‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 597 sur 638 · RÉTRÉCISSEMENTS DE L'OESOPHAGE · texte numérisé non relu

RÉTRÉCISSEMENTS DE L'OESOPHAGE

portion avec la gravilé du mal. Le malade se plaint d'abord d'une dyspbagie passagère, puis permanente; il s'aperçoit qu'il est obligé de boire pour faciliter le passage des bols alimentaires. Il a le sentiment de la déglutition œsophagienne qui, comme on sait, est d'ordinaire inconsciente. 11 se plaint quelquefois d'une douleur sourde dans le thorax ou dans le dos. Puis un jour, apparaît la régurgitation des aliments solides suivie de la nécessité d'avaler lentement, à petites gorgées, les aliments mous et môme les liquides. Ceux-ci s'arrêtent môme parfois sur l'obstacle qu'ils franchissent enfin en produisant un bruit de gargouillement, entendu par l'auscultation pratiquée le long de la colonne vertébrale.

11 est des cas où la régurgitation ne se fait point tout de suite; c'est lorsqu'il existe une vaste dilatation du canal au-dessus d'un obstacle situé très bas. Les aliments s'accumulent en effet dans la poche ainsi produite et ne sont que tardivement rejetés.

Le premier soin du chirurgien, en face d'un malade qui se plaint de dysphagie et d'impossibilité d'avaler, doit ôtre de le faire boire et manger des aliments solides (un morceau de pain) ou mous (œufs, bouillie, etc.), pour constater par lui-môme la façon dont s'opère l'ingurgitation. Si la moindre difficulté réelle a été constatée dans l'acte de la déglutition pharyngienne ou œsophagienne, l'exploration avec le doigt profondément porté dans le pharynx, puis avec le cathéter œsophagien devient de rigueur, bien entendu après examen du fond de la bouche par la vue. L'exploration par le doigt porté profondément dans le pharynx permet de reconnatfre les néoplasmes et les strictures situées à l'union du pharynx et de l'œsophage ; elle ne permet pas de les mesurer ni de les étudier, parce qu'elle est forcément rapide et dès lors incomplète.

Le cathétérisme de l'œsophage ne doit être pratiqué que si Texpérience a bien démontré une réelle difficulté dans la déglutition ou l'ingurgitation des aliments. Il faut savoir en effet que le contact de la sonde peut à lui seul provoquer un spasme de l'œsophage, qui en impose pour un rétrécissement. Guyot (1) a récemment publié la curieuse observation d'un malade chez qui Krishaber avait diagnostiqué « un rétrécissement extrôme » de l'œsophage admettant seulement une bougie filiforme^ et qui avalait parfaitement de grosses bouchées de pain.

(I) Guyot, Cathétérisme de l'œsophage aynnt déterminé la mort, [Société médicale des hôpitaux^ Paris, 24 avril 1883, p. 157.)

Le cathétérisme explorateur de l'œsophage se pratique à l'aide de bougies flexibles en baleine armées à l'une des extrémités d'olives d'ivoire ou de corne, ou de métal, de volume variable ; il existe habituellement six numéros. Pour les rétrécissements très étroits, les fabricants fournissent une série de six bougies cylindro-coniques à extrémités olivaires dans le genre de celles employées pour Turèthre (1).

11 est de règle de commencer l'exploration par l'introduction d'une bougie armée d'une boule de volume moyen. Si l'on ne trouve point d'obstacle, on prend une boule plus grosse ; si on trouve un obstacle que l'on ne puisse franchir en insistant par des pressions mesurées, on prend la boule du numéro en dessous, voire même les bougies fines, si la boule du plus petit diamètre ne peut passer. On arrive ainsi à déterminer l'existence, le siège, le nombre, le calibre et la résistance des rétrécissements.

Le cathétérisme explorateur est d'ailleurs une opération habituellement bien innocente. Cependant Krishaber dit avoir observé de la fièvre après des cathétérismes les plus doucement conduits; Guyot va môme plus loin, il accuse un cathétérisme difficile fait par Krishaber, dans un cas d'œsophagisme simple, d'avoir déterminé une néphrite infectieuse suivie de mort. Je crois, quant à moi, après lecture de l'observation, que c'est plutôt la néphrite qui avait provoqué l'œsophagisme.

Mais il ne suffit pas de reconnaître la réalité d'un ou de plusieurs obstacles œsophagiens, il importe surtout à la thérapeutique de diagnostiquer la variété du rétrécissement.

Variétés de rétrécissements.

Les rétrécissements de l'œsophage sont extrinsinsèques ou intrinsèques. Extrinsèques, ils dépendent de la compression de l'œsophage par une tumeur du voisinage, solide ou liquide, dont le diagnostic doit ôtre fait d'après la marche de la maladie, le point de départ et les signes propres de la tumeur; ils sont toujours tardifs, c'est-à-dire qu'ils n'apparaissent que comme complication ultime des néoplasmes ambiants.

Intrinsèques, ils dépendent d'une affection de l'œsophage lui-môme.

Les rétrécissements intrinsèques sont :

1 0 spasmodiques ; 2* cicatriciels ; 2^ néoplasiques*

(1) Voy. DefonULine, Arsenal de la chirurgie conl*!mporaine* (Encyclopédie de chir,, tome II, p. 241.)

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