‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 103 sur 452 · MUSCLES · texte numérisé non relu

MUSCLES

Fréquence et étiologie.

L'intlammation des muscles ou myosite spontanée ou primitive est une affection dont la rareté est telle, que Vou a pu élever des doutes sur la légitimité de son existence. Velpeau (1) et Dionis de Carrières (2) ont pourtant démontré qu'il existait réellement des myosites indépendantes de tout traumatisme et de toute rupture et développées sous la seule influence de l'impression subite du froid ou du surmenage. On peut d'ailleurs admettre que le surmenage altère d'abord eu soi suffisamment la fibre musculaire pour que celle-ci se rompe sous le moindre efï'ort; la myosite se développerait alors consécutivement à la rupture.

La myosite secondaire, c'est-à-dire consécu* live aux traumatismes musculaires, aux malu-

(1) Volpcau, Leçon sur In myosUe (Gazette des hôpitaux, 18j3, p. GUO).

(V; Dionis do Carrières, De la myosite. Thèse de Paris, 1851.

dies diverses des os et des articolationSf aux phlegmons profonds, s'observe au contraire assez fréquemment. Elle se développe alors soit par cause directe : contusion violente, rupture, plaies musculaires ; soit par cause indirecte ou par propagation : afTcctions osseuses et articulaires, phlegmons. D'ailleurs la myosite reste en général localisée, ses symptômes sont le plus souvent peu bruyants et elle aboutit rarement à la formation de tissu cicutriciel.

Anatomie pathologique. — Formes.

Je rappelle que le muscle est anatomiqaement constitué, d'après Corn il et Ranvier (f), de fibres striées développées « aux dépens des cellules embryonnaires, qui s'allongent, dont le noyau devient ovoïde et se multiplie, dont le protoplasma subit des modifications nutritives qui le transforment en substance striée. Eq même temps il se développe autour de la cellule une membrane amorphe résistante qui devient le sarcolemme. Au début de cette formation, le protoplasma subit, seulement dans sa portion périphérique, les transformations qui aboutissent à la structure musculaire; autour des noyaux, qui finalement, chez les mammifères, sont transportés à la périphérie de la substance musculaire, il reste toujours une partie de protoplasma non transformée. Les noyaux se montrent au-dessous du sarcolemme entourés d'une petite masse fusirorme de protoplasma. » Les fibres ou faisceaux primitifs sont disposés parallèlement les uns aux autres, « de manière à constituer des groupes distincts connus sous le nom de faisceaux secondaires (2). » Les faisceaui secondaires ne sont pas entourés par une membrane continue amorphe semblable au sarcolemme qui limite les faisceaux primitifs. Entre les faisceaux secondaires cheminent les artères et les veines. Les capillaires pénètrent dans les faisceaux secondaires et se distribuent entre les faisceaux primitifs, en formant des mailles rectangulaires. Les vaisseaux sont toujours situés en dehors du sarcolemme.

l" MYOSITE TRAUMATIQUB.

La myosite la plus franche et la plus simple est celle qui s'observe ik la suite des plaies, c'es^

(I) Cornil et Ranvier, Manuel cThiitologie pathol^" Qifjue, *2« édit., 1881, 1. 1. p. 2Î).

(*2) Cornil et Hanvier, i6ic/ , p. 51 T.

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