‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 93 sur 638 · NÉCROSE DU CRANE · texte numérisé non relu

NÉCROSE DU CRANE

Étioloffie.

li nécrose peut se montrer à la suite de trau- 'tees de tout genre, surtout à la suite de

^f^ LoHcef, fcb. 5, 1801.

fractures où des fragments d'os ont été plus

(1) R. Volkmann {loc, cit,) a pratiqué cette opération dans qaatre cas de tuberculose perforante et en a obtenu de bons résultats.

(2) Bryant, Médical Times and Gazette, vol. Il, p. 158, 1860.

FREDERICK TREVES. - MALFORMATIONS ET MALADIES DE LA TÊTE

ou moins complètement détachés du crftne et privés ainsi de leurs connexions vasculaires. Elle peut aussi se montrer à la suite de simples contusions de la lête, et, dans ces cas, elle est probablement due à quelque lésion des vaisseaux sanguins qui nourrissent Tos. 11 a pu y avoir un épanchement de sang dans le diploé, avec quelque lésion du tissu diploïque, ou un épanchement a décollé la dure-mère de l'os, ou bien encore un décollement analogue s'est produit pour le péricrâne. Comme les os du crâne reçoivent surtout le sang de la duremère, une lésion de cette membrane produit plus sûrement la nécrose qu'une lésion correspondante du péricrâne. La nécrose peut aussi être consécutive à des brûlures ou à l'action de substances corrosives. Elle peut aussi servir de terminaison à l'ostéo-périostite aiguë ou chronique. Elle peut être due à la scrorule, et, chez les individus qui présentent cette diathèse, on l'observe surtout après les fièvres éruptives. Mais, si on excepte cette forme légère de- nécrose superficielle (exfoliation) qui est fréquente après certains traumatismes, c'est certainement à la syphilis qu'il faut s'adresser pour trouver la cause la plus habituelle de la nécrose du crâne. D'après quelques auteurs, les neuf dixièmes des cas de nécrose du crâne peuvent être attribués à la forme tertiaire de cette affection. Ueineke (i) cite un fait remarquable de nécrose des portions conliguës du frontal et des pariétaux et de la grande aile du sphénoïde, qu'il a observé chez un malade âgé de dix-neuf ans, à la suite d'une fièvre typhoïde. A l'autopsie, on trouva que lartère méningée moyenne était oblitérée par un thrombus.

Anatomie pathologiqne.

Le siège de la nécrose varie considérablement. Quand elle est due à un traumatisme, elle peut naturellement affecter n'importe quel os, mais les formes idiopathiques attaquent particulièrement le frontal et les pariétaux, et se rencontrent rarement sur l'occipital. On voit aussi une grande variété dans l'étendue de la maladie. Le processus nécrotique peut intéresser l'épaisseur totale de l'os, ou n'affecter que la table externe ou la table interne. Son siège le plus fréquent est la table externe, tandis que la nécrose isolée de la table interne est extrêmement rare. Quand les os du crâne sont nécrosés dans toute leur épaisseur, la table e.\-

(I) Hoineke, loc. ci7., S. 05.

terne présente d'ordinaire des lésions plus étendues que la table interne; ou, bien souvent, le travail de destruction a fait sur les deux faces des progrès égaux. 11 se présente quelquefois des cas dans lesquels toute l'épaisseur du crâne est détruite sur un point, et une table seulement sur un autre. La nécrose a d'ordinaire une étendue limitée. Quand la table externe seule est intéressée, l'affection prend habituellement la forme d'une exfoliation de l'os, et quelquefois les fragments osseux ainsi détachés sont assez petits pour être presque imperceptibles. Cette variété de nécrose est fréquente après les plaies du cuir chevelu avec dénudation d'une portion considérable du crâne. On a cependant publié de nombreuses observations d'une nécrose très étendue. Un des faits le plus souvent cités de nécrose étendue est celui de Saviard, où toute la voûte du crâne se nécrosa à la suite d'une blessure à la tête. Comme ce fait présente une importance sérieuse et un grand intérêt, je donnerai en son entier l'observation de Saviard :

« Une pauvre malheureuse sortit de THêtel-Dien afl mois d'octobre 1688, après avoir été malade pendant plus de deux ans, en suite d'une playe à la tâie qu'elle 8*étoit faite en tombant pour avoir bu du vin avec excès. La partie supérieure de l'os coronal, les deux pariétaux entiers, et une grande portion de l'ot occipital s'étant découverts dans la suite du traitement, s'exfolièrent dans toute leur épaisseur et se séparèrent en môme temps : de sorte que cette exfoliation ressembloit au dessus d'une tète que Ton auroit sciée et séparée du reste du crâne. L'on voyoit, à l'endroit d'où cos os étaient sortis, le l^attement de la dure-mère qui n'étoit cou?erteque d'une pellicule fort amincie (1).»

Norris (2) donne l'observation d'un malade qui avait perdu des portions considérables des pariétaux et des temporaux, ainsi qu'une grande partie du frontal et de l'occipital. L'affection s'était déclarée à la suite d'une chute sur la tête. Un fait assez analogue est rapporté par Drummpnd (3) : une nécrose également étendue avait suivi une plaie du cuir chevelu. South (4) a publié l'observation d'une femme qui, en neuf ans, perdit la plus grande partie des deux pariétaux, et quelques portions des temporaux, du frontal et de l'occipital, par suite

(1) Saviard, Recueil (fobserv. chirurg., p. 886, 1762.

(?) Norris, Trans. Med, Soc. Lond.^ vol. I, p. 168, 1810. Le crâne est au Musée du Collège royal de8Cliirurgien«.

(8) Drummond, Med, Cliir. Trans., yoI. XXXIV, p. 103. 1851. Un modèle en cire de la tète du malade est conservé à l'Hôpital Hadlar, de Portsmoutb.

(4) Soutb, Chetius*8 surget^y^ vol. I, p. 699, 1^47

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