' accidentelle avec lion vive de la ] ponction. On les dans toutes les ; L'exiirpalion d communique a*E ce dernier.

(1) neclug. p. 1

KYSTES DU COU

La ponction permet de les distinguer des autres espèces de kystes, des abcès froids ou du lipome. Il sera plus difficile de ne pas les confondre avec de simples hématomes ou hémorrhagies enkystées anciennes, mais Terreur n*a pas grande conséquence. Pourtant les hématomes n'exigent pas Textirpation de la paroi, tandis que les kystes la réclament. Du reste la différence la plus caractéristique, c'est que les kystes s'accroissent continuellement, tandis que les hématomes ne croissent point, mais diminuent au contraire avec le temps.

c. Kystes séreux ou lymphangiomes kystiques congé' nitaux. Hygroma kystique du cou congénital.

On a attribué une double origine aux kystes séreux du cou. Les uns ont dit qu'il s'agissait d'une accumulation de sérosité dans les mailles du tissu cellulaire, c'est-à-dire en réalité d'un processus analogue à celui qui préside à la formation des bourses muqueuses accidentelles et aboutissant à la production d'un véritable hygroma. Les autres ont prétendu qu'il s'agissait d'une dilatation variqueuse des vaisseaux lymphatiques, d'un lymphangiome kystique, d'un anévrysme lymphatique. De preuves convaincantes à l'appui de l'une ou l'autre de ces opinions, il n'en a pas été donné. D'ailleurs, étant admis que les vaisseaux lymphatiques s'ouvrent dans les mailles du tissu conjonctif « puisque, eu injectant ces dernières, le liquide pénètre habituellement dans quelques vaisseaux lymphatiques » (1), la discussion devient presque byzantine ; c'est pourquoi je qualifierai les kystes séreux du nom de lymphangiomes.

L'existence de ces kystes est incontestable ; il est certain toutefois que l'on a souvent dénommé de la sorte de véritables kystes hydatiques ou des kystes d'origine vasculaire, lesquels, comme les kystes séreux, se développent en somme au sein du tissu conjonctif. Il faut également ranger au nombre des kystes séreux, des kystes hydatiques ou des kystes vasculaires, ceux que Luschka et Arnold rattachaient au ganglion intercarotidien. En réalité il me semble qu'il n'y a guère d'admissibles au cou que les kystes séreux congénitaux ; ceux que Busse (2),Wegner (3) et Kônig (4)

(1) Cornil et Ranvier, Manuel (Thistologie pathologique, 1884, t. I, p. 632 (2° tirage de la 2* édition).

(2) Busse, HiifelaticTs Journal, 1839.

(3) Wegncr, Ueber Lymphangiome ( Langenàeck*8 Archiv, 1877, B. XX, p. 64 1).

4) Konig, Deutsche Chirurgie, 1882. Lieferung 36, D. 87.

ont décrits chez l'adulte me paraissent fort suspects et pourraient bien n'être que des kystes hydatiques ou des kystes vasculaires.

Les kystes séreux ou lymphangiomes sont multiloculaires, ils se distinguent des kystes d'origine vasculaire, par ce fait que les parois kystiques ne sont pas revêtues d'un endothélium semblable à celui des veines. Il faut en effet, Je pense, considérer comme provenant des vaisseaux tous les kystes dont les parois possèdent un endothélium vasculaire. Ils sont congénitaux et provoquent souvent par leur volume l'avortement ou la distocie. Ils sont composés de poches kystiques dont le volume varie depuis celui d'un grain de millet jusqu'àceluid'unepomme, etdont le nombre est si considérable et la disposition telle, qu'il est plus exact de dire que la tumeur est constituée d'une agglomération de kystes, en d'autres termes, qu'il s'agit de kystes multiples plutôt que d'un kyste multiloculaire. Ce sont des tumeurs bosselées, mollasses, irréductibles, fluctuantes quelquefois. On les trouve dans toutes les régions et profondeurs du cou, même à la nuque, partout où il y a du tissu cellulaire et des lymphatiques.

Le contenu est et reste purement séreux et je crois que toutes les fois que l'on a trouvé un liquide brun, rougeâlre, chocolat, c'est que l'on avait affaire à des kystes vasculaires. Les kystes séreux ne sont en effet qu'une forme d'œdème, à savoir, l'œdème enkysté. Us acquièrent parfois un énorme volume, dissèquent les muscles, remplissent le cou, envahissent les régions voisines et compromettent l'existence par la compression qu'ils exercent sur la trachée, l'œsophage, les vaisseaux et les nerfs. Dans un cas de Mtiller (i) l'enfant mourut d'œdcme de la glotte.

Dans bien des cas toutefois la tumeur prend moins d'extension, elle a le volume d'un œuf, d'une poire, et la vie est possible si un traitement chirurgical intervient à temps avant que le kyste ne se développe.

Le diagnostic est d'autant plus difficile que la tumeur est plus profonde; le volume, l'aspect bosselé, irrégulier, la diffusion, l'irréductibilité, la fluctuation, la nature séreuse du contenu sont toujours des éléments de diagnostic précieux, surtout si l'on y joint l'absence des signes car ractéristiques des autres kystes, lesquels du reste existent bien rarement aussi développés chez le nouveau-né. Le pronostic est d'ordinaire grave :

(1) Konig et Rledel, Deutsche Chirurgie, 1882. Lieferung 36, p. 85.

abstraction faite des kystes dont le volume n'est pas un danger. La majorité des enfants atteints de cette maladie succombent atreptiques; Wernber (i) et Smitb (2) ont cependant relaté des cas de guérison spontanée.

Traitement.

L'extirpation est rarement possible, en raison de la diffusion de la tumeur dans le tissu cellulaire. Les Incisions réitérées et la suppuration ont donné de bons résultats, mais la santé déjà débile du patient en reçoit encore une forte atteirfle. Evans (3) a employé avec succès les sétons de fil de soie.

Jules Roux (4) a réussi en pratiquant des incisions sous-cutanées qui rompaient plusieurs kystes et en pratiquant des injections iodées dans la poche ainsi obtenue.

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