‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 94 sur 638 · NÉCROSE DU CRANE. — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

NÉCROSE DU CRANE. — PRONOSTIC

d'une nécrose que I on supposa d ongine sy phililique

[Le Tait suivant ie Vidal de Cassis, est égale ment intéressant (1)

■ Il eil nonk 1 liApiUl de Loarcine (saplembre 1S40) aoe femme qui tint une nécrasa occupant tout le coroBal, ans partie dei pviétaui eapendant cette famine ne «oulTrait nullemeol, maii soai 1 innucnce d'une épidémie elle fnt prlie d an érysipèla qui 1 * taée. Son crtne est très curieux (flg ISSe) il préaentc

Fig. Iâl6. — Nccrose des

la DéeroM fc tout lOi degrés ; I* ilmple érosion de la table eUerne; 3° perte de tnbitaiice de lonle l'^palt- «car de cette tabla ; 3° dn diploj ; i' enfin perfora- Ikw. 11 est remarqnable qne le diploé leal a travailli^ an peu à la réparation. Celte remme a tot^Joun sou- Igng qu'elle n'avait Jamais ea de maladies véndrien-

Le mode de séparation du «équestre est te même que celui qui s'observe dans la nécrose ia autres régions, el le seul caractère analooio-palhologique spécial à la nécrose du ntoe est l'absence de toute formation d'os Doaieau. Il n'y a pas inTagination du Tragment tôt morliflé el il ne se forme pas de produclioB osseuse nouvelle pour combler le vide laissé fU l'extraction de ce fragment. Si la table Même seule se sépare, des granulations nais- Hat de l'os sous-jacent mis à nu; elles for-

,1] Vidal de Casais, Traité de pathologie externe, (d. rano, I. II, p. en.

Encyd. de chinr^e.

ment un tissu fibraux qui, avec le secours du pëncrftnc comble la perle de suliatance de la surface osseuse Si l'ëpaisseur totale d'un os du crSne est comprise dans le séquestre, des granulations naissenl de l'os voisin, du péricràne et de la dure mère, pour former une masse de tissu fibreux qui comble plus ou moins parfaitement le vide Les bords irréguliers do la solution de continuité s'arrondissent el présentent une inclinaison en pente; mais là se borne le travail de réparation. Toutefois, chez certains siphililiques, il peut se former une petite quantité dos nouveau autour du séquestre, de façon & I enchâsser comme esl enchâssé un verre de montre, ou, à défaut d'une néoformation aussi complète, on peut quelquefois observer snrla table externe, au voisinage de la nécrose un léger dépôt d'os poreux, qui affecte souvent une configuration annulaire (I). Il est important de noter que la nécrose n'est pas arrêtée par tes sutures, et que souvent même clic intéresse les portions conliguës de deux ou plusieurs os à la fois.

SymptAmes «t diacnoatlc.

Au sujet des symptàmes et du diagnostic, il n'esl besoin de rien ajouter à ce qui a été dit ailleurs. Comme il est facile de te supposer, on peut voir apparaître des simptômes spéciaux, dus à la lésion consécutive des organes nerveux voisins. Sir James Pagel, par exemple, a rapporté un fait remarquable d'atropbie marquée de la moitié droite de la langue, consécutive à une nécrose traumatique de l'occiput. Le nerf hypoglosse avait été évidemment intéressé à son passage à travers l'os malade. Après qu'au eut enlevé le séquestre, la langue revint rapidement à son état normal (2).

Pronostic.

Dans la nécrose légère n'intéressant que la table externe, la guérison a lieu, en général, après une durée asseï courte de la maladie. Hais quand la nécrose est plus étendue et que toute l'épaisseur de l'os est intéressée, la marche de la maladie peut être très chronique et se prolonger souvent plusieurs mois et mCmc plusieurs années. Quelques-uns des cas les plus graves se sont terminés par la guérison

(1) Comll et Ranvier, Manuel tfhislologte palhalogiqae, p. tOâ, IIJSI.

(t) Sir J. Paget, TraM. of clin. Soc, vol. Il, p. TiS.

FREDERICK TREVES. — MALFORMATIONS ET MALADIES DE LA TÊTE

sans accident; mais, aussi longtemps que le séquestre n'est pas séparé, les risques courus par le malade sont considérables. La mort peut survenir par épuisement, comme dans le fait de Norris cité plus haut, mais plus ordinairement elle est due à la méningite, à la thrombose suppurative d'un des sinus crâniens, à la compression du cerveau par le pus formé entre la dure-mére et l'os, ou à Finfection pyoémique. La probabilité des lésions cérébrales dans les différents cas est difficile à établir. Elles sont le plus fréquentes après la nécrose de Tapophyse mastoïde, et le plus rares après celle de la région frontale. On les a vues survenir dans des cas où Taffeclion osseuse était absolument insignifiante, et faire défaut alors que la dure-mère était mise à nu sur une étendue considérable. En l'absence de toute statistique, il semble que les troubles cérébraux s'observent plus souvent après la nécrose syphilitique qu'après la nécrose traumatique.

Traitement.

11 faut évacuer immédiatement les collections de pus et assurer un libre écoulement à tous '

les produits inflammatoires. La nécrose superficielle de la table externe peut être abandonnée à elle-même, ou bien on peut aider ]g processus d'exfoliation par une application d'acide sulfurique faite avec prudence. Les séquestres devenus libres doivent être extraits le plus tôt possible, et, si le fragment nécrosé est trop volumineux pour qu'on puisse l'enlever à l'aide d'incisions raisonnables, on peut y porter le trépan de façon à l'extraire par fragments. On peut encore recourir à la trépanation dans les cas fort rares où la compression du cerveau est produite par une collection de pus entre la dure-mère et l'os. Après l'extraction du séquestre, il faut prendre toutes les précautions pour garantir la partie des violences extérieures, tout en maintenant la plaie dans un état de scrupuleuse propreté.

La certitude bien acquise que la dure-mère est mise à nu dans tous les cas me semble constituer un argument en faveur de l'ablation rapide du séquestre, bien plutôt qu'une excuse pour le laisser en place pendant un certain temps, ainsi que l'ont conseillé vaguement certains auteurs.

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