TUMEURS DES GLANDES. — TUHEURS DE LA PAROTIDE
an
s'appliquer à faire le diagnoBlic dn siège eiact de U lésion, c'est-à-dire fa établir si la tumeur eat située hors la loge parotidienne ou dans celle loge.
Bors la loge parotidienne on peut rencontrer : I* des tumeurs érectîles et des tumeurs diverses appartenant uniquement à la peau, dont le siège eat facile à reconnaître;
rig. SOU — Epithelioma ou «dénome épIthâUil de It parotide (dapri* une photognpbie de U Rtvue photogropinqut du hôpitaux)
1* Des adénites qui forment sous la peau des tniiMiirs en chapelet dures et roulantes;
3* Le lipome: mais celui-ci envahit rapidemeat les régions sous-cutanées voisines, ou Uen Uiepédiculise, et enfin il ne s'accompagne pu de phénomènes de compression des nerfs et vaisseaux intra-parolidiens.Laboulbène(l)paTle, U est vrai, de lipomes intra-parolidiens, mais c'est là en somme surtout une curiosité pathologique-,
4* En arrière entre le pharynx et la loge parolîdienne, les tumeurs pharyngiennes, les anévrysmcB de la maxillaire interne peuvent faire saillie; des kystes peuvent se développer. Mais, facdtéde signes spéciaux, l'examen parle pharynx permettra d'arSrmerle siège de la tuméfaction, ^e sa profondeur fera d'ailleurs bien souptODner.
\\) Laboulbéne, Nouveaux ilimentt iTanatomie pa- (1) VienBse, Bulletin de la Sociéli dt chirurgie,
thologique, I87e, p. 169. 13 révrier 188k, p. ISS.
Dans la loge parotidienne on peut rencontrer :
1* Des tumeurs indépendantes de la parotide, fa savoir : des anévrysmes de la carotide externe ou de ses branches, des kystes, des névromes;
2° Des tumeurs parotidienne s.
Les a né vry s m es et les kystes sontdes tumeurs liquides dont le diagnostic sera aisé : pourtant VieuBse {!), même après une ponction exploratrice, prit un kyste bydatique péricarotidien pour un myxome. Quant aux névromes du facial, les phénomènes nerveux qui les accompagnent, leur petit volume, les signes qu'éveillent leur compression, sont caractéristiques ; ce sont d'ailleurs de vraies raretés.
Les tumeurs porolidifnnes sont bénignes ou malignes.
l^s tumeurs bénignesont pour caractéristique leur délimitation facile, l'absence d'adénopadiie et d'envahissement de la peau et le plus souvent de paralysie faciale, leur marche lente, la jeunesse du malade ; mais ce dernier caractère n'a rien d'absolu.
Les tumeurs malignes ont des caractères contraires, fa savoir, la délimitation impossible ou peu nette, l'existence d'une adénopathie, l'envahissement de la peau, l'apparition précoce de phénomènes de compression nerveuse ou vasculaire, la marche rapide, l'Age avancé du malade. Quant au diagnostic anatomique entre les diverses variétés de tumeurs bénignes d'une part et malignes de l'autre, je n'ai rien fa ajouter fa ce qui a été dit au chapitre des tumeurs en général et fa ce que j'ai rappelé plus haut.
Traitement.
Il n'y a plus, je crois, à discuter la question de l'opportunité de l'extirpation des tumeurs de h parotide ; les procédés d'hémostase de la chirurgie modernerendent en efTeipossibles toutes les opérations; et quant aux accidents inrcctieux que l'expérience avait appris aux anciens chirurgiens à redouter, principalement fa la suite des extirpations de la paroUde, noua sommes armés contre eux. Hais en chirurgie tout ce qui est possible n'est pas pour cela fa entreprendre, et l'extirpation de la parotide en totalilë rencontre parfois des difficultés non pas insurmontables, mais qui ne sont surmontables qu'au prix de délabrements trop vastes, dont la conséquence est fatale fa l'opéré.
En effet, nous avons vu que la loge paroli-
GOITRES. — ANATOMIÉ PATHOLOGIQUE.
au bout d'un an et demi, mais cette fois il fut impossible de songer à intenrenir. Il n'y ayait du reste ni métastase ni adénopathie. L*examen pratiqué par Wôlfler révéla un adénome pur.
C'est sans doute un ckondrome d*un di?erticulum de la glande sous-maxillaire que Pozzi a décrit en 4872 (i) sous le nom de chondrome primitif d*un ganglion lymphatique. Du reste, bien que plus rare que le chondrome de la parotide, le chondrome de la glande sous-maxillaire a été observé et opéré.
Tillaux (2) a opéré en 1883 un myxome de la même glande ; j'ignore si l'observation a été publiée.
Prengriîber (3) a opéré en 1884 un épithélioma des conduits excréteurs de la glande sous-maxillaire, don t le diagnostic clinique et anatomique offrit des particularités dignes d'être notées. Le malade avait en effet une sialorrhée très abondante que l'extirpation fit disparaître; de plus la tumeur se présenta avec toutes les allures cliniques, et avec l'aspect macroscopique d'une tumeur bénigne ; le microscope seul en révéla la malignité.
S<* TUMEURS ET DliClÊNÉRESCENCES DU CORPS thyroïde ou GOITRES.
Les tumeurs du corps thyroïde portent le nom de goitres. Pour être rigoureux, je ne devrais décrire dans cet article que les néoplasmes ; toutefois, pour ne pas scinder l'étude des maladies thyroïdiennes, j'ai cru nécessaire de faire suivre l'histoire des néoplasmes de celle des dégénérescences et de celle de la thyroïdite.
Ce n'est que depuis quelques années, à la suite des succès et de la vogue de la thyroîdectomie, que la pathologie et l'anatomie du goitre ont attiré l'attention spéciale des chirurgiens. En particulier en Allemagne et en Suisse, dans les régions où le goitre est endémique, lorsqu'il a été constaté que la thyroîdectomie, autrefois qualifiée de témérité chirurgicale, était devenue une opération réglée et suffisamment bénigne, tout, jusqu'à l'estéthique, devint bientôt une indication opératoire : des centaines de goitres furent enlevés et livrés, heureuse et inhabituelle aubaine, aux anatomo-pathologistes et aux histologistes.
(1) Pozzi, Bulletin de la Société anatomique, mti 1872, p. 251.
(2) Tillaux, Statistique des opérations faites en 1883. Bulletin de la Société de chirurgie, 1884, p. 262.
(3) PrengrUbcr, Tumeur de la glande sous-maxillaire, observation recueillie et publiée par Cohen, Courrier médical, 22 novembre 1884, p. 435.
Nous rechercherons plus loin si les opérés eurent autant de profit que la science de cette hécatombe de corps thyroïdes ; essayons pour le moment de dégager des nombreux travaux publiés sur la matière des enseignements anatomiques, pathologiques et enfin thérapeutiques ou cliniques.
Anatomie pathologiqae.
Ant. Wôlfier, de Vienne, est assurément à classer au premier rang parmi les chirurgiens qui ont produit les plus belles études, à la fois sur l'anatomie normale et le développement du corps thyroïde et sur l'anatomie pathologique et la pathogénie du goitre. Les deux mémoires, véritables traités, qu'il a consacrés à ce sujet (i), reposent sur un si grand nombre de faits, sur des analyses histologiques si précises et confirmées par un tel luxe de belles planches, que, sous réserve de quelques critiques de détail, il est impossible de refuser à l'ensemble la qualité maltresse pour un travail de ce genre, à savoir la puissance de démonstration.
Je n'ai point à m'occuper ici de l'anatomie normale et de l'embryogénie du corps thyroïde, je suis obligé de les supposer connues et de rétivoyer le lecteur avide de détails au travail de ^'ôlfler publié en 1880. Il est pourtant indispensable de rappeler quelques points fondamentaux.
Anatomie normale et développement. — Le corps thyroïde se compose d'une substance corticale et d'une substance médullaire. La substance corticale est, au point de vue embryogénique, la plus jeune, et par conséquent celle dont, au moins à la naissance, le développement est encore et reste le moins achevé ; elle est alors composée de couches concentriques de cellules, réunies sous forme de cylindres ou d'amas sphériques pleins, séparés par des lames de tissu cellulaire également en couches concentriques ; elle est recouverte par la capsule de la glande. La substance médullaire au contraire est composée de lobes séparés par des travées cellulaires à direction radiée, c'està-dire rayonnant, à partir du hile ou de l'isthme, en toutes les directions à la façon d'un éventail; les lobes se divisent en lobules qui se composent de cavités ou alvéoles ou follicules séparés par un réseau conjonctif dit interacineux. Les
(1) Ant. Wôlfler, Ueber die Entwickelung und den San der Schildruse. Berlin, 1880. — Ant. Wôlfler, Ueber die Entwickelung und den Bau der Kropfes Archiv fur klinische Chirurgie, 1883, B. XXIX.