IS
alignées par Pruner (1). Dans le cas où le pénis est encore dégagé, le malade est placé dans la position indiquée pour la taille « dans laquelle la tumeur peut être bien soutenue et le pénis rejeté en arriére et en haut; on pratique deux incisions latérales semi-lunaires allant de l'extrémité antérieure du raphé scrotal à la base du pénis, jusque vers la marge de l'anus. Ces incisions délimitent deux lambeaux elliptiques qui, une fois disséqués avec soin, serviront à former le futur scrotum. Après la formation de ces deux lambeaux, on dégage les testicules et les cordons spermatiques de chaque côté par des incisions dirigées de haut en bas et perpendiculaires aux lambeaux, et on les sépare avec précaution des tissus sous-jacents ; puis, toutes les complications qui peuvent se présenter, telles que rhydrocèle, par exemple, ayant été traitées, on excise avec attention toute la portion de la tumeur attachée au périnée, et la masse entière de la tumeur se trouve emportée... Les testicules et les cordons spermatiques qui, pendant ce temps, ont été enveloppés de linges chauds imbibés d'un liquide mucilagineux et rejetés sur le ventre, sont ramenés en bas et cachés sous les deux lambeaux latéraux, soigneusement rapprochés et maintenus en place par des points de suture, des bandes de sparadrap, etc. Si le pénis se trouve déjà enseveli dans la tumeur, Topération doit être modifiée sur quelques points. Il faut alors tailler un lambeau
rectangulaire destiné à couyrir le pénis et deiUL lambeaux latéraux ovalaires pour constituer le scrotum nouveau, enlever le sac qtie forme la gaine primitive du pénis, isoler les testicules et les cordons spermatiques de la masse environnante, etc. » Le D' Osgood (t), de l'hftpital de Foochow, rapporte 60 cas d'opérations de ce genre pratiquées en Chine et suiries de succès ; plusieurs de ces tumeurs étaient énormes.
Sur les 28 opérations de Fayrer, 22 furent suivies de guérison et 6 de mort, une par suite du « choc » causé par l'opération et les autres par pyohémie. Le même chirurgieD, analysant 493 cas, indique, pour cette opération, une mortalité générale de IS p. iOO. Podr diminuer rhémorrhagie pendant le cours de Ti^èration, il faut avoir soin, plusieurs heures àFavance^de soulever les parties et de comprimer le col de la tumeur au moyen d'un « chunp » (Fayrer), d'un nœud coulant (Mactier) ou d'un tube d'Esr march, comme l'ont fait Partridge etCayley,de Calcutta.
Les tumeurs vasculaires de YElephaïUim teleangiectodes peuvent être traitées pendant leurs premières phases comme de vastes nceri, suivant les règles courantes de la chirurgie; mais quand elles sont quelque peu considérables, il y a peu de chose à espérer d'ancoo moyen de traitement.
PIED DE MADURA. (Synonymes : Mycetomay Podelkoma^ Fungus foot of India.)
C'est une maladie destructive du pied, et quelquefois de la main, qui règne dans certaines parties de l'Inde. Le pied subit un gonflement considérable, se déforme et présente de nombreux tubercules saillants percés d'ouvertures fiatuleuses qui laissent échapper une matière spéciale (fig. 795).
Symptômes.
L'affection commence quelquefois par des
boutons ou de petits ulcères qui apparaissent autour des orteils et s'accompagnent parfois de congestion et d'épaississement des téguments ; il faut dire, toutefois, que nous ne possédons aucune bonne description de ses prenâières manifestations. Quand le malade s*ollk« à Tobser-
(1) Proner, OicJErv
vateur, la partie présente, en général, de petits tubercules proéminents qui laissent échapper de leurs ouvertures fistuleuses un fluide pea épais. Ces tubercules se multiplient peu à peu; le pied s'épaissit, perd toute espèce de forme, les orteils sont distordus ou se confondent dans la masse commune, et le mollet s'atrophie.
Les progrès du mal sont très lents, l'affection dure de cinq à douze ans.
Elle s'accompagne de douleurs cruelles dans la partie malade. La peau prend généralement un aspect blanchâtre particulier au pourtour des orifices fistuleux d'où s'échappent parfois des masses singulières, blanches et noires. Cette même matière granuleuse noire couvre paîrfois la surface des tubercules ; vue en masse, elle a été comparée à du frai de poisson.
L^examen anatomique du pied, après la mort
') Osgood, MétHeal Record, april 8, 1870.
rt]
ROSACÉE HYPERTROPHIQUE OU ACNÉ ROSACÉE.
iO
on après l'amputation, monlre toutes les partiea molles Iransfonuées en une substance homogène, ^ opaque, gela tini forme, trarersëe dans toutes les directions par des canaui qui commu-
Flg. 79Ù. — Pied de Hadant.
niquent avec des cavités spbériqaes plus on moins vastes, et dont les dimensions varient de celleB d'une tële d'épingle à celles d'une balle de toDl. Les os du pied, ainsi que les extrëmitËs inférieures du tibia et du péroné, sont perforées daus tous les sens de pareilles cavités, qui, comme celles des parties molles, sont occupées par une substance molle, jaunâtre d'ordinaire, mais quelquefois rasée et d'aulres fois noire.
C'est au sujet de lu nature de cette subslance, qui remplit les cavités et les canaux et qui s'en échappe pour se déverser à la surface, que rë' pient les plus grandes divergences d'opinion, parmi ceux qui ont eu l'occasion d'étudier la maladie. Le D' Carter, de Bombay, a, le pre-
mier, cherché à faire prévaloir L'opinion que la maladie est due à la présence d'un parasite végétal et a décrit la subslance particulière, et diversement colorée, dont il a été question plus haut et qu'on trouve dans les tissus affectés, comme un amas de fongus, un mucor ou chionyphe. Berkeley, mycologiste qui fait autorité, a exprimé sur la Jiature de cette substance une opinion analogue. D'autres observateurs nient que L'affection soit un mjcosis, soit par son origine, soit dans son essence ; ils la regardent comme une maladie d'origine interne et considèrent la présence possible du champignon comme purement accidentelle.
L'affection débule-t-elle primitivement par les parties profondes et la communication ne s'établit-elle avec la surface que dans les périodes avancées, ou bien commence- 1- elle par la périphérie? C'est ce qui n'a jamais été nettement établi, parce que la maladie n'a pas été étudiée dès ses premières phases. Il faut donc, quant à présent, tenir en doute sa nature parasitaire. Les pathologistes qui se refusent à l'admettre ne peuvent expliquer les caractères particuliers des altérations anatomiques observées (i).
La maladie est plus fréquente chcx l'homme, et fait, en général, sou apparition après l'Age adulte.
Elle a une marche fort lente, qui conduit à une terminaison fatale.
Un cas ressemblant au mjcétoma a été observé aux États-Unis et décrit par le D' Kemper (2).
Le seul traitement utile est l'amputation pratiquée au-dessus du mal.
ROSACÉE BYPERTROPHIQUE OU ACNÉ ROSACÉE.
L'sffection désignée communément sous le nom d'Aene rosacea tient de bien près, dans tts degrés les plus avancés, & l'éléphantiasis qui vient d'être décrit. Cette dénomination n'est donc pas bonne, parce que l'acné qui lui est Murent associé n'en constitue pas un élément : esseatiel. C'est une maladie chronique du tégument de la face, caractérisée par la rougeur, ptr la dilatation des vaisseaux capillaires, par l'hypertrophie du tissu conjonctif de la peau, I
sous la forme, soit de saillies permanentes, soit d'un épaississe ment général.
Le siège de cette affection est principalement le nez, mais elle peut s'étendre au menton, aw\ joues, au front et, dans des cas très rares, au cuir chevelu.
(I) Vof. Aug. Hirsch, Da pied de Madwa (Àrch, de méd. nau., juillet lgB4, t. II, p. GSj. — Curr«. ircA. de méd. nov., féir., mari 1883.
IViTLempeT, American Craefijioner, aepiembre liUi,
JAMES C. WHITE. — MALADIES CHIRURGICALES DE LA PEAU
Le premier symptôme qui la signale est une rougeur chronique, pour ainsi dire, du bout du nez, que Hebra a bien définie en la comparant aux engelures. Plus tard, à cette rougeur se trouve presque toujours associé un développement marqué des capillaires superficiels du nez et des joues, qui se montrent sous Faspect d'un lacis de vaisseaux d'un rouge vif. Sous cette forme, la maladie est fréquente, à un degré plus ou moins prononcé, chez les femmes; elle l'est bien plus encore sous celle qui s'accompagne d'une véritable inflammation acnéiforme des follicules et de séborrhée. La rougeur varie de ton et d'intensité, suivant la température, rheure de la journée, Tétat général du malade, etc. ; elle est quelquefois d'une teinte vive, écarlale, d'autres fois livide et pourprée. Cet état peut durer indéfiniment et ne jamais s'élever aux formes plus avancées de la maladie.
Au second degré, des saillies dures, noduleuses, d'un volume qui varie de celui d'un petit à un gros pois, se développent sur la peau congeslionnée du nez et des joues — qui sont également d'un rouge accentué — et peuvent se ramollir et disparaître par résolution, ou se terminer en constituant des tumeurs permanentes.
Au degré le plus élevé et après s'être maintenue longtemps souà les premières formes, la maladie détermine à la surface de la peau la formation de productions plus saillantes, de volume et de forme variables, élastiques au toucher; ou bien la pointe du nez ainsi que les ailes peuvent être afifectées d'une hypertrophie analogue ; ou encore l'organe tout entier peut atteindre un volume énorme, justifiant l'expression vulgaire en Allemagne de « nez d'une livre ». Si, à cet épaississement énorme du tégument, on ajoute la teinte violente qui l'accompagne, particulièrement chez les buveurs, les capillaires dilatés et devenus évidents, les orifices des follicules largement ouverts et, pour achever le tableau, les nombreux comédons, les pustules d'acné, l'écoulement de sébum et les cicatrices, on se représente le nez immortel de Bardolph tel qu'il a été peint par un artiste dont les descriptions de tout ce qu'il lui a été donné d'observer n'ont jamais été égalées (1).
(1) King Henry IV, X'* part., acte III, se. m. Bardolph poruit ce nez depuis 18 ans, an dire da prince Hal (Acte II, se. iv) et on le trouve encore vanté sons le règne de Henri V: « Ail bubukles and whelks, and knobs and liâmes of fire. »
Nature et eanses.
Quant à la nature des altérations anatomiques qui surviennent dans cette affection, c'est tout d'abord la dilatation des vaisseaux cutanés et k formation de nouvelles anses vasculaires dans les couches supérieures de la peau ; puis, plus tard, l'hypertrophie du tissu conjonctif, qui, d'abord élastique et gélatineux et susceptible de résorption, devient, dans les formes avancées de la maladie, dur et parfaitement organisé.
Nous n'avons que bien peu de connaissances positives sur les causes de la rosaeea.
Dans sa première phase l'afifectioD se montre indififéremment chez les deux sexes, inais dans ses formes plus prononcées, elle n'atteint presque exclusivement que les hommes qui ont dépassé l'ftge moyen de la vie. Chez les femmes, elle s'accompagne souvent de troubles de la menstruation et d'anémie. L'exposition prolongée aux intempéries favorise le développement de ces néoplasmes vasculaires. L'influence poissante de l'usage des boissons alcooliques pour amener de pareils efifets a été reconnue de toat temps, comme on le voit en lisant les poétei latins, ainsi que les causeries de cabaret de Falstaff et de ses compagnons auxquelles nom faisions allusion tout à l'heure, et dans les expressions toddy (grog) et « fleurs de grog n qui servent à désigner aujourd'hui ces tumeurs.
Traitement.
Les degrés peu accentués de cette affection se trouvent surtout bien des moyens locaux employés dans l'hypérémie et l'inflammation folliculeuse de l'acné. Dans la rougeur diffuse, une lotion au soufre et au camphre :
Soufre précipité 15 grammes.
Teinture de camphre 15 —
Alcool 200 —
employée en applications pendant la nuit donne souvent un soulagement graduel, si l'on prescrit en même temps le traitement général indiqué par les troubles généraux qui peuvent exister.
Les vaisseaux dilatés, dont les ramifications se laissent voir si distinctement sous l'épiderme, peuvent être détruits par des scarifications répétées, ou plus sûrement encore par l'électrolyse. Les nodules, dans leur première période, peuvent être piqués ou scarifiés sans crainte et
CHÉLOIDË. — STRUCTURE ANATOMIQUE.
enleTès ayec la curette, si leur organisation est trop avancée pour qu*il soit possible d'en faire ë?acuer le contenu.
Lorsque la peau est devenue très épaisse et que le nez a pris des proportions monstrueuses, soit dans sa totalité, soit à la pointe, soit seulement aux ailes, on peut le ramener à des di-
mensions plus modérées par une large excision du tégument hypertrophié. Mais le chirurgien doit se tenir en garde contre une forte hémorrhagie due à la vascularisation du néoplasme. [Pour épargner le sang, Ollier recommande remploi du galvano-cautëre.]
CHÉLOlDE on KÉLOIDE.
La chéloîde, ou kéloîde, est un néoplasme de tissu fibreux ressemblant à une cicatrice ense- Telie dans la peau ou faisant saillie, qui se développe spontanément et persiste, en général, toute la vie. On avait l'habitude de distinguer ces tumeurs en vraies ou fausses suivant que la chéloîde a pris naissance dans la peau saine ou dans une cicatrice antérieure, mais ces distinctions n'ont aucune utilité pratique, puisque le néoplasme est le même dans tous les cas.
La chéloîde commence par un épaississement dur, élastique, aplati, de la peau, ou par une tumeur de petit volume formant un léger relief, dont la surface est d'une teinte plus rose ou plus p&le que la peau qui Fentoure et dont Tèpiderme est mince, lisse et brillant. Légèrement douloureuse soit spontanément, soit à la pression, la chéloîde grossit très lentement, s'èlendant quelquefois en plaque épaisse, dure, à bords nettement arrêtés, noyée dans la peau et mobile avec elle ; d'autres fois elle affecte la forme et le volume d'un pois et fait une saillie de quelques millimètres, ou bien elle envoie dans la peau qui l'environne des prolongements radiés et divergents qui partent d'un centre commun, à la façon des contre-forts d'une montagne, et présentent les aspects les plus variés. Il faut, en général, des années pour que la tameur arrive à son entier développement : elle peut atteindre les dimensions de la paume de la main. Elle est, peut-être, susceptible de régression, mais elle ne subit jamais aucune autre espèce de transformation anatomique et ne présente jamais d'autre lésion superficielle que l'amincisse ment, l'état lisse de l'épiderme, lequel est le plus souvent dépourvu de toute espèce de poU.
Le plus ordinairement elle a pour siège la région thoraciquo antérieure, principalement tu voisinage du sternum; mais elle peut se montrer sur toutes les parties de la surface du corps, surtout lorsqu'elle se développe sur d'anciennes cicatrices d'acné, les piqûres de sangsues, etc. En général unique, la chéloîde peut
exister en plaques nombreuses, jusqu'à une vingtaine ou davantage.
Ganses.
Quant à ses causes, on ne sait rien de bien net; l'observation montre seulement que quelques personnes ont de telles dispositions à ce genre de néoplasme que, chez elles, toute blessure de la peau peut être le point de départ d'une pareille production. La race noire y est tout particulièrement prédisposée, et, dans quelques cas, ces tumeurs développées sur le siège d'une ancienne blessure peuvent acquérir un volume énorme.
Stractare anatomiqae.
Au point de vue anatomique, la Chéloîde est constituée par du tissu fibreux de nouvelle formation dont les faisceaux sont disposés parallèlement à la surface cutanée. Elle débute par l'apparition, au pourtour des vaisseaux du chorion, de cellules fusiformes qui finissent par se transformer en fibres. En augmentant en nombre, ces fibres donnent naissance à des faisceaux fibreux qui compriment et finissent par oblitérer les vaisseaux et les organes glandulaires de la peau, jusqu'à ce que le tout se trouve transformé en un tissu fibreux très dense. On peut toujours étudier les premières phases du développement du néoplasme dans les tuniques adventices des vaisseaux des parties sous-jacentes, et en suivre les progrès dans les diverses parties de la peau, jusqu'à une très grande distance de la masse même de la tumeur. Les couches superficielles du chorion et la couche papillaire ne subissent aucun changement.
Dans ce qu'on appelle la fansse chéloîde^ qui prend naissance dans un ancien tissu de cicatrice, la partie de la tumeur qui occupe le siège de l'ancienne blessure ne comprend naturellement pas de couche papillaire, au moins super-
JAMES C. WHITE. — HALA.DIES CHIRURGICALES DE LA PEAU
[îî
ficiellement, puisque cette couche a dû disparaître par Taction destructive de la lésion primitive ; mais le reste de la tumeur, qui s'est formé en rayonnant comme d*un centre autour de l'ancienne cicatrice, ne présente aucun trait qui le distingue des chéloïdes spontanées. L'étude microscopique de la structure du point de départ, si petit qu'il soit, donnerait seule, dans beaucoup de cas, le moyen de distinguer Tune de l'autre ces deux formes cliniques. La chéloïde se distingue du tissu cicatriciel hypertrophié, non seulement par l'absence de la couche papillaire, mais aussi par le manque de parallélisme dans la disposition des fibres, qui divergent dans toutes les directions.
Traitement.
Bien que la chëloïde ne menace pas la vie, ni même l'intégrité du tissu cutané, c'est une affection que, dans un certain sens, on peut considérer comme maligne, puisqu'elle n'est pas susceptible de guérison et qu'elle récidive
indéfiniment après l'excision. 11 serait inutile d'appeler l'attention sur les différents moyens conseillés par les auteurs pour en arrêter les progrès ou en amener la régression, car il n'y a pas de preuve de leur efficacité ni dans un sens, m dans l'autre. Ni la destruction par les caustiques, ni la dissection la plus minutieuse, et en appa* rence la plus complète, ne peuvent être d'aucune utilité ; le tissu cicatriciel, qui est le résultat naturel de ces opérations, devient uo nouveau point de départ pour la reproduction du tissu fibreux de nouveUe formation et il faut reconnaître que le mal est incurable.
Le seul traitement possible consiste à diminuer la douleur et les démangeaisons qui, dans beaucoup de cas, accompagnent l'affection, surtout pendant sa période de développement actif. Pour cela, on peut lui épargner le contact de l'air, en y appliquant des préparations calmantes ; dans les paroxysmes violents, on peut pratiquer des injections sous-cutanées de morphine. En général, cependant, il faut que le malade se résigne à supporter son mal, sans espoir de secours chirurgical.
HYPERTROPHIE DES aCATRICES,
L'hypertrophie des cicatrices peut être une des suites immédiates d'une destruction antérieure, conséquence d'une cicatrisation tardive, pendant laquelle les granulations ont eu le temps de s'organiser en productions fibreuses dures et de former ainsi des tumeurs très distinctes de diverses formes: noduleuses, radiées, réticulées, rubannées, en sillons ; ou bien encore, des cicatrices unies et normales peuvent, à une époque très éloignée de leur formation, subir une sorte d'hypertrophie et se transformer en tumeurs analogues et non moins difformes. Bien que ces résultats soient une suite plus probable de l'action destructive de certains agents sur les tissus cutanés que de toute autre lésion, ils peuvent se montrer après toute blessure de la peau, fût-ce la plus simple cou{)ure, sans aucune espèce de raison plausible. Ces cicatrices hypertrophiées peuvent présenter une surface lisse et uniforme, quoique légèrement surélevée ; on peut y trouver également de longs cordons très saillants, avec des brides et des culs-desac, d'un aspect repoussant.
La structure de ces productions diffère sous plusieurs rapports de celle de la Chéloïde, les faisceaux fibreux qui les constituent courent
dans toutes les directions de manière à fornoer un lacis inextricable de bandelettes dont les unes sont minces et les autres larges. La couche papillaire supérieure manque absolument. Les vaisseaux sanguins, très abondants dans les premiers âges de la tumeur, ne sont plus perméables dans les vieilles cicatrices.
Traitement.
11 y a malheureusement bien peu de chose à faire pour diminuer les difformités causées par l'hypertrophie des cicatrices, quelle que soit l'insistance avec laquelle les malades implorent le secours chirurgical. Dans des cas exceptionnels, l'excision suivie d'une autoplastie peut amener la guérison, mais l'excision est presque toujours suivie de la formation d'une cicatrice plus vaste que la première, en raison de la perte de substance qui est nécessairement plus considérable ; il est impossible de donner au malade la certitude que la nouvelle cicatrice ne subira pas les mêmes modifications hypertrophiques que la première. Si dans celle-ci on avait constaté la présence de quelque élément chéloïde, ce résultat serait inévitable.
XANTHOMA. — TRAITEMENT.
XANTHOMA (Synonymes: Xanthelasma; ViUligoidea ; Fibroma lipomatodes).
C'est un état particulier de la peau caractérisé par des plaques ou des élevures d'une teinte jaunâtre et nettement délimitées.
Les dermatologistes en distinguent deux variétés : le xanihoma planum et le xanthoma tuberotum^ mais elles ne sont pas bien nettement définies.
La première, la forme en plaques, se montre priQc^Mdement aux paupières, sous l'aspect de plaques allongées, très légèrement saillantes audessus de la surface cutanée, d'une couleur qui Tarie du jaune citron pâle à une teinte orange brunâtre, et de dimensions qui vont de celles d'un tout petit point à 0^,025 de long sur 0*,003 ou 0"»,0i2 de large. La peau ainsi affectée semble parfaitement normale quand on la touche ou qu*on la pince, et sa sensibilité n'a éprouvé aucune altération. La surface est lisse et unie. Ces plaques se montrent le plus souvent sur les paupières, ou sur le nez près de l'angle interne de l'œil, mais elles peuvent affecter également toutes les autres parties de la face, telles que l'oreille ou le cou et même la muqueuse buccale.
La variété tuberculeuse se montre sous la forme de papules ou de nodules jaunâtres, du Tolame d'une tête d'épingle, d'un pois, d'un haricot ou même un peu davantage, nettement limités, mais très peu saillants au-dessus de la surrace de la peau. Ces papules sont elles-mêmes lisses et molles, ainsi que les plaques de l'autre forme, arec lesquelles elles coexistent quelquefois ; et dans de rares occasions même, la forme plane peut, par transformation^ donner naissance à la forme tuberculeuse.
Le siège le plus ordinaire de celle-ci, c'est la paume des mains, la plante des pieds, les doigts, les orteils et le pénis; mais tous les points du corps peuvent en être affectés.
Sous Tune comme sous l'autre forme, la maladie commence insidieusement, s'accroît très lentement et dure en général toute la vie. On la rencontre rarement pendant l'enfance; elle est plus commune chez les femmes que chez les hommes.
Gaases.
Quant aux causes du xanthoma, on ne sait rien ou peu de chose. Ues auteurs anglais en ont mentionné les relations avec un ictère anté-
rieur qu'aurait eu le malade, mais dans la majorité des cas cette coïncidence ne se retrouve pas. 11 y a lieu de noter cependant que, dans beaucoup de cas, au pourtour des yeux, chez les femmes atteintes de cette affection, la peau est fortement pigmentée, ce qui rend encore plus manifestes les plaques jaunâtres du xanthome.
L'organisation de ces plaques a été diversement interprétée par les différents observateurs. Virchow les considère comme des néoplasmes de tissu conjonctif dont les cellules centrales ont subi l'infiltration adipeuse, tandis que celles de la périphérie dépourvues de graisse ressemblent à celles du sarcome. Kaposi les regarde comme des néoplasmes interstitiels de tissu fibreux, avec dépôts de graisse jaune.
De récents observateurs, Geber et Simon (1), maintiennent, d'autre part, que le néoplasme est constitué par une hyperplasie des cellules des glandes sébacées, qui se répandent et prolifèrent dans les tissus fibreux.
Le diagnostic entre le xanthoma et le milium est bien facile, puisqu'il n'existe dans la première affection rien qui ressemble au produit des glandes sébacées, rien qu'on puisse, même par une incision, faire sourdre des plaques, ainsi que cela peut toujours se faire dans la seconde.
Traitement.
Si le malade réclame une opération, les néoplasmes peuvent être emportés par la curette ou excisés au bistouri. Par suite de la laxité de la peau aux environs des paupières, il est facile d'en disséquer de grandes plaques, et les lèvres de la solution de continuité qui en résulte peuvent se réunir de manière à éviter toute difformité. Il faut, cependant, prendre bien garde de ne pas pénétrer plus profondément qu'il n'est nécessaire dans les tissus sous-jacents, de crainte de produire Tectropion. On peut toutefois abandonner ces néoplasmes à eux-mêmee sans aucune inquiétude, puisqu'ils ne peuvent donner lieu à rien de plus sérieux qu'une légère difformité.
(l) Geber et Simon, Archiv fur Dermatologie und Syphilis, 1872, 2* fasc.
JAMES C. WHITE. — MALADIES CHIRURGICALES DE LA PEAU
On pourrait fort Uen donner ici ce nom anx néoplasmes du tissu nerveux de la peau. Hais, h parler rigoureuaemenl, il y a peul-âtre lieu de donler do l'existence de rien qui j ressembla. On a cité des cas où de petites masses tuberculeuses, multiples, lentes à se dérelopper, en- ToDcées dans la peau et Taisant saillie aa-dessus d'elle, sont devenues plus tard le siège d'intenses douleurs parox;stiqueH et se sont montrées extrêmement sensibles à ta pression. Le volume de ces tubercules variait de celui d'an petit pois à celui d'une aveline, ils étaient durs
et élastiques et quelquefois d'une teinte rosée. Ils étaient formés de tissu conjonctif et d'un plus ou moins grand nombre de fibres nerveuses dépourvues de mjéline. Us semblaient très proches voisins des fibromes et du tubercule douloureux sous-cutané, lequel a son siège au-dessous de la peau.
Dana les deux cas auxquels il vient d'être fait allusion (t), l'excision du nerf qui fournissait aux parties affectées fut suivie d'une diminution des douleurs et d'une réduction du volume des tumeurs.
L'angiome est db soit ti la formation de vaisseaux sanguins danslapeau, soit à l'hypertrophie des vaisseaux déjà existants. C'est un genrede tumeurs qui affecte une grande diversité de formes, toutes comprises sous la m&tae dénomination.