I. — BLESSURES ET MALADIES DES MUSCLES
Considérations générales.
Les anatomîstes et les physiologistes divisent le système musculaire en deux grandes sections : la première comprend tous les muscles désignés par Bichat sous le nom de rmiscles de la vie aniaoitf ou volontaire; la seconde comprend les muscles qualifiés par le même anatomiste du oom de muscles de la vie organique ou involon- Wre.
- De leur côté, les micrographes reconnaissent des muscles à fibres striées et des muscles à fke$ lisses. D'ailleurs, si tous les muscles de la vie animale ont des fibres striées, tous les muscles de la vie organique n'ont pas des fibres Hsaes ; le cœur, par exemple, est un muscle à fibres striées ; et Ton a recqnnu qu'en définitive la striation des fibres musculaires résulte d'une modification de la contractilité, offerte par cerlaJDS muscles de la vie organique, dans des circonstances exceptionnelles. Les deux divisions ne concordent donc pas, et la seule qui ^it acceptable au point de vue pathologique ^(assurément la première. Entre les muscles delà vie animale et les muscles de la vie orga- Q^ue, il existe en effet une telle différence de tondions que si la pathologie des premiers peut et doit être isolément étudiée, la pathologie des
seconds ne saturait être séparée de celle des organes ou des appareils auxquels ils appartiennent.
Les premiers sont en effet en soi des organes complets dont l'ensemble constitue le système moteur de l'appareil locomoteur, tandis que les seconds sont parties constitutives d'organes ou d'appareils spéciaux. En un mot, si l'on peut étudier et décrire isolément les blessures et les maladies du biceps, on ne saurait utilement étudier les blessures et les maladies de la couche musculeuse de l'intestin sans parler des blessures et des maladies de l'intestin lui-même. De même le cœur et l'utérus ont des fonctions tellement caractérisées, que la pathologie chirurgicale de ces deux muscles doit nécessairement être étudiée avec celle de l'appareil circulatoire ou celle de l'appareil génital. H est d'ailleurs évident que les muscles de la vie organique possèdent en tant que muscles, c'està-dire de tissus contractiles et élastiques, certaines propriétés inhérentes, d'où il résulte que leur pathologie générale et leur physiologie pathologique générale se confondent avec celles des muscles de la vie de relation. Je me propose donc d'étudier ici la pathologie chirurgicale du système musculaire, en ayant principalement en vue les muscles de la vie de relation ou volontaire, laissant au lecteur le soin d'étendre aux
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MAURICE JEANISEL. — BLESSURES ET MALADIES DES MUSCLES
muscles de la vie organique les considérations de pathologie générale que j'aurai l'occasion de développer.
Je comprends dans la palhologie chirurgicale du svstème musculaire non seulement les traumas, les inflammations et les tumeurs des muscles, mais encore les lésions du tissu musculaire consécutives aux blessures des nerfs, des os et des articulations, et même certains troubles fonctionnels localisés d'origine nerveuse ; contracture ou paralysie, dépendant d'une intervention chirurgicale. J'en exclus, commo appartenant h la palhologie médicale, les maladies générales, telles que les dégénérescences consécutives aux pyrexies, l'atrophie musculaire générale progressive, la paralysie pseudohypertrophique, la paralysie infantile.
En résumé il s'agira ici :
i^* Des maladies des muscles spontanées ou provoquées, compliquant un traumatisme et nécessitant un traitement chirurgical;
2* Des lésions trophiqucs des musc/es d'origine chirurgicale;
3<^ Des troubles fonctionnels localisés & certains muscles, spasme, paralysie ou contracture, justiciables de la chirurgie;
40 Des blessures des muscles ;
b° Des tumeurs des muscles,