‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 569 sur 638 · II. — KYSTES PHOGÈNES · texte numérisé non relu

II. — KYSTES PHOGÈNES

Ce sont: a) les kystes glandulaires; 6) les kystes du Ductus cxcretorius linguœ;c) les kystes des bourses muqueuses ou grenouillettes sushyoïdiennes.

a. Kystes glandulaires.

Il existe au cou des glandes dans la peau et dans la profondeur des tissus. Les glandes de la peau sont les glandes sébacées et les glandes sudoripares. Les kystes des glandes sébacées n'offrent au cou rien de particulier à noter, ils adhèrent à la peau et portent un goulot, c'est là leur caractéristique.

Quant aux glandes profondes du cou, ce sont les glandes salivaires, sous-maxillaircs et parotides et la glande thyroïde.

Je m'occuperai plus loin des kystes thyroïdiens. Les kystes des glandes salivaires sont les grenouillettes. Ils ne siègentpas d'ordinaire dans les glandes elles-mêmes. « 11 existe cependant, d'après Cornil et Ranvier (5), un très petit nombre d'observations de kystes ou poches salivaires

(1) Wcpnher, Die angeborenen Cystenhygromef etc. Gieuen, 1843.

(î) Tbomai Smith, On congénital cystic Tumour, Saint- Bartholomews hospital Reports, 18C6, vol. II,

(3) Evans, Loncfon médical exojninntion, may 1850.

(4) Julei Roux, Injection» iodées, dans deux kyUet congénitaux du cou {Bulletin de C Académie de médecine. Paria, 1855-56, t. XXI, p. 1057 et suiv.).

(5) Cornil et Ranvier, Manuel d' histologie pathologique, 1884, 2» édition, t. II, p. 25:..

de Tolume variable» atteignant la growiir fu œuf de poule ou du poing et aîégeint dans l parotide. Ces poches, après rissoe de leur cm tenu, se remplissent de nouveau; elles se goi fient sous l'influence de la masticitwii. n < donc probable qu'elles commumquent avec] canaux excréteurs de la glande, nib nous o' connaissons pas de relation ajutonifu pr cise. » Il est probable du reste que en k|^ étaient développés aux dépens des csamna teurs intraglandulaires. Habituellement, esil c'est dans le canal excréteur que se fiiitla difa tion kystique qui constitue la grenodilc mais alors la lésion n'appartient plaseDgéoi à la chirurgie du cou.

n existe cependant des cas où It gnoouilk du canal de Mliarton fait saillie danshiég sus-hyoïdienne. Le professeur Vemenil es ai des cas incontestables. c< Tout récemment, il (1], j'ai vu dans mon service an bomme| tant une grenouillette à double poche. Au bouche, on sentait le canal de Whartoa iadi et volumineux. II présentait en tnièieucN brusque et le gonflement sus-bjoidiei^^'cc respondait à la région occupée ptt k gias submaxillaire, commençait juste daas ce fui Sur le second de mes opérés» j*ai dît qaa,avi lié le canal de Wharton, j'arais va nimoir gonflement submaxillaire, dontlafonnerap] lait exactement celle de la greDouDeUe s hyoïdienne. »

Tillaux (2), il est vrai, a bien cherché à m trer par des expériences» sur la dllatabîtité canal de Wharton, combien était diflSdle la d tation aiguë de ce conduit; mais il s'en a moins été obligé d'admettre que sa dîsleoi est aussi possible à la longue que celle ktui téres.

Mais de ce que la dilatation kysHfiedicaii de Wharton peut donner lieu à la gicnoûflai sus-hyoïdienne, il ne s'ensuit pas quetovieil grenouillettes sus-hyoïdiennes siègent dUM conduit.

Tillaux a démontré sans conteste Pexiite de la bourse muqueuse de Fleischmano, ail sous la langue, sur le plancher de la bouche l'hygroma de cette bourse peut aboutir à i forme de grenouillette sus-hyoidienne, demi du reste que les grenouillettes sublinguales glandes de Nûhn ou des glandules salivaiRS

(1) Verneail, Bulletin de la Sodété de 22 juin 1831, p. 475.

.2^ Tillaux, Bulletin de la Société de tkinri 22 juin 1881, p. 479.

KYSTES PROGÈiNES.

plancher de la bouche. Delens, dans un travail d'ensemble sur la grenouillette sus-hyoïdienne, n'était arrivé qu'à des conclusions hypothétiques surce sujet (i). Mais uneobservationdeM. Dieu (2) rapportée à la Société de chirurgie par Delens est venue démontrer Tun des mécanismes de la pathogénie de cette affection.

Dans cette observation, il s'agit d'abord d'une grenouillette sublinguale qui fut opérée par excision et cautérisation du sac ; la récidive survint au bout de trois mois, mais cette fois la tumeur, en récidivant, avait écarté les fibres des muscles génio-glosse et génio-hyoïdien pour venir faire saillie à la région sus-hyoïdienne. M. Dieu pratiqua l'extirpation du kyste et constata sur le vivant la communication entre la poche sublinguale et la poche sous-hyoïdienne. Le même fait avait du reste été observé par le professeur Gosselin en 1879.

Quant à la cause qui aurait provoqué le passage de la grenouillette sublinguale dans la région sus-hyoïdienne, Dieu suppose avec Gadiot (3) que la cicatrice de la première opération avait empêché le développement vers la bouche de la tumeur récidivée.

Très intéressante, l'observation de Dieu manquait malheureusement d'un important complément qui aurait eu la plus grande valeur pour la solution du problème de la pathogénie du kyste qu'il a observé. Je veux parler d'une analyse histologique de la poche extirpée, qu i nous eût appris s'il s'agissait d'un kyste salivaire comme le pense Dieu ou d'un kyste de la bourse de Fleischmann, comme le pensent Després et Tillaux.

Il est donc établi qu'une grenouillette, primitivement sublinguale, peut secondairement aboutir à une grenouillette sus-hyoïdienne. Mais il est établi aussi que la grenouillette sus-hyoïdienne peut avoir pour origine, soit une dilatation du canal de Wharton, soit une grenouillette sublinguale, muqueuse ou salivaire. Je parle bien entendu des grenouillettes vraies. Or le diagnostic entre ces trois variétés de grenouillette est d'ordinaire fort malaisé. Tout ce qu'on peut dire, c'est que la situation latérale de la tumeur,

(1) Delens, De la grettouiliette sus-hyoïdienne. Re^ vue de chirurgie, 1881, n** 3 et 4.

(2) Dieu, Grenouillette sublinguale opérée par excision et cautérisation de la poche. Récidive après trois mois et apparition dune tumeur sus-hyoîdienne communiquant avec la poche sublinguale^ etc., etc. Rapport de Delens, Bulletin de la Société de chirurgie, 15 Juin 1881, p. 456.

(3) Cadiot, Thèse de Paris, 1879.

Encyd. do chirurgie.

le cathétérisme du canal de Wharton, sont de nature à faire penser à la grenouillette ¥rhartonniene, tandis que la situation médiane est plus en rapport avec les deux autres variétés.

Quant au traitement, les injections irritantes, l'excision d'un lambeau de la poche, ou la ligature élastique d'une portion d'icelle,pour établir une fistule permanente du côté de la bouche, devront toujours être tentées. On ne pratiquerait l'extirpation que si l'on avait l'assurance que la tumeur dépend d'une bourse muqueuse. S'il s'agissait, en effet, d'un kyste par dilatation du conduit excréteur d'une glande salivaire, l'extirpation forcément suivie de l'oblitération du conduit entraînerait des accidents sérieux dont le moindre serait la récidive.

Kystes des glandules thyroïdes accessoires. — Je cite ici pour mémoire et pour être complet les kystes développés dans les glandes thyroïdes accessoires, sur lesquels Madelung (1) a attiré l'attention. Cet auteur a décrit des thyroïdes accessoires un peu partout dans le cou, eC il n'hésite même pas à prétendre que la majorité des kystes branchiaux sont des kystes développés dans des glandules thyroïdes égarées, « aberrirten Schilddriisenlapchen. » Mais, ici comme ailleurs, une affirmation même hardie ne vaut pas une bonne démonstration.

Zuckerkanld (2) a décrit une glande qu'il aurait rencontrée 57 fois sur 200 sujets examinés par lui (30 fois chez des nouveau-nés, 27 fois chez des adultes) et qui siégerait au milieu ou sur les côtés, mais toujours immédiatement au-dessus de l'os hyoïde, soit derrière l'aponévrose mylohyoïdienne, soit entre les génio-hyoïdien s. Ce serait encore là, histologiquement, une glande thyroïde accessoire sujette à fournir des kystes. Je me borne à signaler le fait en le faisant suivre d'un bon point d'interrogation.

b. Kystes du ductus excretorius linguae.

Il estun conduit quasi glandulaire qui peut être le siège de kystes simulant la grenouillette sushyoîdienne. C'est le canal de Bochdaleck (3), c'est le ductus excretorius linguXf qui, partant du trou borgne de la langue, traverse cet organe et arrive

(1) Madelung, Langenbeck's Archiv, 1879, B. XXIV, S. 71.

(2) Zuckerkandl, Ueber eine bisher noch nicht beschreibene Druse in der Regio suprahyoidea, Stuttgard, 1879. — Deutsche Chirurgie, 1882. Lieferung 36, S. 75.

(3) Bochdaleck, Ueber das Foramen cjecum der Zunge ; (Estereichische Zeitschrift fur praktische Medicin, 1866, d*« 36, 37, 42 bis 45.

59] PHLEGMONS ET ABCÈS CHAUDS ; ÂCTINOMYCOSE. — ÉTIOLOGIE ET PATHOLOGIE* 803

adhèrent le plus souvent au maxillaire inférieur ju à 1*08 hyoïde.

D'ailleurs Terreur de diagnostic est sans importance, toute méthode de traitement autre que l'extirpation étant dans les deux cas suivie de récidive ou d'établissement d'une fistule. Les

injections irritantes avec la teinture d'iode ou devra toujours être préféré.

le chlorure de zinc ont pourtant réussi quelquefois dans les hygromas, mais elles ont aussi provoqué des suppurations phlegmon euses, bien autrement dangereuses que l'extirpation. Il est bien entendu d'ailleurs que pour Thygroma sushyoïdien, l'établissement d'une fistule buccale

m. — AFFECTIONS INFLAMMATOIRES DU COU

On observe au cou des affections inflammatoires chaudes ou froides, aiguës ou chroniques, superficielles ou profondes, c'est-à-dire sus ou sous-aponévrotiques. Cette dernière distinction,

importante au point de vue pathologique et thérapeutique, perd du reste toute valeur en ce qui concerne l'étiologie et la pathogénie.

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