MYOSITE AIGUË. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET FORMES
en un mot la myosite traumatique ; c'est aussi celle dont l'étude histologique est la plus facile. La myosite spontanée aiguë en diffère seulement par l'absence de production de bourgeons charnus et, par conséquent, de cicatrice.
C*est aux dépens du tissu conjonctif in 1erfasciculaire(l) que se produisent les bourgeons charnus, à la suite d'une abondante formation de tissu embryonnaire et d*une végétation des vaisseaux sanguins. Le tissu embryonnaire est étalé en couche épaisse, 1 à 5 millimètres à la surface de la plaie ; il s'insinue môme entre les fibres musculaires, quelquefois très profondément, surtout dans les plaies contuses, où, suivant Cornil et Ranvier, la végétation dans l'épaisseur d'un muscle atteint plusieurs centimètres au moment où la plaie est en pleine suppuration. Dans ce tissu, serpentent des capillaires dilatés formant à la surface les anses si connues et maintes fois représentées dans les bourgeons charnus.
Eu dessous de la couche superficielle et uniforme de tissu embryonnaire, on trouve les -fibres musculaires sectionnées et rétractées. Ces fibres sont atrophiées, elles ont perdu leur parallélisme et se dirigent irrégulièrement dans tons les sens; elles ont perdu leur striation transversale et semblent constituées de fibrilles disjointes par un exsudât. Les noyaux musculaires extraordinairement multipliés sont groupés en série à la surface et au centre de la - fibre, dont le sarcolemme a disparu. Bientôt le tissu embryonnaire subit un commencement d'organisation et se constitue en fibrilles qui enserrent dans leurs mailles les fibres musculaires atrophiées, c'est le début de la cicalrisatbn.
D'ailleurs si l'on pénètre plus avant dans l'épaisseur du muscle, on constate que la prolifération embryonnaire et l'atrophie musculaire ^ont en diminuant d'étendue et d'intensité. Les faisceaux musculaires arrivent mémo à ne plus présenter qu'une augmentation du nombre de leurs noyaux.
V MYOSITE SPONTANÉE AIGUE.
Lmflammation musculaire se traduit comme toutes les autres par du gonfiement et une très forle hypérémie allant parfois jusqu'à l'hémorrhagic (2). On voit alors dans le tissu musculaire
il) Cornil et Ranvier, Manuel cC histologie patholo- ÎW2« édit., 1881, p. 533.
(^) Uboulbcne, Nouveaux éléments cTAnatomiepa- ^■'ohgique, descriptive et histologique, 1879, p. 918
soit des ecchymoses, soit des sufTusions sanguines. Le tissu musculaire devenu grisâtre se ramollit et devient friable, il se rompt facilement sous l'effort le plus léger, voire même par le fait de sa propre contraction. Les ruptures sont tantôt microscopiques, tantôt partielles, tantôt totales ; elles engendrent toujours des hémorrhagies secondaires. Les lésions varient d'ailleurs dans des limites étendues suivant l'intensité de la myosite.
Quant aux altérations histologiques, ce sont celles de la myosite traumatique, sauf qu'il n'existe ni bourgeons charnus, ni couche de tissu embryonnaire étalée en surface, et que les lésions sont souvent moins nettement dessinées, en raison de la moindre vivacité du processus pathologique. C'est pourquoi la myosite traumatique aboutit presque toujours à la cicatrisation, sans régénération, tandis que la myosite spontanée guérit d'ordinaire par régénération musculaire, auxdépensdes noyaux musculaires. Les fibres altérées et atrophiées sont résorbée et d'autres les remplacent.
La myosite traumatique et la myosite sirpplc peuvent d'ailleurs l'une et l'autre se terminer par la myosite suppurée, la myosite spontanée peut se terminer par la sclérose.
30 MYOSITE SUPPURÉE, ABCÈS DES MUSCLES.
La suppuration des muscles se produit non seulement aux dépens du tissu conjonctif enflammé, mais aussi aux dépens des faisceaux primitifs dont nous avons vu les noyaux proliférer si abondamment dans la myosite simple. Tissu conjonctif, sarcolemme et fibre musculaire s'infiltrent de leucocytes; cette dernière subit la dégénérescence vitreuse, puis graisseuse, et disparaît. La suppuration est tantôt limitée, tantôt difl'use.
La suppuration en foyers, limités sous forme d'abcès, s'observe fréquemment comme complication simple des plaies, à la suite d'une myosite aiguë, ou encore chez des blessés atteints d'infection purulente, chez les morveux elles farcineux. Les abcès intra-musculaires proviennent encore très fréquemment de la transformation purulente de foyers hématiques consécutifs aux contusions ou aux ruptures musculaires.
Enfin, il est des abcès développés dans les muscles par le seul fait du voisinage de foyers inflammatoires siégeant dans les os, les articulations, le tissu cellulaire périmusculaire, les séreuses (surtout la plèvre). Ce sont là, sans doute, les origines de la plupart des abcès dits^
MACBICE JEANNEL. — BLESSURES ET MALiDIES DES MUSCLES.
spontanés, que l'on a décrits surtout dans le psoas.
Le psoïlis lui-môme 9e développe en effet généralement sous Tinfluence d'une de ces causes, c'est-à-dire soit la rupture du muscle, sain ou antérieurement malade, soit le voisinage d'un abcès de la fosse iliaque. On a accusé le rhumatisme de pouvoir engendrer les suppurations musculaires, mais je ne connais pas d'observation capable de justifier cette hypothèse.
D'après Cornil et Ranvier (f), le pus contient un détritus composé de tissu conjonctif et de faisceaux musculaires désintégrés. « Le foyer purulent est entouré d'une zone brune verdâtre, dans laquelle on trouve du tissu conjonctif inferfasciculaire infiltré de cellules lymphatiques et de globules rouges et où les faisceaux musculaires contiennent des granulations protéiques, graisseuses et pigmentaires. »
I^ suppuration diffuse ou phlegmon musculaire diffus survient souvent chez les pyohémiques ou à la suite de violentes contusions. Le muscle entier tuméfié et grisâtre est entièrement infiltré de pus ; les fibres musculaires comme disséquées par le pus se stéatosent, puis se nécrosent et disparaissent.
La réparation des dégAts consécutifs h la myosite suppurée s'opère soit à la suite de la résorption, soit à la suite de l'évacuation du pus. 11 se fait toujours une cicatrice fibreuse qui comble la perte de substance musculaire. Mais cette cicatrice se rétracte et produit souvent soit des déformations soit des raccourcissements. Dans des cas exceptionnels on observe des infiltrations calcaires de la cicatrice.
Sy mptomatologie .
Les symptômes de la myosite consistent essentiellement en une douleur souvent fort vive, spontanée et provoquée, surtout exagérée par la contraction active qui devient impossible, et même par les mouvements passifs qui sont intolérables. D'ailleurs la douleur spontanée s'étend assez rapidement. La peau est légèrement rosée et un peu œdémateuse comme dans toutes les inflammations profondes.
Le muscle offre au toucher une dureté ligneuse (Velpeau), qui fait bientôt place à du ramollissement, et quelquefois de la fluctuation. Le signe le plus frappant, celui sur lequel Vol-
(1) Cornil et Ranvier, Manuel dhistologie patholo- .7171/f, ï» édit., 1881, p. 535.
kmann (1) et Hayem (2) insistent a?^ raisoo, est la position que le malade donoe au membre malade. Cette position est celle du repos le plus complet possible. Instinctivement le patient rapproche les deux insertions du muscle enflammé de façon & 7 supprimer toute tension. Mais bientôt le muscle subit une rétraction ; la position primitivement donnée devient insuffisante, un nouveau rapprochement des insertions devient nécessaire et ainsi de suite jusqu'au maximum possible. Le membre prend ainsi des attitudes caractéristiques, d'où il résulte souvent uoe contracture musculaire indélébile.
Dans d'autres cas, au contraire, les filets nerveux qui cheminent entre les faisceaux primilifo sont détruits ou étouffés par le processus inflammatoire, le muscle ne répond plus aux excitations des centres nerveux. H est définitivement paralysé.
Les muscles voisins participent d'ailleurs à It scène morbide et entrent dans une sorte « de contracture par appréhension. » (Hajem.) Ce signe que l'on retrouve presque toujours daos le psoïtis accompagne surtout les mvosites aiguës dites spontanées. Guermonprez (3) l'a étudié et constaté de très près, dans un cas de myosite des muscles de la région antérieure de Tavant-bras, consécutive à une fracture de l'extrémité inférieure du radius chez un enfant de onze ans. On le retrouve rarement dans les myosites traumatiques observées chez les Uesséi ordinaires, et encore moins dans les myosites 8ymp*omatiques d'un état général grave (pyohémie).
Guermonprez signale aussi, avec Pétrsquin (4), la sécheresse de la peau de la régioo malade et au contraire la transpiration profose très facile du reste du corps et en particulier da front.
La fièvre manque dans bien des cas, elle est en général très modérée, à moins qu'il ne s'agisse
(1) Volkmann, Handbuch der allffemeinen und speciellen Chirurgie, von Pitha und Dillrotli, die Krafi' kheiten dei* Muskeln und Sehnen, 1872. B. II, Alb.II, Lier, IL p. 84C.
(2) Hayem, Dictionnaire encyclopédique dessciencet médicales t 1876, art Musculaire (Pathologie), t X, p. 737.
(3) Guermonprez, Contribution à l'étude de la mya* site. Paris, 1880.
(4) Pétrcquin (Tliéodore), Rhumatisme musculaire aigu. — Correspondance médicale in Journal des con" naissances médico- chirurgicales do 11. Goaraod* Trousseau et Lebaudy. Paris, Juillet 1836, p. 13 ei sulv.
MYOSITE INFECTIEUSE. — MYOSITES CHRONIQUES.
*une myosite supparative. Il est pourtant une 3rme de myosite qui s'accompagne au contraire ['accidents généraux très graves. C'est la myosite nfectleose bien étudiée par Nicaise (i).
40 MYOSITE INFECTIEUSE OU SVHAIGUE,
Elle est a^imilable aux phlegmons diffus et profonds de forme maligne.
C'est assurément l'expression d'une infection générale à détermination locale. Il n'est pourant pas possible de dire aujourd'hui que les suets frappés fussent porteurs d'une tare consliationnelle. On peut y voir d'ailleurs l'une des ïmes de la pyohémie dite spontauée à marche radroyante^ attendu qu'il est des observations, i troisième de Nicaise en particulier, où le maide était antérieurement porteur d'une plaie t où la myosite était accompagnée d'arthrite umlente. Le Oentu (2) se refuse même à conidérer cette observation comme un exemple de lyosite infectieuse, il n'y voit que de la pyohéûe toute pure. Il rapproche la myosite du typhus ies membres de Chassaignac. Hayem (3) comlare la myosite infectieuse à la périostite et à 'ostéomyélite malignes, et déclare qu'elle surient chei des sujets encore jeunes, surmenés, ilacésdans de mauvaises conditions hygiéniques. [Teiihiî qui, du reste, l'a baptisée du qualiâcatif M inlécâeuse ».
Cesl en tout cas une affection rare. Dance (4) est le premier qui en ait relaté une observation bien nette, il s'agit d'un ^psoîiis. Viennent mraite le fait de Foucault (5), et enfin les trois ibierrations de Nicaise. Ces cinq faits sont Ions caractérisés par un ensemble de phéno- Bènes à peu près identiques. Il est certain, au iiffplus,que ce ne sont pas les seuls qui existent ims la science, et que d'autres semblables ont ilé rangés dans la classe des phlegmons diffus iniibods ou ont été décrits comme formes graves ^ ihumatisme avec abcès musculaires.
(1) Hiciise, Myosite infectieuse {Revue mensuelle de "lédeetiie et de chirurgie^ n» 1. Janvier 1877, p. 51).
(2) Le Denta, Nouveau dictionnaire de médecine et ^ chirurgie pratiques^ t. XXIII, 1875, art. Muscle (Htbologie chimrgicale), p. 365.
(3) Htyem, Dictionnaire encyclopédique, etc., art. Musculaire (Pathologie), p. 737.
(4) Daoce, Mémoire sur l'odeur fétide que prennent ^ains abcès développés dans les parois abdomina- '<î (Archives générales de médecine, 1832, série I, ^XXX, p. 156).
(») FoQcaolt, Bulletin de la Société anatomiquCy ï«C3,p. 506.
La scène morbide est aussi brève que violente. Un frisson éclate intense et prolongé. Une fièvre s'établit ardente à type plus ou moins rémittent, accompagnée d'accidents généraux graves, avec céphalalgie violente et une douleur fixe et aiguë localisée dans une masse musculaire. En ce point s'établit une tuméfaction profonde avec tous les signes du phlegmon diffus. En peu de jours le malade meurt, les accidents généraux restant toujours en disproportion avec les accidents locaux : Dance 16 jours ; Foucault 5 jours; Nicaise 10 jours, 4 jours et 9 jours. A l'autopsie on trouve un ou plusieurs muscles envahis par une suppuration diffuse telle qu'ils ressemblent & une éponge gonflée de pus ; quelquefois, on trouve en même temps de la périostite, de l'ostéomyélite ou une arthrite suppurée. Dans aucune des observations il n'existait ni abcès métaslatiques, ni infractus dans les viscères. Le traitement est celui du phlegmon diffus profond.
50 MYOSITE CHRONIQUE, SCLÉROSE OU CIRRHOSE MUSCULAIRE.
La myosite chronique s'observe soit comme terminaison d'une myosite aiguë, soit primitivement autour des corps étrangers ou des parasites musculaires, autour des vieilles ostéites, des tumeurs blanches, des jointures atteintes de rhumatisme chronique ou affectées de luxations anciennes non réduites, alors que les muscles sont tiraillés ou comprimés parla tète osseuse. Volkmann la signale aussi dans l'Ëléphantiasis. On constate alors une hypertrophie du tissu conjonctif interfasciculaire avec production exubérante de cellules et formation d'un exsudât. La surface de section montre une surface marbrée sur les coupes transversales, fibreuse sur les coupes longitudinales. Le muscle est blanc rosé, dur au toucher et sans élasticité.
Les faisceaux musculaires étouffés dans cette prolifération de tissu subissent la dégénération granulo-graisseuse ou la dégénération vitreuse (Cornil et Ranvier). Le muscle atteint subit inévitablement une rétraction cicatricielle.
6° MYOSITE OSSIFIANTE.
C'est en somme une myosite chronique avec infiltration cartilagineuse ou calcaire du tissu fibreux. On l'observe chez les soldats (os des soldats) : chez les fantassins dans le deltoïde qui porte le fusil, chez les cavaliers dans les adducteurs. On l'observe encore îi la suite de certaines
MAURICE JEANNEL. ~ BLESSURES ET MALADIES DES MUSCLES
Tractures avec production d'un cal volumineux englobant les muscles, ou bien encore lorsque les fragments pénétrant les muscles y développent une irrilalion qui s'accompagne de végétations osseuses.
Il est une autre forme de myosile ossifiante, c'est la mi/osite ossifiante progressive^ affection aussi bizarre que peu commune, bien décrite par Muncbmeyer (1) et dont Testelin et Danbressi ('2), Wilkinson (3), Hawkins (4), Forschiilz (5) et Zollinger (6), ont relaté des observations.
C'est une affection de l'adolescence dont l'étiologie est inconnue. Forschûls signale les traumatismes ; Hawkins affirme que la moindre compression des muscles suffisait pour donner un coup de fouet à la maladie, dans le cas qu'il a observé. Elle débute par les muscles de la nuque et envahit pas à pas, mais lentement, ou par poussées successives et éloignées, les muscles du dos, ceux du <;ou, des épaules, puis des membres supérieurs, et enfin tous les muscles du bassin et des membres inférieurs. Le cœur, la langue, le diaphragme, les sphincters, ^ les muscles du larynx et du périnée sont les seuls muscles qui n'aient jamais été pris, dans les observations connues.
Partout le processus morbide débute par un gonflement pâteux et douloureux, qui disparait bientôt et laisse à sa suite un ou plusieurs noyaux indurés qui s'infiltrent de cartilages, deviennent osseux , et s'accroissent sans que toutefois Tossification d'un muscle devienne jamais totale; le tissu propre du muscle s'atrophie, les tendons eux-mêmes sont envahis. Le malade, cloué dans son lit, meurt, serré dans une sorte de carapace de tortue, au bout de dix à douze ans de souffrances, étouffé en conséquence de lu destruction des muscles respiratoires ou inanitié en conséquence de l'envahissement des muscles de la mastication et de la déglutition.
Hayem (7) considère cette affection comme
(1) MQnchmeyer, Myositis ossificans progressiva (ZeUchrift fur rntionelie Medizin, 18G9, B. XXXIV, p. 9).
(2) Testelin et Danbressi, Gazette médicale, 1839.
(3) Wilkinson, Conversion of large muscles of the TtunCy Necky and arms into lione (The London médical Gazette^ new scr., vol. III, 18iG, p. 1)93.
(4) Hawkins, London médical Gazette^ mai 1844.
(5) Forschatz, Allgemein mediz. Central- Zeitung, n« 98-99, 1873.
(G) Zollinger, Ein Fait vo?i ausgedehnten pathologischen Verknocherungen. Dissert. Zurich, 1867.
(7) Hayem, Dictionnaire encyclopédique ^ art. Musculaire (Pathologie), p. 739.
une variété d'atrophie musculaire progressive; il y voit un trouble de nutrition du genre des troubles trophiques consécutifs aux lésions nerveuses. Straus (1) y voit une des formes de la diathèse ossifiante ou osseuse de Virchow, ayant cette particularité de porter sur un système unique, le système musculaire.
Tout cela est un peu se payer de mots; il est évident qu'il s'agit ici d'un trouble de nutrition ou d'une myosite chronique avec infiltration calcaire. Mais quant à mieux expliquer la patbogénie de cette bizarre maladie, c'est actuellement une chimère.
11. — LESIONS TROPHIQUES DES MUSCLES D*ORIGirSE CHIRURGICALE.
On les observe à la suite des blessures de li moelle ou des nerrs, ou consécutivement an maladies des articulations.. Ce sont toujoursda atrophies avec paralysie plus ou moins accentuée.
Les atrophies ou amyotrophies muscolaim portent sur la substance striée et sur le tim interstitiel. La substance striée peut être considérée comme un produit fabriqué par la cellule musculaire (Arnozan) (2), mais elle fià. en soi incapable de subir les réactions fitiles des cellules. Hayem (3) y reconnaît de» sortes d'altérations possibles : des altératiom de forme, des altérations de pompositiou chimique.
Les altercations de forme sont caracténséei par l'effacement, soit complet d'emblée, soUprogressir, de la striation transversale. C'est là latrophie simple lorsqu'il ne s'y joint pas d'altération chimique. Les altérations de composition chimique sont la dégénéralion grannleuse, la dégénération cireuse ou vitreuse et la dégénération graisseuse ou granulo-graisseiisfi qui précède la résorption.
Mais comme le dit très bien Arnozan, « la fibre musculaire, ainsi dégénérée, n'est pas fatalement condamnée, si les noyaux auxquels elle doit ses véritables propriétés nutritives ont sur*
(1) Straus, Nouveau dictionnaire de médecine et ^ chirurgie pratiques^ art. Muscle (Séméiologie générale), 1875, t. XXin, p. 299.
(2) Arnozan, Des lésions trophiques conséadioes tta maladies du système nerveux^ thèse d'âgrégttion en médecine. Paris, 1880, p. 5U et suivantes. — iJ'«i ^ gement puisé dans ce travail parfait pour la rédaction de cet article. M. J.)
(3) Hayem, Recherches sur les atrophies musculaires, 1876.
LÉSIONS TROPHtQUES DES MUSCLES O'ORIGliNE CHIRURGICALE.
^u au désastre de la matière striée. » Ces o^faux croissent, se segmentent, s'allongent uelquefois en fuseau et sont dès lors prêts à réénérer des fibres nouvelles. Cependant les maux eux-mêmes peuvent subir la dégénéescence graisseuse; alors c*en est fait déinitivement de la cellule et de la fibre mus- :alaire.
Le tissu interstitiel peut s'altérer de deux fa- Ç4)Qs. Tantôt c'est une simple condensation par la&sement des éléments conjonctirs prenant la place des fibres musculaires disparues. Tantôt ;'est une prolifération véritable avec ou sans inlitration graisseuse : myosclérose ou adipose lasculaire.