‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 59 sur 638 · PREMIÈRE PAIRE, OU NERFS OLFACTIFS · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PAIRE, OU NERFS OLFACTIFS

Une fracture intéressant la lame criblée de

CHARLES B. NANGREDE. — LÉSIONS TRAUMATIQUES DE LA TÊTE

Tethmoîde doit presque nécessairement déterminer la lésion des nerfs oiractifs. Par suite de la mollesse et de la délicatesse extrêmes de ces nerfs, et de leur situation à la face inférieure des lobes cérébraux antérieurs contre lesquels ils sont solidement appliqués par l'arachnoïde, les violences traumatiques qui tendent à refouler les portions antérieures du cerveau contre le plancher osseux des fosses crâniennes antérieures peuvent aisément produire une lésion des bulbes olfactifs. Diaprés le D' Ogle, un coup sur l'occiput peut — comme dans deux faits rapportés par ce chirurgien — amener la rupture des filets nerveux au point où ils quittent le bulbe pour s'engager dans les trous de la lame criblée de l'ethmoïde. Une hémorrhagie dans les portions voisines des lobes antérieurs, ou un épanchement sanguin entourant et comprimant le nerf entre le cerveau et le crftne constituent — à en juger par les suites — une cause beaucoup plus fréquente de la perte de l'odorat que la fracture de la base. J'ai vu, dans ma clientèle, un fait d'anosmie résultant probablement d'une fracture de la base. Quatre ans après l'accident, lorsque je vis ce gentleman pour la première fois, Todorat était absolument perdu, et il en avait été ainsi depuis le moment de l'accident. Brodie rapporte deux cas d'anosmie consécutive à un traumatisme de la tête. Dans l'un d'eux, on constata, quelque temps après l'accident, un retour progressif de l'odorat, qui finit par se rétablir complètement ; dans l'autre, où le malade fut examiné au bout de plusieurs années, le défaut absolu d'odorat persistait. Dans un excellent mémoire, M. Henry Lee (1) rapporte un fait qui montre combien il faut prendre de précautions pour affirmer l'existence ou l'absence d'anosmie. Un malade de l'Hôpital Saint-Georges parut, pendantplusieurs semaines, avoir perdu le sens de l'odorat du côté gauche, à la suite d'un traumatisme de la tête, qui avait amené une paralysie de la face. Un examen plus attentif finit par faire voir qu'en raison des effets combinés d'une déviation de la cloison et de la paralysie du muscle myrtiforme, etc., la narine gauche était devenue impénétrable à l'air ; mais, quand on eut maintenu cette narine ouverte, rhomme perçut les odeurs avec une facilité égale des deux côtés du nez. L'anosmie a, dit-on, coïncidé quelquefois avec la perte du goût, mais c'est là une erreur. Les saveurs — c'est-à-dire les excitants du sens du goût, tels que le sel, les

(1) H. Lee, Médical Times and Gazette, new séries, vol. IV, p. 238 et suiv., 185}.

acides ou les amers, qui ne sont pas volatiles — peuventtrès bien être goûtées après la destruction complète des nerfs de la première paire. Les substances qui empruntent à des odeurs volatiles ce qu'on appelle leur goût — et c'est à l'odeor que la plupart des articles d'alimentation doivent leur agrément — ne peuvent plus être distinguées des substances insipides ou même désagréables, n en était ainsi pour le malade que j'eus à soigner. Par suite de la proximité des centres du langage et de l'odorat, l'anosmie et l'aphasie coïncident assez fréquemment.

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