TES SÉBACÉS OU FOLLICULAIRES
Anatomie pathologique.
» forment les tumeurs les plus com- ^ir cheveju; elles sont connues dans os la dénomination de «loupes ». Au ; de leur nature, elles peuvent être
rangées parmi les kystes par rétention, car elles sont dues, au moins pour la plupart, à une accumulation de sécrétion dans les follicules sébacés de la peau. Un grand nombre d'entre elles offrent à leur surface un point noir qui représente Toriflce encore béant du follicule considérablement distendu. Certaines, toutefois, n'ont pas d'orifice de ce genre, et on les a considérées comme formées aux dépens de follicules avortés, de follicules incomplètement développés, qui, probablement, n'ont jamais contenu un cheveu et ne se sont jamais ouverts &la surface de la peau . La paroi du kyste est généralement distincte et bien formée; au début mince et souple, elle peut devenir, avec le temps, plus épaisse et plus résistante. Elle est tapissée d'une couche d'épithélium stratifié, et il est important de noter qu'entre cet épithélium qui la double et le contenu épithélial, il n'existe pas de ligne de démarcation distincte (1), Le contenu des kystes varie. Dans ce que l'on peut regarder comme leur état le plus caractéristique, ces kystes sont formés par des couches d'écaillés épidermiqueS| molles, blanchâtres, avec une tendance très nette au ramollissement vers le centre de la masse. Tel est l'aspect observé dans les kystes jeunes, mais dans les tumeurs de vieille date la nature du contenu varie considérablement. Il peut être complètement pultacé, ou le centre peut être pultacé tandis que la matière épidermique, à la périphérie, est, par suite de la pression qu'elle supporte, devenue assez dure pour présenter l'aspect d'une couche distincte, lamel- Icuse, cornée. C'est de celte façon que se forment les kystes qualifiés à tort de « kystes à parois épaisses » ; l'épaisseur de la paroi est due, non point à des transformations de la mince paroi ou capsule, mais simplement à l'état lamelleux du contenu. Des portions de la masse cornée qui forme la prétendue « paroi » de ces kystes peuvent se détacher et devenir libres au milieu du contenu plus mou, et on peut quelquefois sentir distinctement ces masses indurées à travers les téguments (2). D'autres fois, le contenu peut être à peu près ou complètement liquide, et même, suivant sir PrescottHewett, devenir transparent. Il peut encore présenter une coloration anormale par son mélange avec du sang, ou contenir de la cholestérine (cholestéatome). Enfin le contenu peut devenir solide et analogue à du mastic, ou se crétacer, et, d'après
(1) Cornil ot Ranvler, Manuel d'histologie patholo' gigue, 2« éd., 1. 1, p. 350, 1881.
(2) Heweiij Sebaceous tumors of the cranial région, Saint-George' s hosp. Reports, vol. IV, p. 96, 1869.
FUÉDÉRICK TREVES. — MALFORMATIONS ET MALADIES DE LA TÊTE
Heineke (1), on peut observer une ossification particulière de Tensemble delà tumeur. Ce dernier observateur dit que la calcification n'est pas rare dans les petits kystes.
Ces tumeurs sont situées primitivement dans les tissus sous-dermiques entre la peau et Taponévrose du muscle occipito -frontal, et n'ont au début que des connexions fort lâches avec les parties adjacentes, au point de pouvoir rouler aisément sous le doigt. Elles deviennent bientôt plus adhérentes, surtout si elles s'enflamment à un moment. La peau qui les recouvre, bien que normale au début, s'amincit, prend une coloration rosée et se dégarnit plus ou moins de cheveux. D'autre part, en se développant vers la profondeur, le kyste, quand 11 atteint de grandes dimensions, vient souvent en contact avec le crâne. On admet aujourd'hui généralement que cette variété de kyste sébacé n'attaque pas l'os sous-jacent et n'en détermine jamais la perroration (2). Tout ce qu'il peut produire, c'est une dépression insignifiante à la surface du crâne, et le fait est même contesté par quelques auteurs.
Étiologie.
Véiiologîe de ces kystes est peu connue. Souvent ils sont nettement héréditaires; plus communs chez la femme que chez l'homme, ils apparaissent d'ordinaire pour la première fois dans l'udolcscence et au commencement de l'âge adulte. Ils sont beaucoup plus rares sur le front et les tempes que sur les parties recouvertes de cheveux, ei paraissent souvent résulter de violences extérieures ou d'un érysipèle.Surle cuir chevelu, ils sont souvent multiples. Le professeur Gross cite le fait d'un homme qui portait deux cents de ces tumeurs (3).
Marche et terminaisons.
Le développement de ces tumeurs est d'ordinaire très lent, et dure en général des années.
II varie cependant dans des proportions considérables. A un moment, le kyste peut demeurer stationnaire un temps indéfini. D'une façon générale, ces tumeurs n'acquièrent pas un grand
(1) Heineke, loc. cit,j p. 37. Il croit que rossiflcition a Hou par la formation de tissu connectif, qui apparaît au milieu de répithéllum.
(2) Voir une discussion intéressante devant la Société de chirurgie d'Islande, 6 avril 1866, à la suite d'une communication du D^ B. Wills Richardson.
(3) Gross, System of surgery^ S*"» éd., vol. II, p. 114. Phiiadelphia, 1877.
volume. Toutefois les plus volumineuses s'observent sur le cuir chevelu, et d'ordinaire à sa partie postérieure; en ce point, elles peuvent atteindre des dimensions énormes. Au sourcil, elles ne prennent que rarement, ou jamais, un développement considérable. La peau peut se rompre spontanément et donner passage au kyste, mais cette terminaison est plus habituellement le résultat d'un traumatisme. A toutes les périodes de son existence, le kyste peut suppurer. Cette suppuration est d'ordinaire fort longue, et il en résulte un trajet fistuleux qui, pendant un temps indéfini, fournit un pus liquide mêlé au contenu fétide du kyste. Il peut s'ensuivre une ulcération étendue, et c'est ainsi que se produit « l'ulcère fongueux ou folliculaire ». Après l'ouverture du kyste, mettant à nu la couche épithéliale qui tapisse la face interne de sa capsule, un mode particulier de prolifération de l'épithélium peut donner lieu à la formation de « cornes ». On a publié des exemples de résorption complète et de disparition de kystes sébacés. J'ai eu récemment dans mon service une femme qui a présenté cette particularité. Le kyste avait le volume d'uoe grosse bille.
Diagnostic.
Le diagnostic est facile et peut être établi d'après les remarques qui précèdent. « Les points principaux à considérer, en outre de ceux qui sont communs à tous les kystes, c'est la situation de la tumeur immédiatement sous la peau ; sa forme régulière, unie, arrondie oa ovoïde, que la pression peut dans quelques cas modifier quand le contenu du kyste est formé d'une substance molle, susceptible de se modeler diversement sous le doigt ; sa grande mobilité ; l'existence à son centre d'un point noir; son origine héréditaire ; la lenteur de son dévelo ppement ; l'intégrité des tissus à son voisinage immédiat; l'absence de tout changement de volume sous l'influence des battements du cœur ou des mouvements respiratoires, et aussi l'absence de tout symptôme cérébral, quand on la comprime (1). »
Traitement.
Le seul traitement consiste dans l'ablation. D'une façon générale, les kystes du cuir chevelu s'énucléent très aisément. Quelquefois, quand le kyste est petit, on peut l'enlever en
(1) J. Paget et C. H. Moore, art. Tumors ; Holmet's, System of surgery, 2d ed./vol. I, p. 517.
CORNES DU CUIR CHEVELU
entier au prix d'une très légère dissection. ÉprouTe-t-on quelque difficulté, on peut ouvrir la tumeur partransfixion, et ensuite arracher de force le kyste avec une pince. II est essentiel d'enlever toutes les portions de la paroi kystique. Pour aucun motif, on ne doit essayer d*enleyer un kyste sébacé, pendant qu'il est le siège d'une inflammation aiguë. A ce moment, il faut se contenter de ponctionner le kyste, appliquer un cataplasme, et remettre toute opération jusqu'à ce que les symptômes inflammatoires les plus menaçants aient disparu. Quand le kyste est très Tolumineux, il peut être nécessaire d'enlever un peu de la peau en excès. Si, pour quelque raison, on laisse une portion de la paroi, il faut toucher fortement la surface épithêliale avec le nitrate d'argent solide pour détruire les éléments sécrétoires et ensuite bourrer la plaie. Étant donnée la fréquence de ces ablations de kyste et le peu d'attention que l'on accorde en général au traitement consécutif, on peut dire que ce procédé opératoire n'est pas plus fréquemment suivi d'accidents fâcheux que loute autre plaie simple.