TUMEURS DES GLANDES. — TUMEURS DE LA. PAROTIDE
sèment des dimensions des acini. Dans l'hypertrophie, stroma et acini subissent donc une moltiplication parallèle. L'adénome diffère de l'hypertrophie en ce que la multiplication des éléments glandulaires s'accompagne de forma lions embryonnaires. Dans les deux cas le néoplasme est composé de tissu glandulaire, et , - s'il récidive, c'est du tissu glandulaire qui se reproduit; mais dans l'hypertrophie le tissu glandulaire est toujours adulte, tandis qu'il est embryonnaire dans l'adénome, ou tout au moins, s'il aboutit à l'état adulte, c'est après une phase d'état embryonnabre. Or ces deux yariétés de oéoplasie sont pour la parotide tellement rares qu'il n'en existe pas d'observation bien authentique.
4* CHONDROME.
Le éhùndrome est au contraire fréquent dans la parotide. Il y existe sous toutes ses yariétés à l'état de pureté ou à l'état de mélange, chondrome par ou chondrome mixte. Parmi les chondromes mixtes le plus fréquent est le chondrome myxomateux ou myxo-chondrome et le chondrome sarcomateux ou chondro-sarcome • D'ailleurs, de même que dans tous les chondromes des glandes, on trouve, au milieu de la masse néoplasique, des acini glandulaires plus ou moins modifiés, ce qui se comprend, puisque le chondrome, tumeur dérivée du tissu eoiyonctif, naît aux dépens de la charpente fibreuse de la glande. On trouve même de ▼érilables poussées d'adénomes (adéno-chondrome).
Le chondrome de la parotide forme une tumeur vaguement lobulée, mais arrondie dans sa forme générale, de volume atteignant quelque - Ibis les dimensions d'un poing, d'une dureté rénitente. La tumeur est en général, mais non pas toujours, incluse dans une enveloppe fibreuse qui la sépare des parties saines et rend Fénucléation facile, ce qui semblerait prouver que le néoplasme naît aux dépens d'un point limité de la glande et végète sur place sans envahir, mais en refoulant les parties saines. D'ailleurs les vaisseaux et les nerfs environnants sont repoussés et non pas mêlés dans la tumeur, aussi les compressions qu'ils subissent sontelles proportionnées au volume et au siège du néoplasme. Il en résulte que les douleurs vradiées et les paralysies sont rares, modérées et tardives.
n est à peine utile de dire que l'extirpation s'impose comme une nécessité. Pour la pratiquer le chirurgien mettra la tumeur à nu, avec
l'instrument tranchant; puis il pratiquera l'énucléation avec les doigts ou des instruments mousses.
5* MYXOME ET FIBROME.
Le myxome pur de la parotide a été observé ; c'est une tumeur diffuse dont le diagnostic ne se fait guère qu'après extirpation. Le tissu muqueux est régulièrement infiltré dans le stroma d'une portion plus ou moins étendue de la glande, ou bien il se développe dans le même stroma sous forme de masses isolées (1).
Le fibrome est rare surtout à l'état isolé, il existe surtout à l'état de fibro-chondrome. Laugier en a observé et opéré un cas, analysé par Laboulbène. La tumeur du volume du poing était indolore et surtout gênante par son volume. Elle consistait en fibres de tissu lamineux ou conjonctif très abondantes formant un feutrage très serré enclavant des corpuscules volumineux, nucléoles, parfois à contours nets et doubles. C'était sans doute là un fibro-chondrome (fig. 2037).
Les signes du myxome et du fibrome sont à peu près ceux du chondrome, la seule différence réside dans la régularité plus grande de la forme de la tumeur dure dans le cas de fibrome, plus molle dans le cas de myxome. Mais la tension de l'aponévrose rend, il faut bien le reconnaître, fort difficile la constatation des bosselures ou de la consistance.
6* SARCOME,
Le sarcome se rencontre dans la parotide sous ses formes encéphaloîde, fascicule, kystique, sarcome à cellules fusiformes ou à cellules géantes. Il se développe dans le stroma, mais en même temps le tissu glandulaire apparaît sous forme embryonnaire, prolifère et végète en bourgeons pleins dans des directions variées. Or comme c'est là de l'adénome, on ne saurait dire si l'adénome n'a pas précédé le sarcome. On trouve aussi parfois des kystes développés aux dépens du tissu glandulaire. Le sarcome se mélange du reste souvent au chondrome ou au myxome, mais c*est évidemment le sarcome qui constitue l'élément principal ou tout au moins l'élément grave du néoplasme.
Le sarcome de la parotide forme une tumeur mollasse, lisse, ronde, à marche rapide, sans limites précises; c'est pourquoi, si l'on opère, il faut enlever la glande entière. Il provoque de
(I) Voy. Encyclopédie de chirurgie^ t. IV, page 866, flg. 1482.
ttS HAUBICE JEANNEL. — BLESSURES ET MALADIES CHIRURGICALES DU COU. (18
bonne benre des compreisions nerTeuieii etTu> culaires et des douleun périphériques. Le diagnostic différentiel du sarcome etdu chondrome
I par ou mixte est aisé, le chondrome étant ordinairement une tumeur limitée enkystée, bout- I lée et dure, & marche lente, ne proToquant qw
Tumenr fibreuse de U parotide [').
(*) A, tamear endne pp poK n ex eme obn ée oo, portion coapéa, moiïtrant sar la timdiie de peliu nodu ei arrond i B i u de > umen composée de fibres conjoncllves on UmineaH* ; ff, otit corps ce u >i es d n un grand nomb e ren e ment des goatteleues do natora gralsiense ; C, cerfit
ceilnlairei es groai i ■ ee un nojan noc éo é e rempli de goattelettes grtlsseuiei ta g; en i, les cellolM sent allongées et moini eliirgée* de graisse, resssmblant aui éléments flbro-plastlqnes. GrOBaUaanent : A, trots quarts de nature ; B, 100 diamètres-, C, ibO dianètrei. (A. Laboolbène, Anatomie pathologi^ae.)
tardivement des compressions nerveuses ; mais entre le sarcome et le carcinome U conrusîon est BU contraire facile.
T CARCINOME.
Le carcinome de la parotide s'observe sous ses trois Tormes cliniques, squirrhe, encéphalolde, cancer colloïde et même parlois mëlanique; il est toutefois plus rare que le sarcome.
D'ailleurs entre le sarcome et le carcinome (fibrome alvéolaire) la parenté est proche au moins au point de vue clinique.
l.e carcinome parolidien forme une tumeur diiTuse comme te sarcome, et qui gagne aussi bien de proche en proche les tissus voisins par un véritable phénomène de greffe et de substitution; c'est pourquoi il aboutit, comme le cancer de la mamelle, h envaliir la peau qui s'ulcère.
Le voisinage des nerfs et des vaisseaux devient U source d'accidents spéciaux : paralysie ou néiralgies pour les nerfs, ulcération des parois
et hémorrhagies foudroyantes pour les vaisseaux.
Z-ÉPITHÈUOMA.
L'épilhélioma Itibulé de la parotide a été obsené et décrit par Robin, Verneuil, Billroth, Rindfleisch. Verneuil a même observé l'épilhélioma pavimenleux. L'épilhélioma parotidien, i rencontre des autres tumeurs, naît aux dépens du tissu glandulaire, c'est pourquoi il y anriil lieu de se demander s'il ne mériterait pas A'èUt rapproché des adénomes. El apparaît sous forme de tumeurs molles ou élastiques, arrondies, plus ou moins rÉguliires, à marche lente, qui perforent et ulcèrent la peau sans s'accompagner d'adénopalhie ;Qg. 2038). L'ablation complète évile la récidive.
Diagnostic diférentiel des tumeurs de la parotide.
Il est évident que le chirurgien qui se trouve en présence d'un malade otteint d'une tuméfaction de la région parotidienne doit d'abord