‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 9 sur 452 · ÉLËPHANTIASIS DES ARABES. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ÉLËPHANTIASIS DES ARABES. — TRAITEMENT

qu'on suppose introduites par les moustiques. Tout état qui tend à produire un œdème chronique fatorise le développement de l'affection. Aussi les varices, l'eczéma chronique, les maladies des os, ou tout autre trouble inflammatoire de la région, peut être un facteur important dans la production de Féléphantiasis du membre inférieur ; mais, dans la variété qui affecte les organes de la génération, le processus tout entier semble passif et inexplicable.

Traitement.

Le but qu'on se propose dans le traitement de TEléphantiasis du membre inférieur est le suivant : prévenir les accès d'inflammation érysipélateuse qui se renouvellent pendant les premières périodes, et dissiper l'œdème chronique qui fournit aux tissus hypertrophiés leurs éléments nutritifs. On peut également faire entrer en ligne de compte la possibilité d'obtenir une guérison définitive par la ligature des gros troncs artériels afférents, ou l'utilité d'une amputation. Les accès inflammatoires doivent être traités par le repos absolu du membre, maintenu dans une position élevée, et par l'emploi de lotions évaporatives ou de fomentations chaudes. Lorsque l'inflammation a cédé, il faut essayer une compression graduée du mem- Iffe hypertrophié, par un bandage méthodique qa'on applique le matin, avant que le malade De quitte le lit, en commençant par la partie inférieure du membre pour s'élever ensuite jusqu'au delà du gonflement et en serrant autant qu'il est possible sans occasionner de douleur, n est parfois nécessaire, avant d'appliquer un bandage compressif, de guérir un eczéma superficiel ou une ulcération accidentelle du tégument. De meilleurs résultats peuvent être obtenus par ce procédé depuis l'introduction des bandes de caoutchouc, parce qu'elles peuvent être appliquées très facilement par le malade lui-même et parce que l'action compressive continue à s'exercer pendant toute la journée, tandis que les bandages faits de toute autre façon se relâchent en quelques heures et doivent être réappliqués à plusieurs reprises pendant le jour, si l'on veut qu'ils aient toute leur utilité. L'emploi des bandes en caoutchouc peut amener graduellement une diminution considérable du volume du membre, arrêter les progrès de la maladie et rendre la marche beaucoup plus Eidle. Mais il faut naturellement que le bandage soit enlevé chaque soir et que l'usage en soit contioué pendant toute la vie.

Encycl. de chirurgie.

La ligature de l'artère fémorale a été pratiquée dans des cas nombreux à titre de moyen radical : la première opération de ce genre a été faite par le D' Carnochan, de New- York, en 1857, et, depuis lors, elle a été renouvelée par beaucoup de chirurgiens. La suppression d'un aussi large apport de fluide nutriâf que celui qui résulte de cette opération, et le long repos dans la position horizontale qu'elle nécessite amènent nécessairement une diminution du volume du membre ; mais lorsque, dans la la suite, la circulation collatérale se développe, le membre recouvre ses fonctions, la maladie reprend sa marche et la partie r 3 vient à ses anciennes dimensions ou peut même les dépasser. Une analyse, due à Wernher, des résultats de cette opération, dans 32 cas où il s'agissait de grosses artères, montre que, dans toutes les observations, la ligature a été suivie d'une diminution immédiate du volume du membre, mais le résultat ne s'est maintenu que dans trois cas seulement.

Les conséquences sont les mêmes lorsqu'on pratique la compression de l'artère principale du membre. Léonard, de Bristol, a trouvé que, sur 69 opérations, 40 ont amené la guérison (dont 3 à la suite de la compression digitale), 13 autres ont donné quelque soulagement et 16 seulement ont échoué d'une manière complète.

Le D' Morton, de Philadelphie (1), a essayé la section du nerf dans un cas où la ligature de l'artère fémorale, pratiquée deux ans auparavant, n'avait donné aucun bénéfice durable. 11 réséqua le nerf sciatique vers le milieu de la cuisse, dans une longueur de près de 4 centimètres; cette opération fut suivie d'une diminution de la cuisse dont la circonférence, au bout de six semaines, se trouva diminuée de plus de 21 centimètres.

Qn a eu également recours dans beaucoup de cas à l'amputation du membre, mais les résultats ont été généralement défavorables.

Dans Féléphantiasis des organes génitaux, la compression est impraticable, mais l'excision est, en général, couronnée de succès*. Ces énormes tumeurs pendantes sont facilement emportées par l'amputation, lorsqu'elles affectent les organes génitaux de la femme. Lorsqu'elles atteignent le scrotum, on peut pratiquer l'autoplastie, en observant les règles suivantes in-

(1) Morton, Pbiladelphia medicai Times, January 19, 1878, eiSurgeryin the Pennsylvania Hospital, p. 118. Philadelphia, 1880.

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