‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 80 sur 638 · TUMEURS CONGÉNITALES SOLIDES · texte numérisé non relu

TUMEURS CONGÉNITALES SOLIDES

En outre des kystes dermoïdes congénitaux, on rencontre parfois dans le cuir chevelu certaines tumeurs congénitales solides. Elles sont en général situées profondément et adhèrent au péricrâne. Dans un cas de M. Thomas Smith, cité par Holmes (4), la tumeur mesurait 5 centimètres sur 2 centimètres et demi ; elle était lobulée, dure et exclusivement formée de tissu fibreux. Certaines tumeurs, parmi les moins superficielles, contiennent des Itystes, tandis que celles qui sont situées plus près de la surface cutanée sont complètement solides. Ces tumeurs paraissent avoir la même structure générale que les tumeurs congénitales analogues des autres régions.

PNEUMATOCÈLE.

Cette dénomination s'applique à des tumeurs formées par une collection d'air au-dessous du péricrâne et dues à la perforation spontanée des cellules mastoïdiennes ou des sinus frontaux. Pour comprendre la nature exacte du pneumatocèle, il est nécessaire d'écarter de cette étude toutes les tumeurs emphysémateuses du cuir chevelu.

Vemphysème du cuir chevelu peut s'observer en même temps qu'un emphysème généralisé du tissu cellulaire ou résulter de la décomposition de produits inflammatoires sans écoulement. Des tumeurs emphysémateuses locales peuvent encore être dues à des fractures du frontal, des 08 du nez ou de rethmoïde,et aussi, d'après Leduard (5), à la fracture du temporal ; c'est,

(1) Voyez Encycl, de chir,^ t. IV.

(2) Voir plus haut, p. 116.

(3) Follin et Duplay, op. et/., t. III, p. 570.

(4) Holmes, Thérapeutique des maladies chirurgicales des enfants, trad. O. Larclier. Paris, 1810.

(5) Leduard, cité par Heineke, op. cit., S. 10.

FBÉDÉBICK TREVES. — MALFORMATIONS ET MALADIES DE LA TÈTE

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dans chacun de ces différents cas, une cavité contenant de l'air qui a été ouverte. Des tumeurs analogues peuvent aussi se montrer consécutivement à une nécrose du frontal [Warren(i), Duverney (2)], ou à une affection analogue de l'apophyse mastoîde (Prescott Hewett) (3). Ces tumeurs ne doivent pas être confondues avec le pneumatocèle.

Dix faits de pneumatocèle seulement ont été publiés (4); sur ce nombre, neuf fois la tumeur siégeait dans la région mastoïdienne et fut attribuée à l'ouverture des cellules de ce nom ; une fois, elle était située dans la région frontale (5). Neuf de ces dix faits ont été observés chez des sujets du sexe masculin. L*&ge moyen des malades a été d'environ trente ans ; le plus jeune avait dix-huit ans (6), et le plus &gé cinquante-sept (7).

Quand la tumeur occupe la région mastoïdienne, la tumeur est située derrière l'oreille, bien que, dans le fait de Balassa, elle apparut d'abord dans la région temporale. Chez le malade de Jarjavay, elle siégeait au niveau du bord externe de l'orbite. Le pneumatocèle débute sous forme d'une tumeur petite, dure, arrondie, à contour régulier, recouverte par une peau normale. Son caractère pathognomonique, c'est la sonorité à la percussion. Par la pression, on peut vider complètement la tumeur, quand elle n'est pas trop volumineuse, et cette réduction s'accompagne souvent d'un sifflement perçu par le malade dans l'oreille correspondante. Dans un fait de Chavance, la membrane du tympan était rompue, et en pressant sur la tumeur, on faisait sortir l'air par

(1) Warren, Surgical observations^ chapter xm, Boston, 1867.

(2) Duverney, Mémoires de VÂcad, royale des sciences^ p. 18, année 1703.

(3) Prescott Hewett, Lectures on diseases and injuries of the head, Med. Times and Gaz., vol. II, p. 106, 1855.

(h) On trouvera un excellent résumé de tous ces faits dans la monographie d*Heineke, pages 1 1 et suiv. Voir aussi Costes, Moniteur des hôpitaux, t. VII, n** 21-24, 1859 ; Louis Thomas, Du pneumatocèle du crâne, thèse de Paris» 1865; Gayraud, art. Crâne, Dict, encyclop. des se, médicales, 1879.

(5) Fait de Jarjavay, Compendium de chir, pratique, t. m, p. 100.

(6) Balassa, Tumeur emphysémateuse du crâne, Revue méd.'Chir,, 1854.

(7) Voisin, thèse de Paris, 1860, no 209.

l'oreille avec un bruit de sifflet. Dans le cas de pneumatocèle frontal, on pouvait entendre à l'auscultation un sifflement analognie» lorsqu'on essayait de réduire la tumeur. Le pneumatocèle augmente souvent de volume sous Tinfluence d'une expiration forcée. Il est indolent et n'entraîne aucun accident, bien que, dans quelques cas, il se soit accompagné de douleurs locales, de surdité, de vertiges, de défaillances. Ces symptômes augmentent ou apparaissent quand on comprime la tumeur. Dans un cas (fait de Lloyd), il existait une paralysie du bras, et, chez le malade atteint de pneumatocèle frontal, le sens de l'odorat était perdu.

La. marche du pneumatocèle est très lente; c'est habituellement une question d'années. La tumeur augmente de volume d'une façon constante, bien que dans un cas (fait de Lloyd) eDe eût triplé de volume en deux jours. Elle atteint bientôt des dimensions considérables et arriveà occuper une moitié de la voûte du crâne. Des tumeurs de ce volume ne sont guère modifiées par la pression. Le pneumatocèle ne manifeste pas de tendance à la guérison spontanée et eo même temps il n'a jamais entraîné directement et à lui seul une terminaison fatale. Le pronostic est donc favorable.

Anatomie pathologiqae.

L'air qui constitue la tumeur du pneumatocèle est toujours situé au-dessous du péricrftne et provient des cellules mastoïdiennes ou du sinus frontal par perforation spontanée de l'os recouvrant ces cavités. L'analyse chimique apprend que cet air est modifié dans sa composition : l'oxygène est diminué, l'azote et l'acide carbonique sont augmentés. Ces altérations sont analogues à celles qui ont été constatées dans l'analyse des gaz provenant de l'emphysème chimrgi" cal ordinaire. 11 est inutile de faire remarquer que les cellules mastoïdiennes communiquent avec l'oreille moyenne etlesinus frontal avec les cavités nasales. Le péricrâne, dans ces cas, ofl^e un aspect normal, et les limites de la tumeur sont toujours formées par les insertions de cette membrane. L'os sur lequel reposent ces tumeurs et qui est mis à nu quand on les ouvre présente toujours une altération remarquable. Il est extrêmement rugueux et offre de nombreuses saillies et dépressions, irrégulièrement disposées ; ces saillies sont quelquefois asseï volumineuses pour qu'on les sente à travers les téguments, après avoir, par la pression, vidé la tumeur de son contenu. La cause de cette sin-

HÉMATOMES DU CUIR CHEVELU

guliëre altération n'est pas connue. Elle a la même étendue que le décollement du périoste ; et Ton sait que les irrégularités de Tos disparaissent quand le péricrâne adhère de nouveau à la voûte crânienne, ce qu'on observe dans les cas de guérison. L'os mis & nu laisse voir des perforations, mais, bien qu'il nesoitpas douteux que quelquesunes de ces ouvertures communiquent avec les rinus delà région affectée, cette communication n'apoint encore été directement démontrée dans les deux seuls cas qui aient été examinés après la mort (I). La réalité de cette communication repose sur l'observation clinique et ne saurait, ]e crois, être contestée.

Ganses.

Les eauies du pneumatocèle sont encore fort obscures. On sait qu'il est dû à la perforation çontanée de l'os qui recouvre une cellule ou in sinus contenant de l'air, mais ce que l'on ignore, c'est comment cette perforation s'effectue. Les violences extérieures ne semblent pas prendre part à la production de ces tumeurs. Dans un seul des dix faits connus, on peut admettre qu'un traumatisme a joué un rôle étiologique sérieux. Il est donc probable que la perforation résulte soit d'une atrophie progressive et localisée de 1 os, soit de l'action destructive d'une carie sèche (2). La première hypothèse s'appuie sur la comparaison du pneumatocèle avec les altérations qui se produisent quelquefois dans le crâne des individus âgés et qui déterminent des perforations de la voûte (3). Hyrtl (4), en outre, a montré que les cavités aériennes du crâne peuvent prendre un développement considérable par l'atrophie progressiîe de leurs parois ; mais on ne sait rien de la Cause de cette atrophie. Bien des faits viennent à l'appui de l'hypothèse d'après laquelle la perforation serait due à une carie sèche. La douleur et certains autres symptômes qui accompagnent louTentle pneumatocèle, comme aussi l'état de Toi lui-même, tendraient à confirmer cette opiidon. On soutient (5) cependant que les irrégu-

(l)Lecât, Recueil det actes de la Soc. de tante de Lyon^ ^ l« p. 31, 1798 ; Fleary, Obset^vation de pneumatocèle ^ hU, Soc. dechir., 2* série, t. VllI, p. 520. Paris, 1867.

()) Heineke, loc. cit., S. 14.

(1) Voir plus bas, Atrophie du crâne.

(4) Hyrtl, De la déhiscence spontanée de la tH>ûte du tya^Nm el des cellules mastoïdiennes, Comptes rendus kCAcad. des sciences, t. XXX, n» 10, 1858.

iS^Gtyraud, irt. Crâne, Dict. encycl. des se. méd.,

larités de la surface de l'os sont consécutives au décollement du péricrâne, mais ce rapport n'a pas, à mon avis, été démontré d'une façon satisfaisante.

Le traitement du pneumatocèle doit, dans la plupart des cas, être purement palliatif et se borner à une compression douce et continue, exercée sur la tumeur à l'aide d'un coussin approprié et d'une bande élastique; si, en raison de symptômes pénibles, ou pour toute autre raison, une intervention plus active est indiquée, on peut réduire la tumeur, ou, si elle est irréductible, la vider avec un trocart fin, et ensuite maintenir une compression énergique en cet endroit pendant un certain nombre de semaines. Dans un cas de Denonvilliers, la tumeur était fort diminuée de volume au bout de cinquante jours. Dans plusieurs des observations publiées, on eut recours à l'incision, mode de traitement qui doit être sévèrement condamné. Car, dans tous les cas traités ainsi, il y eut une suppuration grave, qui, deux fois, entraîna une terminaison fatale — par pyoémie dans le fait de Lecat et par extension de l'inflammation au cerveau chez le malade de Fleury.

HÉMATOMES DU CUIR CHEVELU

En ce qui concerne les parties molles externes de la tète, les collections sanguines peuvent se former dans trois points :

i^ Au-dessus de l'aponévrose, dans l'épaisseur même du cuir chevelu proprement dit (les hématomes qui occupent cette situation sont généralement petits et circonscrits) ;2<» au-dessous de l'aponévrose dans le tissu connectif lâche qui la sépare du péricrâne (ces collections sanguines sont en général étendues et diffuses) ; 3® au-dessous du péricrâne. C'est seulement aux collections sanguines de ce dernier ordre que s'applique la dénomination de céphalématome. On peut aussi étudier, sous le terme générique d'hématomes, certaines tumeurs sanguines fort remarquables, qui communiquent avec la circulation veineuse intracrânienne.

Hématomes simples du cuir chevelu, — Les collections sanguines simples, situées soit dans l'épaisseur du cuir chevelu proprement dit, soit au-dessous de l'aponévrose, n'ont pas besoin d'être étudiées spécialement à cette place. Elles sont d'origine traumatique, et on trouve ailleurs leur histoire générale et leur traitement.

122 FREDERICK TREVES. — MALFORMATIONS ET MALADIES DE LA TÊTE. [12

n convient cependant de dire un mot des collections sanguiiïes étendues, siégeant au-dessous de Taponévrose, chez les enfants. Elles peuvent envahir la voûte dans sa presque totalité, n*avoir pour limites que les insertions de Taponévrose, et atteindre un volume considérable. Ces tumeurs sanguines peuvent être assez étendues pour simuler une hydrocéphalie (1) ; elles s'en distinguent cependant par les commémoratifs, par l'absence de la forme caractéristique du front, et par ce fait qu'on peut sentir le crâne normal sous la collection liquide. Ces épanchements volumineux sont plus fréquents chez les enfants cachectiques et se montrent souvent à la suite de traumatismes en apparence fort insignifiants (2).

CÉPHALÉMATOMB DU CUIR CHEVELU

Cette dénomination est réservée aux tumeurs sanguines formées entre le péricrftne et Tos, et affectant les enfants nouveau- nés. Ces tumeurs sont très rares. A l'Hospice de la Charité de Marseille, Seux (3) n'a observé que 19 cas de céphalématome sur 5,674 enfants nouveau-nés, soit une proportion d'environ 1 sur 298. Bouchacourt (4), d'après un ensemble de statistiques dressées par d'autres observateurs, établit une proportion de 1 sur 230 naissances.

Le céphalématome est beaucoup plus commun chez les garçons que chez les filles , et il passe pour être un peu plus fréquent chez les enfants des primipares que chez les autres.

Siège.

La plupart de ces tumeurs sont situées sur les pariétaux, et plus souvent du côté droit que du côté gauche. Elles occupent généralement l'angle postérieur et supérieur de l'os. Ailleurs elles sont très rares. On les a observées quelquefois

(1) Holmes, art. Régional sorgbry, System ofsurgery, 2d éd., vol. V, p. 963.

(2) Voir une observation remarquable du D' James Finlayson, relative h un garçon de S ans ; la tumeur était assez volumineuse pour simuler une hydrocéphalie, et il n'y avait pas de traumatisme dans les antécédents. Le cas se termina fatalement [Glasgow Med, JoumaL 1880, p. 190).

(3) Seux, Recherches sur les maladies des enfants nouveau-nés, Paris, 1863.

(4) A. Bouchacourt, art. CÉPHALéMATOVB, Dict. encyclopédique des sciences méd. — Voyez aussi Tarnier^ art. CiPHALÂMATovB, Nouvtau dict. de méd. et de chir, pratiques, Paris, 1867, t. VL

sur Toccipital, moins souvent sur le frontal, Jamais sur le temporaL 11 peut en exister une, ou même plus d'une, sur chaque pariétal.

Anatomie pathologique.

Le péricr&ne qui circonscrit le sang épanché est absolument sain, sauf dans certaines circonstances qui seront mentionnées plus loin. L'os sous-jacent présente son aspect normal, bien que, dans les cas de vieille date, il puisse devenir rugueux et se recouvrir d'aspérités par suite du dépôt d'os nouveau à sa surface (1). Dans quelques conditions rares, il peut être aminci, et plus rarement encore perforé (2). Le sang contenu dans la tumeur peut être liquide et se coaguler quand on l'évacué ; mais plus ordinairement on le trouve plus ou moins coagulé et ayant la consistance d'une gelée. Quelquefois il semble être enveloppé d'une sorte de pseudomembrane. Avant longtemps, en général dans l'espace d'une semaine, il se produit à }a périphérie externe de la tumeur certaines modifications, qui aboutissent à la constitution, sur le pourtour de la masse morbide, d'un anneau osseux, ou bourrelet. Ce cercle osseux est caractéristique du céphalématome. 11 occupe précisément l'angle formé au point où le péricrâne abandonne réellement l'os, et comme la face de l'anneau qui regarde la collection sanguine est perpendiculaire au plan du crâne, on peut voir que ce bourrelet, sur une section transversale, doit présenter une forme triangulaire (3). La substance osseuse constituant l'anneau se détache aisément de l'os sous-jacent, qui alors apparaît normal. Semblables productions osseuses s'observent chez les lapins sur lesquels on a produit expérimentalement ce soulèvement du péricrâne (4). A mesure que le céphalématome diminue, le cercle osseux disparait et avec le temps ne laisse pas la moindre trace de son existence. Dans certains cas, spécialement dans les cas anciens, il se forme une couche mince d'os au-dessous du péricrâne décollé, et un céphalématome ainsi modifié craque souvent sons le doigt comme une coquille d'œuf (5).

(1) West, Diseases of infancy and chUdhnod^ 6^1» éd., p. 59, 1874.

(2j Follin et Duplay, Traité de path. ext., t, lU, p. 5S6, 1869.

(3) On trouve une bonne figure représentant cet anneau osseux dans Follin et Duplay, op, cit,, p. 558.

(4) Bouchacourt, loc. cit., p. 5.

(5) Cette transformation est bien décrite dans Chelius, Surgery, édition de Soulth, vol. H, p. 449.

CÉPHALÉMATOME INTERNE.

CSanses.

Valleix (1) et Paul Dubois (2) ont montré que, chex les nouveau-nés, la table externe du crâne est poreuse, yasculaire, incomplète ou n'existe pas par places. Les vaisseaux du diploé sont donc à peine protégés par les canaux osseux , et Q est facile de comprendre qu'une pression insignifiante exercée sur le crâne flexible d'un enfant, pendant l'accouchement, peut faire glisser le péricrftne sur l'os sous-jacent, et, en intéressant légèrement les connexions vasculaires, produire une hémorrhagie. Les recherches de Boachacourt (3) établissent qu'à la base des tuméfactions si communes sur la tête des nouveau-nés, se trouve presque invariablement une légère hémorrhagie sous le péricrâne. Une petite compression de la tète par le bassin de la mère, ou, comme le veulent certains auteurs, les contractions de l'utérus lui-même sur la tétede Tenfant, peuvent réaliser toute la violence nécessaire pour produire un céphalématome. On sait que cette tumeur sanguine s'observe chei les enfants venus au monde de la façon la plnsprompte et la plus facile et qu'on Ta rencontrée dans des présentations de l'épaule ou des pieds. Aussi certains auteurs assignent-ils à Vaffection une origine spontanée ou même intrautèrine. Je crois cependant qu'on peut ajuste titre attribuer le développement du céphalématome à une violence, si insignifiante qu'elle soit, pendant l'accouchement.

Le céphalématome est peu noté au moment de la naissance; ordinairement il apparaît dans Ut quarante-huit heures. Quand on l'observe pour la première fois, il a généralement le volune d'une noisette; il augmente peu à peu, et en quelques jours peut acquérir le volume d'un marron. Certains céphalématomes sont aussi gros que des œufs de poule, et Ghelius dit que U tumeur peut recouvrir tout l'os pariétal. La tomeur est circonscrite, molle, élastique, légèrement fluctuante et indolente. La peau qtii la recouvre est normale ou a changé à peine de tooleur, si quelques jours se sont écoulés ; elle ttt tendue, si la tumeur, a grossi rapidement.

(1) Valleix, Clinique des maladies des enfants nou- ^tati-nés, p. 494. Paris, 1839. — Voyez aussi Gharpen- ^1 Traité pratique des accouchements. Paris, 1883.

CI) P. Dubois, art. CÉPHALéMATOXB, Dict, de médC' «le, en 30, 2« éd.

(}) Boachacourt, loc, cit., p. 6.

Les tumeurs sont toujours exactement limitées par le péricrâne, et par suite elles ne s'étendent jamais au delà d'une suture, ce qui constitue un caractère important au point de vue du diagnostic. Au bout de peu de jours, on peut sentir autour de 1^ tumeur molle un anneau modérément dur. Cet anneau est probablement dû & une coagulation partielle, et il est bientôt remplacé par un anneau absolument dur, qui, ainsi qu'on Ta vu plus haut, est réellement osseux. Quelquefois aussi on peut sentir la crépitation en coquille d'œuf, due à une ossification sous-péricrftnienne. Après avoir atteint certaines dimensions, la tumeur commence & diminuer. A mesure qu*elle devient plus flasque, le cercle osseux se distingue mieux ; c*est, des différents éléments de la tumeur, le dernier à disparaître.

Ces tumeurs ne présentent pas de battements, si ce n'est, ce qui est fort rare, lorsqu'une artère du voisinage donne une faible impulsion à la masse ou lorsqu'il existe en môme temps un céphalématome interne communiquant.

Les points principaux à considérer dans le diagnostic du céphalématome sont l'époque de son apparition, sa tendance à augmenter de volume, son élasticité, l'existence du bourrelet osseux, et l'exactitude avec laquelle la tumeur se limite à un seul os.

Pronostic.

Le pronostic est très favorable. Dans la majorité des cas, la guérison spontanée a lieu dans les quinze jours ou deux mois qui suivent l'apparition de la tumeur. Dans quelques cas, celle-ci a suppuré, et dans des circonstances encore plus rares on a signalé la carie ou la nécrose de l'os sous-jacenL

Traitement.

Le traitement du céphalématome consiste simplement à abandonner la tumeur à elle-même. L'intervention est toujours inutile, sinon nuisible. Cependant si la tumeur devenait douloureuse ou si elle persistait au delà de deux mois, on pourrait l'évacuer par aspiration et exercer sur elle une compression énergique. Je ne mentionne ici que pour les repousser les résolutifs, la compression, le séton, le cautère et les incisions.

CÉPHALÉMATOME INTERNE.

Celte dénomination s'applique aux hémorrhagies entre la dure-mère et l'os observées chez

FREDERICK TREVES. — MALFORMATIONS ET MALADIES DE LA TÊTE

les nouveau-nés. Il est impossible de reconnaître le céphalém atome interne pendant la vie et son étude n*oflre aucun intérêt pratique. Quelquefois cependant une hémorrhagie dans ce point peut coïncider avec un céphalématome externe, et assez fréquemment les deux tumeurs sanguines communiquent à travers une fissure, d'où l'existence de pulsations communiquées dans la collection extérieure. Les tumeurs de ce genre sont toutefois très rares, et en général elles se terminent rapidement par la mort. On peut les confondre avec des méningocèles, mais elles s'en distinguent par leur petitesse, leur forme aplatie, l'absence de pédicule, leur opacité et leur siège habituel sur les pariétaux, région où Ton n'observe pas de méningocèles.

CÉPHALÉMATOME DES FEMMES.

Le céphalématome des femmes de quelques auteurs français répond à une tumeur qui se développerait, dit- on, dans le cuir chevelu des femmes et des jeunes filles et accompagnerait un retard de la menstruation.

TUMEURS SANGUINES DU CUIR CHEVELU EN COMMUNICATION AVEC LA CIRCULATION INTRA-CRANIENNE (1).

Ces tumeurs sont fort rares et consistent essentiellement en une collection de sang veineux au-dessous du péricrâne, communiquant par une perforation de l'os avec le sinus longitudinal supérieur. On n'a point encore démontré l'existence de communication avec d'autres veines intracrâniennes, bien que Dupont ait essayé de prouver que, dans quelques cas, la tumeur communique avec les veines du diploë.

La communication avec le sinus peut être le résultat d'un traumatisme ou s'opérer spontanément. Pott (2) donne un fort bon exemple de la première de ces conditions étiologiques. A la suite de la pénétration d'une esquille osseuse

(1) Ces tumeurs ont été fort bien décrites par Dupont (Thèse de Paris, 18S8, n* 78), et aussi par Hermann Demme {Virchow's Archiv, Bd XXII, H. 1, 2, 1861); ce dernier auteur a essayé de diviser ces tumeurs en trois catégories distinctes. Voir aussi Gayraud, art. Ckane, Dict, encyel. des se, mid.^ p. hKK, 1879. Dufour {Comptes rendus de la Soc. de biologie, l^ série, t. III, p. ISS. Paris, 18SI;, et Hutin (Mémoires de méd,, de chir, et de pharmacie militaires, 2* série, t. XIV. Paris, 18S4} ont donné le résul- Ut d^autopsiei.

' (2) Percivai Pott, Chirurgical Worki, voL I, p. 1S6, Londoo, 1008.

dans le sinus longitudinal supérieur, i une des tumeurs sanguines en questi à la façon dont s^effectue la perforati< née de l'os, notre ignorance est compi point. On a mis en avant bien des Ih uns soutenant que la perforation est d'une atrophie de l'os au niveau d'ur settes qui logent les glandes de Pacch très qu'elle est due à une lésion osseuse enfin qu'elle est déterminée par la variqueuse d'une veine émissaire du sang est, au moins dans les premle situé au-dessous du péricr&ne ; mais, < ques cas, il peut traverser celte memb montrer au-dessous de la peau. Quand est d'origine traumatique, on trom communication anormale est entre une perte de substance ou une fissur mais, dans les cas de perforation spoi rencontre en général plusieurs orif quelques-uns très petits. A part ces o Tos présente habituellement un aspec Quelquefois il existe un petit anneau o périphérie de la tumeur^ comme dans lématome.

Le plus souvent la tumeur siège dam frontale, plus rarement dans la région et exceptionnellement dans la régio taie (1). Dans tous les cas, elle est sui des sinus. Ces tumeurs déterminent gêne qu'on les découvre d'ordinaire dent. Elles ne sont jamais grosses : \e\ est en général celui d'un marron; i rondes et molles, possèdent un conte ment liquide, et la peau qui les recou bien normale, ou bien amincie et vioh sont réductibles par la pression, soit ment, soit en partie, et, après la rédi peut quelquefois découvrir la perforatio et prévenir la réapparition delà tumei un temps, en appliquant le doigt sui tumeurs augmentent de volume penda quand le malade baisse la tôle, ou quan prioie les veines jugulaires interne:

Dans certaines conditions rares, on pi suivant l'expression de Pott, « une soi sation sourde». 11 n'y a jamais de bruit i Les tumeurs sanguines dont je parle peu de tendance à augmenter et encor

(1) Voir cependant les faits de Fiint [Ne Joum, of Med.f vol. IX, p. 112) et de J (British and Foreign med, chir, Review, \ p. 212, 186S).

CTES SÉBACÉS OU FOLLICULAIRES. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

lëment. Dans un petit nombre de minent de la douleur et du vertige snt par la pression] ; mais d'une Le, elles n'entraînent pas d'acci-

estdonc absolument favorable aussi le ces tumeurs ne subissent aucune

Diagnostic.

(Dostiquer ces tumeurs des varices Kiperficielles, on peut se servir d'un roîre ou de plomb. Cet anneau est itète, de façon à entourer la tumeur r ènergiqaement sur le cuir chevelu.

! ample ne peut être réduite tant que .'enserre, tandis que la présence de le modifie en rien la réductibilité de la tagoine. Ces collections peuvent se rdee collections du pus, qui, siégeant A dehors et en dedans du crâne, com- QtàtraTers Vos, par Fabsence de toute lâoQ antérieure et des signes habituels lyiederos.

Traitement.

■^fttWwin de traitement. Tout ce qui

*»"R, t'est de proléger la tumeur avec

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1Ï5IES bV CUIB CHEVELU.

fsics do cuir chevelu comprennent, à ^ parler, les kystes sébacés ordinai- 7^ congénitaux ou dermoïdes, et les Km. Arec les kystes sébacés ordinaires, d, pour la commodité de la description, ^foUkulairesdu cuir chevelu et les cornes»

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