‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 79 sur 638 · TUMEURS FIBREUSES · texte numérisé non relu

TUMEURS FIBREUSES

Les tumeurs fibreuses sont aussi fort rares, si ce n'est sous forme de molluscum fibrosum ; toutefois, sous cette dernière forme, elles ont en général plutôt une structure fibro-celluleuse et sont assez fréquentes sur le cuir chevelu. Sir Prescott Hewett (3) et le professeur Gross (4) rapportent tous deux des observations de grosses tumeurs fibreuses du cuir chevelu ; la tumeur, dans chacun de ces faits, avait au moins le volume d'une orange. Dans le fait de Hewett, la masse fibreuse était située derrière l'oreille et était suspendue par un pédicule épais. Dans l'autre cas, la tumeur siégeait au vertex. Chez les deux malades, le fond de la masse morbide s'était ulcéré. Les tumeurs de ce genre s'enlèvent aisément lorsqu'elles occasionnent quelque ennui.

(1) Brans, Handb. derprakt. Chirurgie^ Bd I, s. 96,

(2) Fait publié par M. Sidney Jones. La tamear fut constatée pour la première fois quand l'enfant avait deux mois. Lancei, oct. 1880, p. 587.

(3) Sir Prescott Hewett, Médical Times and Gazette ^ vol. I, p. 815, 186?.

(4^ Gross, System ofturgery, 5^ éd., vol. II, p. 115.

PACUYDERIf ATOCBLE ; ELEPHAirTlASIS DU CUIR CHEVELU; HYPERTROPHIE DU CUIR CHEVELU.

C'est sous l'une ou l'autre de ces dénominations, que différents auteurs ont décrit un état remarquable du cuir chevelu (1). Toutefois, on ne saurait douter aujourd'hui que ces termes s'appliquent & une seule et même maladie. Cette affection consiste en une hypertrophie singulière du cuir chevelu sur quelque point isolé. La masse ainsi constituée forme une tumeur énorme, pendante, en besace, souvent lobulée, présentant des plis transversaux, flasque et pâteuse au toucher, absolument indolente et recouverte d'une peau normale. Le D' Mott, qui a donné une histoire excellente de ces tumeurs, dit qu'elles sont toujours congénitales et débutent par un signe. Mais les auteurs qui ont suivi n'ont pas confirmé l'exactitude de ces assertions (2). Ces masses néoplasiques ont été observées le plus ordinairement vers l'âge de la puberté et chez les adultes jeunes. Ches la femme, elles sont plus fréquentes au niveau de l'occiput (3) ; chez l'homme, dans la région temporale ou pariétale. Elles se développent lentement et n'entraînent par elles-mêmes aucune suite fâcheuse ; elles ne gênent que par leur volume, qui peut être considérable. Quand ellet pendent de la tempe, elles ferment l'œil et tombent jusqu*â la bouche. Dans un fait rapporté par Sir E. Home, la tumeur était plus grosse que la tête du malade (4).

Traitement.

Pour ce qui concerne le traitement^ Thurion (5) a obtenu un succès par l'emploi de la compression prolongée et des applications d'iode ; mais il n'est pas douteux que, si l'on veut faire un traitement, c'est à l'ablation de la tumeur qu'il faut

(1) Pour les observations, voir Bruns, Handb, der prakt. Chirurgie^ Bd I, S. 91 ; voir aussi un mémoire du D' Valentine Mott {Med. Chir. Trans., vol. XXXVn, p. 154), contenant une excellente description de la maladie, et les observations de cinq faits, dans deux desquels la tumeur siégeait sur le cuir chevela. On trouvera encore une excellente observation dans les Ciinical Society 's Transactions, nov. 1876; Tauteurett H. Walsham.

(3) Voir cependant Gross, op. cit»

(3) FoUin et Duplay, Traité de path. ext., t. III, p. 569, 18G9.

(4) Voir, pour la figure, Med, Times and Gazette^ vol. I, p. 315, 1862.

(5) Thirion, Revue mid.-chir., t. III, p. 100, 18S2.

PNEUMATOCÈLE DU CUIR CHEVELU

recourir. Une opération de ce genre fut suivie d'une hémorrhagie mortelle (1), et, dans un des cas du D' Molt (2), la néoplasie récidiva, ce qui s'explique par son extirpation incomplète la première fois. L'opération doit être conduite suivant les indications du cas particulier. Si on prévoit une hémorrhagie considérable, on peut, comme opération préliminaire, lier la carotide primitive.

OSTÉOMES DU CUIR CHEVELU

Virchow (3) rapporte deux faits d'ostéome du cuir chevelu, chez des malades âgés de quarante-huit et de soixante-sept ans. Ces tumeurs eiistaient depuis longtemps. Il est vrai qu'elles n'oQt été examinées qu'au point de vue clinique et que l'on peut par suite conserver des doutes sur leur véritable nature.

PAPILLOMES.

Les papillomes du cuir chevelu sont extrêmement rares. Ils sont probablement toujours d'origine congénitale et commencent par une verrue, un petit signe. Ils sont surtout fréquents au niveau de la région frontale et présentent l'aspect ordinaire des papillomes des autres régions.

Cbex une femme de 35 ans, qui entra dans mon •er? ice k rH6pital de Londres, il existait an papillome, ffleionot 9 centimètres sur 7 centimètres et demi, et recouvrant la suture coronaire immédiatement adroite de la ligne médiane. La tumeur avait eu pour point de départ un signe. Elle était très saillante, faiblement pédiculée, et fournissait un liquide clair, exhalant l'odeur fétide propre aux papillomes des autres régions. Elle était absolument dégarnie de cheyeux et présentait l'aspect habituel en chou fleur. Comme les cbereux avaient toujours été ramenés sur la tumeur, n surface était plus aplatie que d'ordinaire.

Le traitement doit être le même que pour les papillomes siégeant en d*autres endroits.

SARCOME DU CUIR CHEVELU

Le sarcome du cuir chevelu s'observe quel- ^efois, bien que l'afTection débute plus ordinairement par l'os ou la dure-mère (fongus). 11 parait appartenir le plus souvent à la variété ^culée et présenter les signes habituels qui

(1) Fait cité par Erichsen, Science and art of surftry, Yol. II, p. 384, 1872.

(2) V. Mott, loc, cit,, p. 156.

(3) Virchow, Die Krankhaften Geschwdlste, Bd II, S- (S, 1864.

distinguent les productions sarcomateuses des autres régions.

Le diagnostic ni le traitement n'ont besoin d'être étudiés spécialement ici (1).

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