‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 101 sur 452 · TRAITEMENT DU MAL PERFORANT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU MAL PERFORANT

ce caractère et que, dans Tétat actuel de nos conni^ssances, nous ne pouvons pas dire positivement quelle part revient, dans la production de celte maladie, à Taltération des troncs nerveux.

Je puis maintenant récapituler les traits distinctifs du mal perforant qui empochent de le confondre avec aucune autre maladie, môme avec celle qui lui ressemble le plus, la soi-disant maladie tuberculeuse du pied : i^ elle commence par des cors placés au niveau et au-dessous des articulations métatarso-phalangiennes ; 2^ elle est confinée à la portion antérieure du pied ; 3® il V a des sueurs fétides des pieds ; 4® il n'y a pas trace de tubercules ; 5^ il existe un gonfieroent très modéré ; ô^" la maladie, ou plutôt la prédisposition à la contracter, est hérédi- Uire(l).

Traitement du mal perforant.

Évidemment, tout ce qui peut améliorer l'état général est à conseiller, et il convient d'essayer à petites doses le médicament préconisé par Vésigné, bien qu'il ne soit probablement ulile qu'à titre de tonique général, je veux dire la liqueur de Fowler. A titre de palliatif on a conseillé l'usage d'un membre artificiel fixé à la jambe fléchie, pour supprimer les pressions et Tirrita- .tion. Il faut essayer ce moyen, quand aucune

(]) Voy. Hancock, On ihê Anaiomtj and Surgery of the Hmnan Foot, 1873, p. 69-76; aassi Nélaton, Gaz. iet kôpit. Paris, janv. J85t; Vésigné, loc. cit., fév. 1C2 et les autres auteurs mentionnés dans le texte.

opération n'est possible ou qu'il n'y a pas lieu d'en proposer une. Lorsque l'intervention chirurgi- • cale parait indiquée, je regarde comme de première importance de rechercher s'il existe de l'anesthésie cutanée. Quand on la constate et qu'elle est marquée, l'opération doit supprimer au moins toute la partie du membre affectée d'aneslhésie. Si la sensibilité de la jambe est très compromise et que Tétat général du malade ne soit pas bon, c'est l'amputation pratiquée au-dessous du genou qui donnera probablement les meilleurs résultats. Lorsque la sensibilité du talon est conservée, il convient d'avoir recours à l'amputation de Syme, à celle de Pirogoff ou à la sous-astragalienne. Cette opération est ordinairement efficace et arrête les progrès du mal, qui est, presque invariablement, limilé strictement au segment antérieur du pied. Quand, d'autre part, il n'y a pas d'anesthésieet que le mal est circonscrit, une simple ablation des portions d'os nécrosées, des soins généraux, des pansements appropriés sont ordinairement efOcaces. En se dirigeant suivant ces règles, je pense que, d'une part, on ne prendra aucune mesure grave qui ne soit nécessaire et que, d'autre part, s'il faut avoir recours à une opération, on n'aura pas besoin d'en faire une seconde (1).

(1) Je voudrais exprimer ici ma reconnaissance à M. Ralph-W. Seiss pour le concours précieux qu'il m*a donné, en recueillant les cas et en réunissant les extraits d'observations qui m'ont été d'un grand secours dans la rédaction de cet article.

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