‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 108 sur 452 · CONTUSION · texte numérisé non relu

CONTUSION

Les contusions des muscles se divisent en deux catégories suivant qu'elles s'accompagnent ou non de solution de continuité de la peau, laquelle participe d'ailleurs toujours au trauma. \^ Contusion mmculaire sans solution de continuité delapeau, ou contusion sous-cutanoe, — Elle résulte soit d'une chute, soit d'un choc. De môme que toutes les lésions analogues, elle offre différents degrés suivant l'énergie de la violence génératrice : ces degrés sont mesurés par l'étendue de l'ecchymose musculaire ou de Thémorrhagie interstitielle et par l'intensité de l'attrition de la fibre musculaire.

Une môme violence détermine d'ailleurs une contusion variable : I® suivant le muscle atteint, tous les muscles n'ont pas en effet la môme délicatesse de texture : ainsi le fessier ne saurait Ctre comparé à cet égard aux muscles de l'avantbras ; 2<» suivant la situation du muscle, tel muscle couché sur une surface osseuse, le deltoïde par exemple, sera plus facilement contus que tel autre étendu sur des parties molles, comme les muscles de la paroi abdominale ; 3° suivant l'état de repos ou de contraction dans lequel la violence surprend le muscle, un muscle au repos cède et fuit sous le coup et se laisse moins facilement blesser, tandis qu'un muscle en contraction résiste et se laisse plus facilement léser; de même il faut un choc moins énergique pour rompre un fil fortement tendu que pour rompre un fil de môme grosseur l&chement tendu.

La lôsion constante est l'hémorrhagie ; l'attrition et la désorganisation delà fibre musculaire ne s'observjcnt que dans les contusions intenses, et peuvent alors aller jusqu'à la rupture.

L'hémorrhagie musculaire provient évidemment de la rupture des vaisseaux, et son importance dépend du calibre des vaisseaux atteints. Si ce sont desimpies capillaires, tout se borne à une ecchymose apparaissant sous forme de stries d'un rouge foncé dirigées dans le sens des fibres musculaires. Le sang s'épanche alors en nappe de très mince épaisseur entre les éléments contractiles en dehors du surcolemme sans se collecter ; il ne produit par conséquent qu'un très minime gonflement. Les fibres musculaires, '

d'ailleurs intactes , sont à peine dissociées. Les signes sont une gêne locale passagère, devenant une légère douleur lors de la cootraction. Le palper développe celte douleur qu'il est du reste bien difficile de difTérender de celle qui résulte de la contusion de la petu. Si l'ecchymose offre une certaine étendue, elle s'accompagne d'un peu d'empâtement do muscle. Au bout de quelques jours le sang se résorbe et tout rentre dans l'état normal.

A un degré plus prononcé, les Taissetox intéressés sont de plus gros calibre ; une plus grande quantité de sang s'épanche et s'infiltre entre les fibres musculaires en nappes plos épaisses et même se collecte en petits noyaux ou en foyers véritables. La fibre est alors plus ou moins altérée ou rompue. D'aillears une attrition très limitée peut se transfonner en rupture par le fait de la contraction.

L'abondance de l'hémorrhagie dépend aussi du degré d'altération de la fibre et du nombre de fibres atteintes. Un muscle entier peut être, à la vérité, infiltré de sang par suite d'une contusion légère accompagnée de la rupture d'un vaisseau d'un certain calibre ; la fibre mofcalaire restant intacte ou à peine contuse, le sang ne pourra faute de place se collecter en foyer, le contenant, c'est-à-dire l'aponévrose d'enveloppe du muscle, limitant toujours le contenu et par conséquent le gonflement possible. Si au contraire la fibre est écrasée et détruite en certains points, le sang trouvera la place nécessaire pour se collecter. C'est pourquoi les foyers sont toujours de médiocre étendue dans le cas de contusion simple, et ne prennent de volume que lorsque le muscle est entièrement ou presque entièrement rompu (Voy. Rufiturt musculaire).

11 peut arriver cependant que l'aponéTrosa d'enveloppe soit elle-même déchirée ; alors le sang s'épanche et se réunit en foyers dans les interstices musculaires. Mais alors aussi le mincie lui-même est le plus souvent largement déchiré, et il s'agit d'une véritable rupture oo d'une plaie contuse.

Quand l'attrition du muscle est médiocre, tout se borne à une douleur plus ou moins vive exagérée par les mouvements et par la palpi' tion. 11 existe en même temps un gonflemeoi toujours appréciable, avec un empAtement profond quelquefois accompagné de crépitation sanguine. En général, tout rentre dans l'ordre assez rapidement soit spontanément, soit soo^ l'influence d'un traitement résolutif par le repos» le massage et les applications fraîches.

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